Samedi 07 Janvier 2006
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Culture
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

RIEN A VOIR AVEC LA MAFFIA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Après le tollé suscité par leur refus de voter l’article 7
sur la déclaration de patrimoine, les députés cèdent à la
pression et promettent qu’ils vont réexaminer le texte.”

Le 31 février prochain

Je discutais hier avec un ami du refus des députés de casser le cadenas qui verrouille tout vrai débat sur la corruption, celui de la déclaration de patrimoine obligatoire pour les hauts cadres et dirigeants du pays. Je lui ai fait naïvement remarquer que ce refus dégageait des relents maffieux. Mon ami était d’un avis sensiblement différent. Il m’a ainsi rappelé que chez les gens de la maffia, il y a une loi du silence, l’omerta qui couvre toutes ses activités illicites. Par contre, “et c’est là, mon grand, où réside la grosse différence”, m’a-t-il martelé, en Algérie, les députés ne s’embarrassent d’aucune loi du silence. C’est “înani” qu’ils nous signifient que l’article 7 ne passera pas. C’est dans une salle symbole de l’Etat algérien et de la volonté populaire (hi ! hi ! hi !), face à des caméras et à des micros de dernière génération, devant des journalistes aux facultés auditives et visuelles relativement bonnes, et tout en ayant pourtant à l’esprit que leur débat est retransmis dans des milliers de foyers, que les “élus du peuple” algérien ont refusé de nous livrer les clefs de la caverne d’Ali Baba. J’ai trouvé que mon ami avait raison. Et que j’avais donc tort. La maffia a ses règles, son code de déontologie. Elle a le souci de ne pas étaler sur la place publique les mécanismes cyniques de sa mainmise sur la société. Ici, chez nous, en Algérie, foin de règles ! Les mécanismes de la z’kara sont logés sous une enseigne officielle. Sont dotés d’un cadre avec vue sur mer. Et de peur de ne pas être identifiés clairement, de ne pas être reconnus pour ce qu’ils sont, n’hésitent pas à convoquer la presse pour qu’elle rende compte du pouvoir terrible de l’arbitraire. Finalement, et après mûre réflexion, sans précipitation ni jugement hâtif, en prenant le temps de peser le pour et le contre, en me gardant bien des pulsions négatives qui ne sont jamais bonnes conseillères, je trouve la maffia plus respectable. Et je fume du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 2786

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site