Actualités : BETROUNA (TIZI-OUZOU)
Deux villages attaqués en pleine nuit


Dans la nuit de dimanche à lundi, un groupe de bandits, composé d’une vingtaine d’éléments, s’est attaqué à deux maisons dans les villages Taârkoubt et Taddart Oufella, dans la région de Betrouna, situées à une dizaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Tizi-Ouzou. Selon les témoignages des habitants qui ont vécu cette nuit cauchemardesque, les assaillants sont arrivés à bord de trois véhicules dont un fourgon et se sont scindés en deux groupes, à hauteur du village Taârkoubt.
Le premier groupe a pris pour cible une maison habitée par un jeune couple et la mère du jeune homme. Ce dernier, réveillé par des bruits inhabituels, s’est vite rendu compte que sa maison était encerclée. Il appelle de son portable un de ses amis, tout en faisant patienter les voleurs avec lesquels il entre en conversation à partir de la fenêtre. Ces derniers voulaient se faire passer pour des terroristes : “Nous sommes des moudjahidine”, lui disent-ils, en le sommant d’ouvrir la porte. Averti, son ami réveilla tout le village et une foule d’hommes accourut. Les assaillants tirèrent des coups de feu en l’air, pour les dissuader de s’approcher. Pris de panique, le groupe s’enfuit non sans avertir, avec des coups de klaxon, l’autre groupe. Celui-ci a pu pénétrer à l’intérieur de l’habitation d’une vieille femme. Une jeune fille qui passait la nuit chez cette dernière trompa la vigilance des criminels et donna l’alerte. Encore une fois, des coups de feu en l’air pour tenir à distance les habitants du village Taddart Oufella et ceux de Taârkoubt où a eu lieu la première scène. Les criminels se retrouvent un peu plus loin et prennent la poudre d’escampette. En un laps de temps, tous les habitants des deux villages se sont réveillés et ont vécu le reste de la nuit dans une agitation indescriptible, où se mêlaient peur et révolte. Le lendemain, la nouvelle gagna les quatre coins de la région. Ainsi, les villages kabyles, réputés pour leur quiétude et leur paisibilité, sont aujourd’hui la cible d’un phénomène nouveau : le banditisme, induit par une démission condamnable de l’Etat, consécutive aux évènements du Printemps noir.
B. S.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable