Mercredi 18 Janvier 2006
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LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ, ALORS, AU BOULOT !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
“Graive dans le sécteur de l’éducassion. Les sindicats saluyent le taûx de suivit.”

La ministaire, lui, contéste les chifres

Là maintenant, nous sombrons dans l’overdose ! On nous montre Abdekka à tout bout de champ. Ce lundi encore, au journal télévisé de 20 heures, les “stratèges” en communication présidentielle ont pensé bien faire en diffusant des images du chef de l’Etat debout, recevant leurs lettres de créances de deux ambassadeurs, celui du Japon et celui du Brésil. On a bien compris que la séance a duré longtemps. Que Boutef’ est resté un long moment en position debout, droit comme un I, sans montrer le moindre signe de fatigue. Il a souri tout le temps, et son sourire éclatant n’a à aucun moment été altéré par une quelconque grimace ou rictus de douleur. Et si, malgré tous ces signes extérieurs de bonne santé, les éternels sceptiques, les “mechkakine” invétérés que nous sommes n’avaient pas encore compris que Abdekka est dans une forme olympique, le coup de grâce nous aura été asséné par le nouvel ambassadeur du Brésil en Algérie. L’homme, à peine ses lettres remises au chef de l’Etat Algérien, s’en est allé sur le perron de la présidence s’allonger d’un bon gros communiqué de santé. Il dira, et cela peut être vérifié dans les archives de l’ENTV : “j’ai trouvé Son Excellence le président Bouteflika en très bonne santé.” Ben mince, alors ! Voilà maintenant que les ambassadeurs prennent le relais des médecins ! Si l’on continue comme ça, sur cette voie bizarre du “montrage à outrance de la bonne santé du raïs”, il faudra vite s’habituer à des images de Boutef’ en train de jardiner, épuisant ses gardes du corps dans un jogging matinal mené à un train d’enfer ou discutant toute une nuit, debout avec les deux éléments de la Garde républicaine de faction devant sa porte. Le tout, on l’aura compris —on l’a même déjà bien compris — étant de nous convaincre absolument que les ennuis de santé du chef font partie du passé. Mais ça y est ! On l’a compris ! L’Algérie tout entière l’a compris, convoquée comme elle l’a été l’autre samedi à vérifier de visu le retour tonique de Abdekka au pays, sa randonnée et son bain de foule dans les rues de la capitale. On peut passer à autre chose maintenant ? Au boulot, par exemple ! Car, comme le dit si bien l’adage, le travail, c’est la santé. N’est-ce pas ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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