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Education. Rentrée 2006-2007. Les parents sont informés
que la liste des fournitures scolaires est déjà disponible. Ils
peuvent la consulter sur le site suivant :
www.AlQaïda.com
Je suis militaire. Oh ! Pas un gradé et tout le tralala qui va avec. Non !
Juste un homme de troupe. J’étais dans l’escouade qui avait serré Antar Zouabri
à Boufarik. C’était le 8 février 2002. Je m’en souviens bien, c’était un
vendredi. Je m’en souviens d’autant mieux que c’est même moi qui l’ai ajusté. La
balle fatale est sortie du canon de mon fusil… Attendez ! Attendez ! Je ne vais
pas vous raconter les derniers râles de Zouabri, comment ces râles me hantent et
me poursuivent des années après, comment je lui ai arraché son pistolet des
mains et comment jusqu’à aujourd’hui encore je déteste ce pistolet que j’ai
gardé sur moi. D’abord, le règlement militaire nous interdit de garder l’arme
d’un ennemi que nous venons d’éliminer. Ensuite, je n’ai aucun véritable
souvenir des derniers râles de Zouabri. Il est mort presque immédiatement. Non !
En fait, je voulais, aujourd’hui, vous confier mes craintes. Au rythme où vont
les choses, j’ai réellement peur de ce qu’il pourrait m’en coûter d’avoir été
justement celui qui aura porté le coup fatal à Zouabri. A lire les propos de
Madani Mezrag, à entendre les rumeurs de plus en plus bruissantes sur la
réhabilitation des barbus du SIT, à constater que l’éducation islamique va
devenir une matière à part entière dans le cursus secondaire, je vous avoue que
j’ai peur. Je sais que les documents de notre intervention contre la cache où se
terrait Si Antar existent. Un rapport détaillé et circonstancié a été établi,
référencé et archivé. Il y est stipulé noir sur blanc que c’est notre escouade
qui a donné l’assaut contre la vieille maisonnée boufarikoise et que c’est une
balle identifiée dans le lot de ma dotation qui a mis fin au parcours de Si
Antar. Depuis quelques semaines, je n’en dors plus ! Même si des amis, d’anciens
compagnons d’armes, tentent de me rassurer en m’expliquant que, là, pour le
moment, le régime n’en est encore qu’à réhabiliter les terroristes vivants, j’ai
tout de même des doutes. Et si le pouvoir décidait d’emballer la machine,
d’accélérer la marche forcée vers son objectif, et donc passer à la phase
supérieure, celle de la réhabilitation des terroristes morts ? Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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