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A partir de Tizi-Ouzou, Ould Abbès a déclaré : “On ne peut pas acheter l’affection.”
Mais si ! Mais si !
Je lisais hier dans les colonnes d’El Moudjahid ce chiffre
: 15% des Algériens souffrent d’allergies. Le chiffre est sérieux, car
donné par des médecins très sérieux et très compétents qui participent
actuellement aux 10es journées médico-chirurgicales du CHU Beni Messous, à
Alger. Je prends ce pourcentage d’autant plus au sérieux que je fais partie
de ces 15%. Je suis allergique. Pas une allergie bénigne. Pas une allergie
passagère, résorbable. Non ! Je souffre d’une bonne grosse allergie. Dès
que Belkhadem annonce qu’il organise une conférence de presse dans la
journée, les premiers signes cliniques de mon allergie font leur apparition à
l’aube. Des plaques rouges se propagent en surface, sur mon épiderme.
Ensuite, dès que Belkhadem tient sa conférence de presse, les plaques rouges
ont déjà envahi tout mon corps et je suis pris de démangeaisons atroces.
Enfin, lorsque les confrères rendent compte de ce qu’ils ont entendu comme
propos proférés par Belkhadem, je ne suis plus qu’un gros tas d’eczémas
purulents tenté par des pulsions criminelles extrêmes. Les médecins que j’ai
consultés sont tous du même avis, livrent un diagnostic identique : au lieu de
me gratter au sang, je dois gratter du papier avec un stylo. Sans retenue. Ce
que je fais présentement vu que Belkhadem a récidivé et qu’il a osé une
grosse ineptie dont il a le secret : “Le FLN ne s’opposera jamais à la
lutte contre la corruption. Notre parti n’est d’ailleurs pas contre la
reformulation de l’article 7.” Comment voulez-vous qu’à l’écoute d’un
tel concentré de mauvaise foi, je ne sois pas victime d’allergies ? C’est
un miracle que j’arrive encore à tenir un stylo malgré les eczémas qui ont
transformé mes mains et mes doigts en pomme de terre boursouflée. Mais bon
Dieu ! Quand on veut combattre la corruption, on lève les contraintes qui font
obstacle à cette lutte, on rend obligatoire la déclaration de patrimoine et l’on
ne se cache pas derrière l’immunité parlementaire. Pourquoi vouloir “réécrire”
un article de loi qui n’a pas besoin d’être réécrit le moins du monde,
qui est clair, et qui dit en substance que nul n’est au-dessus des lois de
lutte contre la corruption, surtout pas les “élus du peuple” ? Mais bien
évidemment, c’est tellement plus facile pour Belkhadem de venir chanter sous
nos balcons qu’il est pour la lutte contre la corruption, alors que, juste
avant, en coulisse, il avait ordonné à ses députés de faire barrage à l’un
des outils de cette lutte, l’article 7. Et plus il chante sur sa gamme de
fausses notes, plus mon allergie se développe. Peut-être qu’en fumant du
thé…
H. L.
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