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“Graive dans le sécteur de l’éducassion. Les sindicats saluyent le
taûx de suivit.”
La ministaire, lui, contéste les chifres
Là maintenant, nous sombrons dans l’overdose ! On nous
montre Abdekka à tout bout de champ. Ce lundi encore, au journal télévisé de
20 heures, les “stratèges” en communication présidentielle ont pensé bien
faire en diffusant des images du chef de l’Etat debout, recevant leurs lettres
de créances de deux ambassadeurs, celui du Japon et celui du Brésil. On a bien
compris que la séance a duré longtemps. Que Boutef’ est resté un long
moment en position debout, droit comme un I, sans montrer le moindre signe de
fatigue. Il a souri tout le temps, et son sourire éclatant n’a à aucun
moment été altéré par une quelconque grimace ou rictus de douleur. Et si,
malgré tous ces signes extérieurs de bonne santé, les éternels sceptiques,
les “mechkakine” invétérés que nous sommes n’avaient pas encore compris
que Abdekka est dans une forme olympique, le coup de grâce nous aura été
asséné par le nouvel ambassadeur du Brésil en Algérie. L’homme, à peine
ses lettres remises au chef de l’Etat Algérien, s’en est allé sur le
perron de la présidence s’allonger d’un bon gros communiqué de santé. Il
dira, et cela peut être vérifié dans les archives de l’ENTV : “j’ai
trouvé Son Excellence le président Bouteflika en très bonne santé.” Ben
mince, alors ! Voilà maintenant que les ambassadeurs prennent le relais des
médecins ! Si l’on continue comme ça, sur cette voie bizarre du “montrage
à outrance de la bonne santé du raïs”, il faudra vite s’habituer à des
images de Boutef’ en train de jardiner, épuisant ses gardes du corps dans un
jogging matinal mené à un train d’enfer ou discutant toute une nuit, debout
avec les deux éléments de la Garde républicaine de faction devant sa porte.
Le tout, on l’aura compris —on l’a même déjà bien compris — étant de
nous convaincre absolument que les ennuis de santé du chef font partie du
passé. Mais ça y est ! On l’a compris ! L’Algérie tout entière l’a
compris, convoquée comme elle l’a été l’autre samedi à vérifier de visu
le retour tonique de Abdekka au pays, sa randonnée et son bain de foule dans
les rues de la capitale. On peut passer à autre chose maintenant ? Au boulot,
par exemple ! Car, comme le dit si bien l’adage, le travail, c’est la
santé. N’est-ce pas ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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