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Déclaration de patrimoine. Belkhadem s’insurge : “Je n’ai
rien à cacher ! Et je n’ai pas peur de déclarer mon patrimoine,
tout mon patrimoine :
Des dobermans. Un congrès fantoche à Djelfa. Des kasmas
saccagées. L’oreille attentive d’un ami iranien. Et le secret
espoir de réhabiliter un jour le FIS
Maintenant, il faut que quelqu’un lui dise d’arrêter ! On n’en peut plus de
le reluquer tout le temps, malgré nous. Vous ne pouvez pas vous pointer devant
votre écran de télévision sans le voir débouler, s’inviter dans votre salon. Eh
! Oh ! Ça va, c’est bon ! Au petit matin. A midi. Le soir. A minuit. Il est tout
le temps là ! La posture rigide. Le corps droit comme un I. La parole sobre et
le ton grave. Si Sharon a été une nouvelle fois opéré pour stopper une
hémorragie cérébrale, le porte-parole de l’hôpital de Hadassah, à Jérusalem,
s’empresse de venir devant la presse et de leur expliquer l’acte chirurgical
dans le moindre détail : “Le chirurgien a pratiqué un assèchement de la zone du
cerveau investie par le sang et a procédé à une ligature de deux vaisseaux…”
Quelques minutes après ; en fait, dès que les résultats des scanners demandés
par les médecins après la troisième intervention ont été obtenus et interprétés,
le porte-parole de l’hôpital se re-pointe devant le portail et s’embarque dans
de nouvelles explications encore plus pointues que les précédentes : “Il y a
toujours des séquelles dans des cas comme celui-là. Nous devons attendre
d'observer sa réaction lorsque nous allons diminuer le dosage des sédatifs qui
lui sont administrés. Au cours de l'opération, la pression crânienne a été
atténuée et une partie des caillots qui restaient de la première opération a été
évacuée. Après cette opération, il n'y a plus de saignement.” Les journalistes
qui font le pied-de-grue devant l’hosto n’ont pas le temps de prendre des notes,
de griller une cigarette ou de s’envoyer un café chaud que le porte-parole de
l’hôpital revient pour annoncer que l’état d’Ariel Sharon est “grave,
préoccupant mais stationnaire”. Et qu’à ce stade des soins, “il est prématuré de
se prononcer sur le caractère complètement irréversible des séquelles”. Avant de
repartir aux nouvelles, à l’intérieur de la structure hospitalière, le
porte-parole tient tout de même à préciser aux journalistes, aux photographes et
même aux badauds, aux quidams attroupés devant le portail que les deux fils de
Sharon sont en ce moment à son chevet. Il est sûr que si personne ne dit à cet
aimable et bavard porte-parole que là, c’est bon, nous avons un max d’infos, il
va nous revenir dans cinq minutes pour nous dire que l’infirmière a changé les
draps. Dans dix minutes pour nous révéler que le médecin a ordonné de retirer
les fleurs de la chambre du Premier ministre israélien, car pouvant l’incommoder
par leurs senteurs. Dans un quart d’heure pour nous informer que l’un des fils
Sharon tient en permanence la main de son père afin de lui transmettre tout son
amour et son soutien. Et dans une demi-heure pour nous jurer que le chirurgien
qui a opéré Sharon a profité d’un moment de répit, durant sa garde, pour
téléphoner chez lui, prendre des nouvelles de son épouse et de ses enfants qu’il
n’a pas vus depuis plus de 72 heures ; en fait, depuis qu’on lui a confié
l’illustre patient. Trop, c’est trop ! Un porte-parole qui n’arrête pas
d’informer. Des communiqués de santé qui pleuvent en cascade. Une
hospitalisation comme si vous y étiez, en direct live, nous, ici, on n’est
franchement pas habitués à ces mœurs bizarres. Je trouve même cela étranger. Ils
doivent nous cacher quelque chose, les Israéliens. Comme d’habitude. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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