
Sports : MSN UNE ANNÉE PRESQUE A BLANC POUR LE SPORT ALGÉRIEN Déroutes sur fond de désespoir
N’était le judo, le sport algérien, toutes disciplines confondues, aurait sombré dans une désillusion à cause d’une série d’échecs, à répétition. Marquée par de nombreux trébuchements, par de nombreux faits également, l’année achevée (2005) a entériné, définitivement et à l’unanimité,le principe d’une refondation de la démarche sportive. Salim Inès - Alger (Le Soir) - Le retour d’Almeria (2005) a enfoncé davantage le clou, après la sortie ratée d’Athènes en 2004, même si certains ne veulent pas l’admettre… Le sport algérien ne procure plus la joie. Au contraire, quand il est cité, c’est pour le mettre au banc des accusés. A commencer par l’athlétisme, qui, autrefois, se distinguait par les médailles olympiques et mondiales, continue de s’illustrer, mais autrement. Les prises de bec violentes entre ses membres et les réclamations continuelles de ses boursiers constituent son actualité. Et qu’en est-il de la boxe ? Elle, aussi, a perdu de son rayonnement même sur le continent, alors que sur le plan mondial elle a considérablement régressé. Idem pour le handball dont l’envolée promise est carrément ajournée. Le sera-t-elle en 2006, à l’occasion de la CAN ? Espérons ! Même la natation a du mal à maintenir ses chronos en l’état. La balle au panier a déçu également. Le podium promis à l’occasion d’un championnat d’Afrique organisé chez nous a cédé la place à une querelle interne que les organisateurs ont mis à profit pour solder leurs comptes personnels. Résultat : au Mondial nippon, on n’y sera pas. Empruntant le même parcours, le volley s’est fait ramasser par les Sud- Africains dont la métamorphose a dérouté les Verts au point de les éliminer de la course pour le Mondial japonais. Dans un autre mondial, les nôtres, les jeunes et chez nous, se sont éclipsés dès le premier tour en concédant défaites sur défaites. Lassouani, chef de file d’une discipline qui se rapprochait du niveau mondial, en haltérophilie, après une 7e place olympique, n’a pas pu se relever à cause d’une tenace blessure qu’elle traîne des années durant. La lutte se meurt dans l’indifférence…Ses résultats n’enchantent personne, même sur le plan régional (arabe). En cyclisme, les choses ne se sont pas améliorées d’un iota. Maintenant que l’argument sécuritaire n’a plus sa raison d’être, ce n’est pas pour autant que les cyclistes aient connu de meilleurs lendemains ; ils continuent à pédaler dans le vide. Sid-Ali Ferdjani, bien placé sur le plan régional et continental, qui a tout fait pour se hisser à un palier supérieur et par ricochet hisser la gymnastique avec lui, s’est essoufflé avant d’y parvenir. Le tennis s’efforce à convaincre sur l’importance de ses réalisations sur le continent, grâce à des distinctions acquises par les “futurs” tennismen. A un niveau plus combatif, on est évincé prématurément, tout en exhibant les classements des uns et des autres pour se justifier… Enfin, le football. Et en plus de sa double élimination de la CAN et du Mondial, le sport-roi a été au centre d’une polémique dépassant nos frontières, laquelle polémique était entretenue par des forces agissant en lobbies secrets et bien organisés. Pour préserver la citadelle “Fafienne” en l’état, au risque d’une sanction sur le plan international, ils ne reculèrent devant rien, tous les canaux non officiels ont été mis à contribution… Le bon sens l’a emporté en fin de “partie”, à la grande joie des clubs engagés dans des joutes régionales et continentales. Déjà, un d’entre-eux a été sérieusement malmené at home en phase aller, en attendant le retour et le reste des clubs. Par consensus général, c’est au judo que la palme d’or doit revenir. En effet, après une hégémonie sur le gotha africain, le judo est allé en Egypte décrocher deux médailles de bronze grâce aux Benamadi et Haddad, d’un Mondial que seule Souakri, avant eux, avait marqué en juniors. Par ce résultat, le judo a non seulement atteint un niveau mondial, qu’il est désormais tenu de sauvegarder, mais a sauvé une année, celle de l’Algérie sportive. Ce retour sur les quelques œuvres réalisées par le sport algérien et les différentes humiliations par lesquelles il est passé ne sont pas de nature à remuer le couteau dans la plaie, les plaies… C’est juste pour dire que si rien n’est fait, le sport algérien va davantage sombrer. Il était question d’une «rencontre nationale sur le sport» que le MJS allait organiser, qu’en est-il advenu ? Force est de reconnaître que les conceptions des uns et des autres sur le sport et sur son devenir ne sont pas les mêmes, raison pour laquelle il faut s’asseoir autour d’une table pour accorder ses “notes”. Il n’est pas encore trop… tard. S. I .
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