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Grippe aviaire. L’Algérie ne risque rien, selon …
Cheb Mami !
Au moment où la grippe aviaire se rapproche de nos abattis,
au moment où les laboratoires internationaux sont sur le point de confirmer que
le virus a muté en une forme potentiellement transmissible entre les êtres
humains, et au moment où se tient un Conseil des ministres ici, en Algérie, je
voudrais rappeler à l’un des ministres siégeant à ce Conseil l’une de ses
sorties mémorables. Souvenez-vous, Monsieur Tou, de ce jour où vous annonciez
le plus sérieusement du monde à des journalistes médusés que l’Algérie ne
constituait pas une voie de passage pour les oiseaux migrateurs. Allez, un
effort sur votre mémoire ! Mais si ! Vous aviez même précisé que ces
volatiles passaient par les pays voisins, la Tunisie et le Maroc, mais pas par l’Algérie.
Ah ! L’Algérie, Monsieur le Ministre de la Santé ! Pays éternellement béni
des dieux, enfin, je veux dire béni de Dieu. A vous entendre ce jour-là, nous
nous sentions revigorés, rassurés, définitivement à l’abri. Rien ne
pouvait nous arriver. Nous étions même capables de contrôler le flux
migratoire d’oiseaux de mauvais augure, c’est dire ! Grâce à Monsieur Tou,
ministre de la Santé à temps plein et ornithologue vacataire, les oiseaux
étaient et sont toujours terrorisés à l’idée de s’égarer en route et de
se retrouver en Algérie. Ils “décollent” de pays infectés par la peste
aviaire, volent pendant de longues heures vers l’Afrique du Nord. Arrivés
juste au-dessus de nos têtes de Maghrébins, les oiseaux stoppent net leur
voyage, battent des ailes sur place, repèrent avec exactitude les pointillés
marquant les frontières de l’UMA, se signent en reconnaissant la vaste
étendue du territoire algérien, s’en éloignent à grands battements d’ailes
et s’en vont semer la grippe aviaire chez les pauvres Marocains et Tunisiens.
Il est tout à fait exclu de les voir nous survoler. Il n’est même pas
possible de poser comme hypothèse de travail que dans un groupe de volatiles,
il puisse y en avoir un qui, s’étant bourré le bec au mauvais whisky la
veille, se détache du reste de la bande, perde la boussole, se goure de route
et se retrouve à survoler l’oued El Harrach, Bir Ghbalou ou Hammam Righa. Ça
ne peut pas arriver. Pas parce que les scientifiques l’ont dit. Non ! Juste
parce que Amar Tou l’a décrété ! Je fume du Tamiflu et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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