Lundi 02 Janvier 2006
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Régions Ouest : SAIDA
Voir un responsable et... mourir


A Saïda, il faut se lever de bonne heure et courir vite pour voir un chef — à l’exception de certains responsables dignes et intègres et qu’on peut même aborder dans la rue pour leur parler d’un problème donné — alors que les autres restent intraitables lorsqu’il s’agit d’écouter le citoyen qui ne devient intéressant que quand il y a une “électrice” ou fêter un événement.
Ce n’est pas vraiment facile d’avoir accès au bureau qui abrite son altesse pendant le jour déclaré pourtant de réception institué d’ailleurs par lui. La plupart de nos responsables — quand ils ne sont pas en mission passent leur journée (la semaine) voire des mois à des réunions conviviales — certains d’entre eux poussent l’outrecuidance jusqu’à exiger une demande d’audience du citoyen. Beaucoup de citoyens nous ont déclaré qu’après avoir attendu pendant des heures, retournent chez eux sans avoir pu exposer leurs problèmes. Un comportement ayant tendance à pourrir la situation qui empoisonne davantage la vie du citoyen. Ce qui provoque un grand dégoût pour l’administration et le pouvoir d’une manière générale. Un comportement irresponsable destiné à ternir l’image de l’Etat dont les responsables sont les commis insoumis. Beaucoup de Saïdis souhaiteraient voir le bannissement de ces pratiques qui ne font qu’élargir le fossé entre le citoyen et son responsable. Etre à l’écoute et partager la peine de ce citoyen, ne serait-ce que cinq minutes, n’est pas une corvée car être à la tête d’une administration, c’est se mettre au service du citoyen, se mettre à l’écoute de ses préoccupations et lui régler ses problèmes conformément aux lois de la République, c’est réduire le fossé qui existe déjà entre le citoyen et le responsable. Ceux, parmi les responsables qui ont compris cela et à leur tête le wali qui reçoit deux fois par semaine les citoyens. Les associations sont respectées par la population et surtout ils se mettront en paix avec leur conscience. Des citoyens saïdis affirment avoir été reçus plus facilement à Alger par de hauts responsables et n’avoir pu rencontrer un petit chef local. Peut-être que les très nombreuses réunions de travail empêchent les responsables de recevoir en audience les citoyens. Faudrait-il alors désigner trois responsables par administration. L’un pour travailler, le second pour se réunir et le troisième pour écouter les citoyens. Peut-être que cette solution pourra rendre à l’administration algérienne une crédibilité déshonorée par des éléments irresponsables. Fasse aussi que cette nouvelle année 2006 sera une année de “réception” et non de déception.
Mohamed Ben Amine

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