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“Le réchauffement des relations entre Alger et Paris
se confirme. Brigitte Bardot officiellement invitée en
Algérie pour assister aux festivités de l’Aïd El-Kébir.”
Bêeee !
Et dire que je vais rater ça ! J’enrage déjà de ne pas en être. De quoi ?
Mais d’un pèlerinage aux Lieux Saints vachement spécial. Le gratin du rire
algérien, la fine fleur des artistes et comédiens, le must du politiquement
correct, le nec plus ultra de la bonne pensée non déviante, le gratin du
brossage de poil dans le bon sens, le dessus du panier où s’entassent au fond le
commun des Algériens, le hit parade de la citoyenneté disciplinée, le top 10 des
diseuses de bonnes nouvelles, la bisque de homard de la “bonne comportance” ;
bref, les meilleurs d’entre nous, les plus méritants, les plus assidus aux
cours, les premiers et premières de la classe devraient accompagner Abdekka au
“hadj” dans une quête ô combien légitime de purification des os et de l’âme.
J’entends et vois d’ici l’ambiance d’enfer, si j’ose dire : une centaine de
personnalités du monde de la culture et du spectacle rivalisant de créativité
spontanée, d’imagination mûrement bridée afin de ne pas indisposer l’illustre
mécène qui a eu la lumineuse idée de cette procession vers les Lieux Saints.
Toutes et tous vont s’employer, avec un art que nous leur connaissons assez bien
pour en pâtir ici même, à rendre le trajet moins long. Les calembours de 20
tonnes (pourtant interdits par le plan de circulation) vont fuser. Les vannes
rouillées vont gicler. Les blagues sans sel, light et hallal vont exploser en
mille gerbes de rires aussi gras que les cous des cantatrices et que les bides
des crooners à moumoutes. Waâlach ? Pourquoi me priver de cet instant magique,
de ce moment historique, de ce segment de temps d’ores et déjà inscrit en
lettres d’or dans le registre des épopées contemporaines ? C’est injuste ! Je ne
vous le pardonnerai jamais ! Vous êtes méchants ! Par dépit, je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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