Mercredi 04 Janvier 2006
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LA CROISIERE M’AMUSE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Le réchauffement des relations entre Alger et Paris
se confirme. Brigitte Bardot officiellement invitée en
Algérie pour assister aux festivités de l’Aïd El-Kébir.”

Bêeee !

Et dire que je vais rater ça ! J’enrage déjà de ne pas en être. De quoi ? Mais d’un pèlerinage aux Lieux Saints vachement spécial. Le gratin du rire algérien, la fine fleur des artistes et comédiens, le must du politiquement correct, le nec plus ultra de la bonne pensée non déviante, le gratin du brossage de poil dans le bon sens, le dessus du panier où s’entassent au fond le commun des Algériens, le hit parade de la citoyenneté disciplinée, le top 10 des diseuses de bonnes nouvelles, la bisque de homard de la “bonne comportance” ; bref, les meilleurs d’entre nous, les plus méritants, les plus assidus aux cours, les premiers et premières de la classe devraient accompagner Abdekka au “hadj” dans une quête ô combien légitime de purification des os et de l’âme. J’entends et vois d’ici l’ambiance d’enfer, si j’ose dire : une centaine de personnalités du monde de la culture et du spectacle rivalisant de créativité spontanée, d’imagination mûrement bridée afin de ne pas indisposer l’illustre mécène qui a eu la lumineuse idée de cette procession vers les Lieux Saints. Toutes et tous vont s’employer, avec un art que nous leur connaissons assez bien pour en pâtir ici même, à rendre le trajet moins long. Les calembours de 20 tonnes (pourtant interdits par le plan de circulation) vont fuser. Les vannes rouillées vont gicler. Les blagues sans sel, light et hallal vont exploser en mille gerbes de rires aussi gras que les cous des cantatrices et que les bides des crooners à moumoutes. Waâlach ? Pourquoi me priver de cet instant magique, de ce moment historique, de ce segment de temps d’ores et déjà inscrit en lettres d’or dans le registre des épopées contemporaines ? C’est injuste ! Je ne vous le pardonnerai jamais ! Vous êtes méchants ! Par dépit, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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