Dimanche 15 Janvier 2006
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Le Soir Santé
Monde
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

NOUS SOMMES IMMORTELS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Grippe aviaire. L’Algérie ne risque rien, selon …

Cheb Mami !

Au moment où la grippe aviaire se rapproche de nos abattis, au moment où les laboratoires internationaux sont sur le point de confirmer que le virus a muté en une forme potentiellement transmissible entre les êtres humains, et au moment où se tient un Conseil des ministres ici, en Algérie, je voudrais rappeler à l’un des ministres siégeant à ce Conseil l’une de ses sorties mémorables. Souvenez-vous, Monsieur Tou, de ce jour où vous annonciez le plus sérieusement du monde à des journalistes médusés que l’Algérie ne constituait pas une voie de passage pour les oiseaux migrateurs. Allez, un effort sur votre mémoire ! Mais si ! Vous aviez même précisé que ces volatiles passaient par les pays voisins, la Tunisie et le Maroc, mais pas par l’Algérie. Ah ! L’Algérie, Monsieur le Ministre de la Santé ! Pays éternellement béni des dieux, enfin, je veux dire béni de Dieu. A vous entendre ce jour-là, nous nous sentions revigorés, rassurés, définitivement à l’abri. Rien ne pouvait nous arriver. Nous étions même capables de contrôler le flux migratoire d’oiseaux de mauvais augure, c’est dire ! Grâce à Monsieur Tou, ministre de la Santé à temps plein et ornithologue vacataire, les oiseaux étaient et sont toujours terrorisés à l’idée de s’égarer en route et de se retrouver en Algérie. Ils “décollent” de pays infectés par la peste aviaire, volent pendant de longues heures vers l’Afrique du Nord. Arrivés juste au-dessus de nos têtes de Maghrébins, les oiseaux stoppent net leur voyage, battent des ailes sur place, repèrent avec exactitude les pointillés marquant les frontières de l’UMA, se signent en reconnaissant la vaste étendue du territoire algérien, s’en éloignent à grands battements d’ailes et s’en vont semer la grippe aviaire chez les pauvres Marocains et Tunisiens. Il est tout à fait exclu de les voir nous survoler. Il n’est même pas possible de poser comme hypothèse de travail que dans un groupe de volatiles, il puisse y en avoir un qui, s’étant bourré le bec au mauvais whisky la veille, se détache du reste de la bande, perde la boussole, se goure de route et se retrouve à survoler l’oued El Harrach, Bir Ghbalou ou Hammam Righa. Ça ne peut pas arriver. Pas parce que les scientifiques l’ont dit. Non ! Juste parce que Amar Tou l’a décrété ! Je fume du Tamiflu et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 3008

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site