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“A l’occasion de l’Aïd El Kébir, le président appelle à plus de sacrifices.”
Ouyahia ?
— Il faut lutter contre la corruption !
— Oui! Et je dirai même plus, il faut lutter contre la corruption
!
— La lutte contre la corruption doit nécessairement s'accompagner
d'une lutte tout aussi féroce contre l'enrichissement illicite
et le blanchiment d'argent.
— Oui! Sus aux gens qui sucent le sang du peuple, deviennent
milliardaires en une nuit et lavent leur argent sale dans des
banques transformées en bonnes grosses lessiveuses.
— Nous devons tout mettre en œuvre pour démasquer les
vampires qui parasitent notre économie et notre développement.
— Je dirai même plus, démasquons-les ! Et pour cela, mettons
en place des mécanismes intelligents, précis et redoutables.
— Oui! Des lois ! Il faut des lois à la hauteur du challenge que
nous nous apprêtons à engager.
— Tout à fait ! Et si les lois ne suffisent pas, nous en promulguerons
d'autres qui serviront à faire appliquer les premières.
— Excellent ! C'est bien ça ! Le contrôle du contrôle. “Le pou
il ne bouge pas” avec nous ! Tout doit être transparent. La bâtisse
Algérie est une grande maison de verre.
— Et même le verre, nous le ferons astiquer nuit et jour pour
qu'aucune poussière ne vienne cacher nos faits et gestes.
“Sortons à Dieu nus, il nous vêtira” !
— Soubhanou ! Et pour donner l’exemple, faisons voter une
loi qui oblige les hauts fonctionnaires de l’Etat, les grands commis,
les ministres, les députés, les sénateurs, le chef du gouvernement,
le président de la République, tout ce que compte ce
pays comme responsables, à rendre publics leur patrimoine,
leurs revenus. N’est-ce pas ?
— …
— J’ai dit “n’est-ce pas ?”
— Oui ! Oui ! J’ai entendu. Heu… Je pense qu’il est urgent de
relancer notre pétition contre le texte français du 23 février sur les
bienfaits du colonialisme.
— Heu… c'est-à-dire que jusque-là, nous discutions de la
déclaration de patrimoi…
— Il nous faut exiger de la France qu’elle présente des
excuses au peuple algérien.
— Heu… tout à fait collègue ! Car il n’y a qu’un seul héros, le
peuple !
— Je dirai même plus, il n’y a qu’un seul héros, le peuple. Et
le peuple, c’est cela le seul et unique patrimoine de l’Algérie. Vive
le peuple ! Vive la transparence. A bas la corruption ! Et fumons
du thé pour rester éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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