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“S’il y a bien une chose qui ne m’empêchera jamais de dormir, mais
bien au contraire me bercera doucement, ce seront les derniers râles de Madani
Mezrag.”
Inchallah ya rabbi !
Je ne sais pas si les experts internationaux sont déjà
arrivés en Algérie. Ils étaient attendus d’une minute à l’autre. Je
sais, par contre, que l’on a dépêché des comités d’accueil à l’aéroport
Houari-Boumediene afin de conduire immédiatement, sans escale aucune, ces
experts en phénomènes paranormaux vers les écoles et lycées de notre beau et
grand pays. C’est que le secteur de l’éducation vit des heures
extraordinaires, un moment à nul autre pareil : nos établissements scolaires
sont le théâtre depuis près de 72 heures de phénomènes étranges, bizarres,
incompréhensibles d’un point de vue humainement logique, totalement
irrationnels si on les examine à travers une grille de lecture sensée,
cartésienne. Des enseignants, beaucoup d’enseignants, des centaines d’enseignants,
que dis-je, des milliers d’enseignants ont soudainement et sans motif valable
apparent répondu massivement à l’appel au débrayage que n’ont jamais pu
lancer des syndicats autonomes, puisque les syndicats autonomes dans l’éducation
n’existent pas ! Sacre bleu ! Que s’est-il donc passé pour que des
éducateurs, des êtres doués de raison et à l’esprit théoriquement
équilibré, se mettent en masse à faire grève à l’appel de fantômes ?
Quel est ce mal terrible et mystérieux qui vient de frapper nos “assatidha”
? Nous n’allons tout de même pas nous mettre à croire aux syndicats
autonomes dans le monde de l’éducation sous prétexte que la quasi-totalité,
pour ne pas dire la totalité du secteur et des établissements est paralysée ?
Ça serait un comble ! Nous serions alors obligés de reconnaître l’impensable,
d’admettre que des fantômes, des organisations virtuelles, sans existence
réelle, sans assise populaire, sans légitimité, sans existence légale, sans
poids effectif, comme cela nous est tout le temps répété par les autorités,
sont malgré tout capables de fermer toutes nos écoles du jour au lendemain.
Vous voyez ? C’est tellement énorme, tellement extraordinaire que les experts
internationaux en phénomènes paranormaux ne sont pas de trop en Algérie pour
nous expliquer comment des organisations dont l’existence est farouchement
niée arrivent à mobiliser la crème du pays, ses enseignants. En attendant les
conclusions des experts et leurs révélations sur ces phénomènes étranges,
je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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