Lundi 16 Janvier 2006
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AU TURBIN MESSIEURS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Mise au point. Contrairement à ce que nous écrivions hier sur la grippe aviaire, le point de la situation en Algérie n’a pas été fait par cheb Mami. En fait, Mami en déplacement à l’ONU où il représentait l’Algérie à la conférence internationale sur le développement mondial, c’est l’un de ses proches collaborateurs qui s’est exprimé sur la grippe aviaire :

Cheb Kadirou

Bon Dieu ! Avoir attendu 44 ans ! Quarante-quatre ans pour s’entendre dire que “chaque ministre sera désormais comptable des résultats de son secteur”. Ya bouguelb ! Et moi qui pensais que la cause était entendue depuis l’installation du premier gouvernement de l’Algérie indépendante. Faut croire que non ! En plein Conseil des ministres, à voix plus ou moins haute et plus ou moins intelligible, entre deux pauses, Abdekka a cru bon de rappeler aux présents que chaque ministre sera désormais comptable des résultats de son secteur. Mais alors, avant, juste avant et bien avant cette réunion, durant ces longues années d’indépendance et de souveraineté, de quoi étaient donc comptables nos ministres ? S’ils n’étaient pas comptables de leur secteur, l’étaient-ils alors de secteurs autres ? Par exemple, le ministre de la Culture pouvait-il se passer de rendre compte du secteur de la culture, tout en se faisant comptable intransigeant et pointu du secteur de l’industrie lourde ? Le ministre de la Ville pouvait-il présenter en Conseil des ministres un rapport détaillé sur le secteur de l’agriculture tout en s’excusant de ne pouvoir en fournir un sur la ville ? Le ministre de l’Intérieur pouvait-il avant ce fameux samedi 14 janvier 2006 faire la comptabilité minutieuse des actions menées par le ministère des Affaires étrangères ? Et celui des AE rendre la politesse à son homologue de l’Intérieur ? Plus intrigant encore : si ce n’est qu’aujourd’hui que l’on signifie officiellement, en plein Conseil, aux ministres le fait que désormais ils devront rendre des comptes, cela veut-il dire que jusqu’à samedi dernier, le métier de ministre en Algérie s’assimilait à une profession libérale ? Chacun travaillant en cabinet privé, n’ayant de compte à rendre à personne et n’étant comptable de rien ? Désolé de devoir vous poser cette série de questions aux réponses, en apparence, évidentes. En apparence seulement, puisque le président lui-même, en personne et en pleine possession de ses moyens, a cru bon de rappeler à tout un gouvernement que “chaque ministre sera désormais comptable des résultats de son secteur”. 44 ans pour oser enfin dire en face à un ministre qu’il est payé pour faire ministre, Dieu que cette république a été patiente et généreuse toutes ces longues années ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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