Régions Centre : BREVES DE TIZI-OUZOU

MIZRANA
Une commune sous perfusion

Pour lui donner l’illusion de démarrer l’année 2006 sous de bons auspices, l’administration centrale a accordé à la commune historique et déshéritée de Mizrana deux projets, inscrits depuis belle lurette, dans le secteur des travaux publics.

Le premier est destiné au revêtement de la RN72 sur une distance de 21 km et la deuxième enveloppe concerne le revêtement de la piste reliant le hameau Mhag au village de Tizi-N’Bouali, longue de 1400 m. Pour l’exercice en cours, la nouvelle APC a présenté au comité de wilaya un plan communal de développement (PCD) de plus de dix milliards pour pallier à moyen terme aux situations urgentes de la localité. En général, le montant des PCD accordés ne dépasse guère les douze millions de dinars. Seulement, cette année, selon le P/APC de Mizrana, le montant pourrait être revu à la hausse à la faveur de l’embellie des recettes pétrolières du pays. La pièce maîtresse de ce programme demeure l’acquisition d’une excavatrice que tous les exécutifs précédents, depuis la naissance de Mizrana en 1984, ont demandée, en vain. Son utilité ne cesse de se faire sentir à chaque arrivée de l’hiver surtout. L’année passée, les fortes chutes de neige ont isolé la commune du reste du monde durant plusieurs jours. A noter aussi que les inondations de novembre 2001 ont coûté la facture de 500 000 DA à l’APC. Les travaux de dégagement des voies de circulation nécessitant l’intervention d’un excavateur ont été réalisés par un entrepreneur privé et, à ce jour, demeurent non honorés. Actuellement, cinq chantiers sont en cours de réalisation dans tout le territoire de la commune. L’APC a commandé, dans un premier temps, dix abribus chez un ferronnier qu’elle va répartir à travers les villages. Pour soulager la population des sempiternelles pénuries d’eau potable, deux réservoirs sont en cours de réalisation dont celui d’Aït Yiftène qui est à 95 % achevé. Le deuxième dont la capacité est de 200 m3 servira les deux villages Tala Mimoune et Watouba. Dans ce dernier, les travaux ont à peine commencé. Par ailleurs, et non loin de là, au hauteur de Haouch Abdenour, un dalot est en voie d’achèvement. A signaler, en outre, que l’état de la piste de 1500 m reliant ce hameau au chemin communal est toujours impraticable. Dans un autre registre et un peu plus au nord, au village Mazer, le projet portant la construction d’une salle de soins est en cours de réalisation. Enfin, à la lumière de ce que nous venons de relater, les chantiers en cours de réalisation ne sont pas de nature à redonner espoir à ceux qui l’ont perdu, notamment les jeunes frappés par le chômage et les fléaux sociaux, pour des lendemains meilleurs. Ces derniers ne cessent, effectivement, de mesurer le potentiel économique du pays des plus prometteurs et le dénuement effarant de leurs commune, dont le sort est suspendu à la perfusion du comité de wilaya. Mohamed Ghernaout

AIT-FRAH
Une annexe de formation pour femmes au foyer

L’intérêt accordé par la formation professionnelle pour les femmes au foyer, particulièrement dans les zones rurales, donne tout l’air de se concrétiser. Cette catégorie sociale bénéficiera des formations diplômantes dans les métiers manuels. Pour une première, les femmes au foyer du village d’Aït-Frah, dans la daïra de Larbâa-Nath-Irathen, bénéficieront de 45 postes pédagogiques ouverts dès la session prochaine de février, dans les spécialités de coiffure et métiers à tisser. Une annexe de formation, équipée par le centre de formation de la daïra et aménagée par le village, vient d’être réceptionnée, en présence des représentants du village, des autorités locales et des responsables du CFPA. L’élément féminin aura donc à accéder à certains métiers proposés dans la carte de formation disponible au niveau du centre de formation en fonction de leurs profils, leurs capacités et leurs qualifications. Une opportunité qui leur permettra d’acquérir des instruments de leur intégration dans la société et de leur permettre de meilleures chances en matière d’insertion professionnelle, dans le cadre du nouveau dispositif mis en place ces deux dernières années par le secteur de la formation. Dans ce contexte, la direction du centre, qui accorde un intérêt à cette catégorie sociale, entend étendre cette action en offrant plus de postes pédagogiques et élargir l’éventail des spécialités en ciblant cette catégorie de populations oubliées aspirant à un travail productif. A l’issue de leur formation, ces femmes au foyer pourront bénéficier de micro-crédits pour développer leur activité dans le cadre de l’appui aux familles productives et du programme de développement rural.

LARBAA-NATH-IRATHEN
Une “œuvre historique” pour les martyrs du Printemps noir

La coordination locale des arouchs vient de lancer un appel aux populations et autres catégories sociales, entrepreneurs, architectes, artistes, bénévoles, en vue d’apporter leur contribution pour la réalisation d’une œuvre historique à l’effigie des six jeunes de la localité assassinés lors des évènements de Kabylie. La municipalité a, pour sa part, donné son accord de principe pour participer au financement et à la concrétisation de ce projet, dont l’inauguration officielle est prévue pour le mois d’avril prochain, coïncidant avec la commémoration du cinquième anniversaire des évènements tragiques de Kabylie. Les concepteurs du projet n’ont pas encore défini la nature de cette “œuvre historique”. Entre la réalisation d’une stèle, d’un monument ou d’un mémorial, la décision finale n’est pas définitivement tranchée, en attendant d’autres propositions ou d’autres orientations qui émaneraient d’une commission ad hoc, sous l’égide de la coordination locale des arouch. Cette œuvre sera érigée, face au bâtiment de l’ex-siège de la brigade de gendarmerie, au lieu même où une pierre tombale fut inaugurée deux fois de suite, puis saccagée, lors des différentes commémorations de ces évènements.
J.-L. Hassani

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