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“Après le tollé suscité par leur refus de voter l’article 7
sur la déclaration de patrimoine, les députés cèdent à la
pression et promettent qu’ils vont réexaminer le texte.”
Le 31 février prochain
Je discutais hier avec un ami du refus des députés de casser le cadenas qui
verrouille tout vrai débat sur la corruption, celui de la déclaration de
patrimoine obligatoire pour les hauts cadres et dirigeants du pays. Je lui ai
fait naïvement remarquer que ce refus dégageait des relents maffieux. Mon ami
était d’un avis sensiblement différent. Il m’a ainsi rappelé que chez les gens
de la maffia, il y a une loi du silence, l’omerta qui couvre toutes ses
activités illicites. Par contre, “et c’est là, mon grand, où réside la grosse
différence”, m’a-t-il martelé, en Algérie, les députés ne s’embarrassent
d’aucune loi du silence. C’est “înani” qu’ils nous signifient que l’article 7 ne
passera pas. C’est dans une salle symbole de l’Etat algérien et de la volonté
populaire (hi ! hi ! hi !), face à des caméras et à des micros de dernière
génération, devant des journalistes aux facultés auditives et visuelles
relativement bonnes, et tout en ayant pourtant à l’esprit que leur débat est
retransmis dans des milliers de foyers, que les “élus du peuple” algérien ont
refusé de nous livrer les clefs de la caverne d’Ali Baba. J’ai trouvé que mon
ami avait raison. Et que j’avais donc tort. La maffia a ses règles, son code de
déontologie. Elle a le souci de ne pas étaler sur la place publique les
mécanismes cyniques de sa mainmise sur la société. Ici, chez nous, en Algérie,
foin de règles ! Les mécanismes de la z’kara sont logés sous une enseigne
officielle. Sont dotés d’un cadre avec vue sur mer. Et de peur de ne pas être
identifiés clairement, de ne pas être reconnus pour ce qu’ils sont, n’hésitent
pas à convoquer la presse pour qu’elle rende compte du pouvoir terrible de
l’arbitraire. Finalement, et après mûre réflexion, sans précipitation ni
jugement hâtif, en prenant le temps de peser le pour et le contre, en me gardant
bien des pulsions négatives qui ne sont jamais bonnes conseillères, je trouve la
maffia plus respectable. Et je fume du thé pour rester éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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