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Football. Coupe d’Afrique des nations au Caire. Les Algériens entament la
compétition sur les chapeaux de roues : une télévision, une télécommande
avec des piles neuves, du café, du thé, de la limonade et des makroutes.
A ce rythme, tiendront-ils tout le tournoi ?
Je ne sais pas ce qui est le plus inquiétant, le fait que
les députés aient amputé le texte sur la corruption de son article 7 ou
plutôt le fait que leurs collègues, les sénateurs, aient reporté d’une
semaine leur sentence sur cette loi. A la limite, il y a plus de lisibilité
dans l’hémicycle de Saïdani que dans celle de Bensalah. Les députés ont
décidé dans leur majorité vachement écrasante que nous ne devions pas
fouiner dans leurs biens ni dans ceux des hauts dirigeants du pays, et ils ont
actionné leur pouvoir législatif dans ce sens. Ça a au moins le mérite d’être
clair, circulez, y a rien à voir. Les sénateurs, eux, se tortillent les
boucles, se triturent les doigts, caressent nerveusement la façade de leur
mobile brouillé, bougent du popotin pour éviter les escarres pour finalement
nous révéler qu’ils se donnent une bonne grosse semaine de réflexion. Mais
une semaine de réflexion pour faire quoi, nom d’un mal élu ? Y a un projet
de loi sur la corruption qui a été ouvertement dévitalisé par les députés,
les sénateurs doivent nous dire s’ils le votent tel quel ou s’ils le
rejettent en bloc. On ne leur demande pas de faire de l’analyse sémantique,
du décorticage de linguiste ou de l’appréciation d’œuvre d’art. “T’es
pour que les choses restent en l’état ou t’es contre et tu agis en
conséquence.” Point barre ! Je ne pense pas qu’au bout de cette semaine de
réflexion, les termes du débat auront fondamentalement changé. La corruption
n’aura pas ajouté du rimmel pour nous apparaître moins hideuse et les
députés ne se seront pas repentis et ne seront pas descendus de leurs maquis
de privilèges difficiles d’accès au commun des mortels. La question est donc
aujourd’hui de savoir pourquoi les sénateurs se donnent d’autorité une
semaine de plus, sept jours de rab. J’entends d’ici la réponse des gens de
bonne volonté, des quidams qui en ont vu d’autres : “Quarante ans de
corruption, on attendra bien encore 7 jours de plus pour voir.” C’est
atroce, la résignation ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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