Actualités : NUIT DU NOUVEL AN DANS LE MONDE
Un réveillon entre liesses et douleurs


La nuit de samedi à dimanche s’est déroulée, à travers le monde, dans une ambiance relativement festive. Dans de nombreuses grandes villes, le ciel a été illuminé par de nombreux feux d’artifice célébrant le passage à une nouvelle année souhaitée moins noire et moins endeuillée. Un réveillon de la Saint Sylvestre fêté dans une atmosphère de liesses mais aussi de douleurs et de violences.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Des festivités, décalage horaire oblige, qui avaient débuté en Extrême-Orient et se sont achevées sur le continent américain, alors que la plupart des grandes villes de la planète avaient été placées sous haute sécurité pour prévenir d'éventuels troubles et violences. A l'autre bout de la planète, plusieurs centaines de milliers d'Américains se sont donné rendezvous sur Times Square à Manhattan par des températures largement inférieures à 0 degré alors que des mesures de sécurité très strictes avaient été décrétées à New York pour éviter tout débordement. La traditionnelle grande boule de lumière, d'une demitonne, symbole du passage à la nouvelle année, et décorée de plus de 500 triangles en cristal, a entamé doucement sa descente, déclenchée par le trompettiste de jazz de New-Orléans, Wynton Marsalis, devenu pour l'occasion témoin numéro un de la catastrophe de la ville submergée par les eaux cet été. Beaucoup plus tôt à Sydney, quelque 1 700 policiers avaient été déployés pour éviter la répétition des affrontements raciaux du début du mois entre Australiens blancs et jeunes immigrés. Des shows avaient été programmés à travers toute l'Asie, notamment à Hong Kong qui a organisé un spectacle de sons et lumières gigantesque autour du célèbre port de Victoria. A Pékin, les cloches ont résonné à minuit (16h00 GMT) tandis que l'on battait des tambours pour saluer l'année nouvelle. Cette ambiance festive en Asie contrastait avec celle de l'année dernière où prières et demandes d'aides avaient remplacé les réjouissances après le passage, le 26 décembre 2004, du tsunami de l'océan Indien, qui a fait plus de 220 000 morts. Un peu partout en Europe, la fête était au rendez-vous même si les dernières heures de 2005 ont été ternies par le durcissement du bras de fer engagé entre Moscou et Kiev. Les livraisons de gaz russe à l'Ukraine se sont arrêtées en effet hier après que Kiev eut refusé de conclure un accord avec la Russie, menaçant, de ce fait, l'approvisionnement de l'Europe en gaz. Les Britanniques, quelque 250 000 personnes, tentant d’oublier une année traumatisante marquée par des attentats meurtriers dans le métro, sont descendus dans les rues. Trafalgar Square était bondé, les feux d'artifice ont illuminé les rives de la Tamise et les 12 coups de minuit ont retenti à Big Ben sans faillir à la tradition, malgré la quarantaine de stations de métro fermées après une grève des employés des transports londoniens. A Paris, 500 000 personnes, selon la police, ont célébré durant la nuit de samedi à dimanche l'avènement de 2006 sur les Champs- Elysées où les 2,5 kilomètres de l'avenue parisienne étaient particulièrement surveillés cette année, en raison de l'état d'urgence décrété lors des émeutes des banlieues fin octobre, 25 000 policiers et gendarmes dont 4 500 à Paris ayant été mobilisés. A Berlin, près d'un million de personnes, selon les organisateurs, plusieurs centaines de milliers d'après la police, ont fêté dans une ambiance froide (-1 degré) mais festive la nuit de la Saint Sylvestre, au coeur historique de la capitale allemande, la Porte de Brandebourg, pour un feu d'artifice géant. Rassemblements et concerts avec en majorité des vedettes grecques, dont la chanteuse Héléna Paparizou, gagnante de l'Eurovision 2005, ont été organisés dans la nuit de samedi à dimanche dans la plupart des villes grecques. A Bratislava, des milliers de Slovaques ont accueilli l'arrivée du Nouvel An par un spectacle musical accompagné d'un superbe jeu de lumière organisé sur le Danube. Au Brésil, 2006 devait être accueillie sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, par plus de deux millions de personnes et un grand feu d'artifice chinois. En Irak, la nuit de samedi a été endeuillée par la mort de 14 personnes et la découverte de 10 corps. Au Liban, nombre de Libanais ont renoncé à passer la nuit de la Saint Sylvestre dans un lieu public, en raison de l'insécurité ambiante. En Israël, de nombreux Israéliens ont fêté le Nouvel An malgré la désapprobation du rabbinat qui considère la Saint Sylvestre comme une fête chrétienne. Mais un réveillon triste dans plusieurs pays, les festivités ont été en effet endeuillées par plusieurs décès et blessures causés par des bagarres, des incendies volontaires, la consommation excessive d’alcool ou par la mauvaise manipulation des feux d’artifice et des pétards et des balles perdues. Loin des cotillons, un réveillon de douleurs tant à Rotterdam et à Eindhoven aux Pays-Bas, à Londres, à Berlin mais aussi aux Philippines, en Roumanie ou en France où 425 voitures ont été incendiées dont 177 seulement à Paris. Un passage à la nouvelle année célébré diversement en Algérie, dans la liesse avec l’accueil fastueux réservé au président de la République, de retour au pays après plus d’un mois d’absence, mais aussi dans la tristesse. En effet, onze voyageurs ont été tués et 38 blessés dont sept sont dans un état grave à la suite d’un accident de la route survenu samedi soir dans la région de Constantine et dont la cause serait l’excès de vitesse. Un autobus reliant Alger à Annaba s'est renversé vers 22h00 près la localité d'El Menia sur un tronçon routier baptisé la “descente de la mort” en raison de sa dangerosité.
C. B. / Agences



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