Jeudi 26 Janvier 2006
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YAKHI HALA YAKHI !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Au Koweït, c’est Bensalah qui a représenté Abdekka. A
Khartoum, c’est Ouyahia qui a représenté Abdekka. A Davos,
c’est Temmar qui représente Abdekka.”
 

Et à Alger ?

Enfin une réaction du pouvoir aux provocations répétées de Madani Mezrag ! On l’attendait. Elle tardait. On commençait même à se poser des questions sur ce retard. Heureusement qu’au bout de longs jours d’attente, Ouyahia, chef du gouvernement de la République algérienne, démocratique et populaire, vient de nous délivrer en livrant la position officielle de l’Algérie par rapport aux propos de l’ancien chef de l’AIS : “C’est vous la presse qui en avez fait un événement. L’Etat, lui, ne tombera pas aussi bas.” Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag insulte la mémoire d’un soldat de l’ANP mort en service commandé, ce n’est pas sa faute, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un événement. Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag dit qu’il ne s’est pas rendu, mais qu’il a négocié pied à pied avec la partie belligérante, l’armée officielle, ce n’est pas sa faute, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un événement. Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag affirme que le combat qu’il a mené est un combat juste qu’il ne reniera jamais, ce n’est pas sa faute, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un événement. Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag promet que la République algérienne islamique se fera sur les cendres des laïcs, éradicateurs occidentalisés, ce n’est pas sa faute le pauvre chéri, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un événement. Saha ya rabbi ! C’est jamais la faute à Mezrag. C’est toujours la faute à la presse et à elle seule. Car “l’Etat, nous rappelle H’mimed, ne tombera jamais aussi bas”. Je me rappelle pourtant d’un Etat éradicateur — du temps où l’éradication du terrorisme n’était pas encore une maladie honteuse — et dans cet Etat, un Ahmed Ouyahia, qui n’était pas le moins acharné des éradicateurs, était bien content de lire et d’entendre cette même presse livrer combat contre les Madani Mezrag de tous poils. J’ai souvenance aussi d’un Etat bien heureux de se calfeutrer dans ses résidences blindées laissant cette même presse ici et surtout là-bas mener des combats d’Etat et dire à la face du monde que ce n’est pas l’Etat qui tue, mais bien l’islamisme. Aujourd’hui, bien sûr, Madani Mezrag a raison, la presse a tort, et l’Etat ne tombera pas aussi bas. Mais peut-on tomber plus bas que là où l’on gît déjà ? Yakhi hala yakhi ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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