Lundi 02 Janvier 2006
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Actualités : MILA/COLLOQUE SUR ABDELHAFID BOUSSOUF
Si Mabrouk ressuscité


Le 25e anniversaire de la disparition du père du Malg, correspondant au 31 décembre a été remarquablement célébré cette année. Un programme vraiment à la hauteur de l’événement.
D’abord, par la richesse et la variété du plateau proposé (tournoi de handball, course du semi-marathon, soirée musicale avec pour la première fois à Mila, l’ensemble national algérien de musique andalouse sous la direction du maestro Rachid Guerbas - Exposition et inauguration d’un portrait mural de ce héros de la révolution — visite au domicile parental qui l’a vu naître en 1926, au vieux Mila etc.) Ensuite, par la qualité des interventions lors du colloque et la pléiade des participants qui ont honoré Mila de leur présence et rehaussé l’événement de leurs témoignages. Après avoir souhaité la bienvenue à tous les invités et brossé un tableau succinct sur la vie et l’œuvre de Boussouf et sur l’histoire de Mila, M. Djamel-Eddine Salhi, wali de la wilaya annonce l’ouverture des travaux. Et ce fut tour à tour à M. Abdelhamid Mehri, Daho Ould Kablia, Boudjemaâ Haïchour et Mohamed El Mili d’intervenir pour faire l’éloge et décrire les différentes facettes de l’histoire de ce grand artisan de la Révolution algérienne. Pour Abdelhamid Mehri, l’histoire ne doit pas seulement retenir de Boussouf qu’il était le concepteur et le père du Malg. Car, il était aussi un grand homme politique. “Malgré nos divergences sur certains points” et un grand responsable de la révolution. M. Daho Ould Kablia a longuement disserté sur le parcours “exceptionnel de ce militant de la première heure” qui fut désigné, après le congrès de la Soummam (20 août 56) membre du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) avant de remplacer Larbi Ben M’hidi, en septembre de cette même année, à la tête de la wilaya V qui s’étendait de Casablanca à Chlef et de Tanger à Béchar. “C’était lui qui a mis dans le bain de la révolution, entre autres, Lotfi à l’époque jeune militant de 22 ans, en l’envoyant exprimer ses capacités et ses compétences, au Sud, dans l’une des 8 zones qui constituaient la wilaya V. L’impossible chez Boussouf n’existait pas, sa devise était d’essayer toujours quelle que soit la situation. Il était d’une intelligence exceptionnelle et d’une grande curiosité scientifique. Mais aussi il avait un optimisme sans limites quant à l’issue finale de la révolution, sans pour autant avoir une quelconque ambition personnelle. En cinq ans (56-61), il a formé 900 opérateurs-radio, il a créé une école de transmission, il a conclu des marchés de livraison d’armes avec l’URSS, la Chine et même avec un certain Georges Poucher, un commandant de la marine marchande allemande, qui a beaucoup aidé la révolution algérienne en lui acheminant des cargaisons d’armes (de 1955 à 1959), avant qu’il ne soit tué par l’armée française en 1959 - Boussouf avait même introduit 5 hélicoptères en pièces détachées.” Pour M. Haïchour, qui, après avoir fait l'éloge de ce militant nationaliste en le qualifiant d’artisan parmi les bâtisseurs de l’Etat algérien moderne, disparu précipitamment à l’âge de 54 ans, en laissant derrière lui un trésor que nous devrions élucider et exploiter loin de toute surenchère ou déformation. Une question mérite d’être posée : “Quelle histoire nous voulons écrire pour nos jeunes générations ? Alors que nous, nous continuons à tourner autour de cette question. La France, elle, fait l’éloge de son colonialisme civilisationnel !” Mohamed El Mili est revenu à l’époque où il était un tout petit élève à l’école de garçons de Mila, c’était là qu’il a connu pour la première fois un garçon qui le dépassait de 3 niveaux, ce garçon qui n’était autre que Abdelhafid Boussouf, les rassembler déjà pour leur transmettre des messages et des chants (poésie) patriotiques. “La dernière fois que j’ai croisé Si Mabrouk, c’était fin décembre 1980 aux Champs- Elysées à Paris. Moi, j’étais ambassadeur à Athènes et je rentrais sur Alger en transitant par Paris, il m’a invité à dîner et c’était là que j’ai mangé pour la première fois dans un restaurant japonais. Trois jours après, j’ai appris la nouvelle de sa mort”, conclut-il.
A. M’haïmoud

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