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“Quand je vous disais qu’il ne fallait pas tenter le diable.”
Ni lui jeter la pierre…
C’est toujours bien de mener une lutte implacable aux
agences de voyages qui font du business sur le dos des pèlerins. C’est faire
œuvre d’utilité et de salubrité publiques que d’avoir procédé au
toilettage dans l’aquarium à requins de certains tours opérateurs qui s’étaient
sucrés au pied de la Kaâba sur le dos des pauvres hadjis partis se “laver
les os” et se purifier l’âme. Les autorités algériennes ont bien fait
lorsqu’elles ont réglementé cette activité et dressé un cahier des charges
des voyagistes aptes à traiter ce genre de déplacements particuliers. Mais au
bout du compte macabre des bilans qui nous parviennent ces dernières heures,
était-ce bien nécessaire de procéder à cette grande lessive si, dans le
même temps, les autorités, redevenues seules maîtresses à bord de l’opération
“hadj”, ne sont pas capables de nous dire où sont nos pèlerins et comment
ils se portent ? Coup sur coup, d’abord dans l’effondrement d’un hôtel la
semaine dernière à La Mecque et qui avait vu la mort de 76 personnes, et là
maintenant, avec cette bousculade à Mina, les autorités algériennes se sont
à chaque fois empressées de dire dans un premier temps qu’il n’y avait pas
de victimes pour, ensuite, se raviser et reconnaître le décès d’Algériens.
Comme s’il fallait, là aussi, de la même façon que l’on gère la maladie,
gérer les accidents par le démenti, d’abord. Nos autorités, dans un inouï
et incompréhensible réflexe d’autodéfense, démentent une information, puis
en minimisent la gravité pour finir par l’admettre, la reconnaître, l’endosser,
avec beaucoup de retard, bien évidemment. Pourtant, rien n’oblige les
responsables et encadreurs du “hadj” à postillonner un “tout va bien”
au premier micro qui se tend vers la bouche. Rien ! Bonté divine, prenez le
temps d’appeler, de faxer, de mailer, de joindre vos contacts avant de dire
que tout va bien. Reconnaître qu’il y a des morts dans un accident dû à la
négligence des autorités saoudiennes ne va pas mettre en danger notre
diplomatie, déséquilibrer notre balance commerciale ou compromettre la
prochaine campagne moissons-battages. S’il y a des morts algériens, le dire n’amènera
pas les encadreurs devant le peloton d’exécution dès leur retour à Alger.
Et si, tout de suite après le drame, on n’a pas l’info, on se tait, on
temporise et on explique que l’on collecte l’information. Car, là, il s’agit
de vies humaines. Que je sache, l’Algérie envoie des êtres humains au
pèlerinage, pas des moutons. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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