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Après le séisme de 2003, les commerçants de Dellys dénoncent le mépris des autorités locales


Les commerçants de Dellys sont en colère contre les autorités et ne manquent pas de le faire savoir à travers une pétition transmise aux responsables concernés. Les signataires de cette missive mettent en exergue deux problèmes liés à leur fonction. Ils dénoncent d’abord l’oubli dont ils sont l’objet par rapport à l’aide octroyée par l’Etat dans le cadre de la prise en charge des séquelles du séisme de 2003.
“Nous, collectif des commerçants de la rue Ramdani et de la rue des Frères-Azouzi, étant donné la démolition programmée de l’îlot où nous sommes établis en tant que propriétaires de magasins, cette destruction réduira nos activités à néant pour une période indéterminée”, par conséquent ils demandent une aide sous forme d’indemnisation de 2 millions de dinars. Par ailleurs, ils espèrent la reconstruction du quartier selon la nouvelle configuration préconisée par le bureau d’études communal afin de pouvoir reprendre rapidement leurs activités. Dans l’attente de cette reconstruction, ils exigent l’aménagement de l’espace vacant dans le voisinage de la brigade de gendarmerie en vue d’installer des commerces provisoires. “Il y a des dizaines de familles qui ont perdu leurs sources de revenus”, nous dit Laleg Hakim, porte-parole de la corporation des commerçants de la ville. Questionné sur la demande quelque peu élevée de l’aide demandée, M. Laleg repousse cette assertion et motive la demande des commerçants. “Comment cela fait-il que des citoyens, propriétaires des habitations, au-dessus de nos commerces ont bénéficié de 1 million de dinars d’aide alors que nous qui sommes les propriétaires de l’assiette foncière et qui payons les taxes et les impôts, nous n’avons rien reçu de l’Etat”, nous dit-il. Avant d’ajouter : “Nos commerces sont notre gagne-pain et une source de revenus pour la collectivité”. Rappelons que la Casbah de Dellys, où sont domiciliés la majorité des petits commerces dévastés, a été récemment classée patrimoine national. En plus du programme normal de reconstruction, un financement important est attendu dans le cadre de la rénovation de ce site historique. Dans ce cadre également les autorités pourraient inclure la reconstruction de ces petits commerces dont certains font partie des vestiges de la ville. Cependant, pour que cette aide, si aide il y a, parvienne aux ayants droit, il est nécessaire que les pouvoirs publics se départissent des considérations bureaucratiques habituelles. A l’occasion, M. Laleg, qui était accompagné d’autres commerçants, proteste contre la multiplication des vols par effraction des commerces encore en activité. Il nous énumère la liste des dernières victimes de ces vols qui paradoxalement se répètent, selon lui, durant des périodes relativement courtes. Les voleurs auraient dévasté nouvellement un café et un magasin de vente de téléphones portables. “Ce que nous a laissé le séisme est désormais pris par les casseurs”, commente un commerçant.
Abachi L.

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