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“Au Koweït, c’est Bensalah qui a représenté Abdekka. A
Khartoum, c’est Ouyahia qui a représenté Abdekka. A Davos,
c’est Temmar qui représente Abdekka.”
Et à Alger ?
Enfin une réaction du pouvoir aux provocations répétées de Madani Mezrag ! On
l’attendait. Elle tardait. On commençait même à se poser des questions sur ce
retard. Heureusement qu’au bout de longs jours d’attente, Ouyahia, chef du
gouvernement de la République algérienne, démocratique et populaire, vient de
nous délivrer en livrant la position officielle de l’Algérie par rapport aux
propos de l’ancien chef de l’AIS : “C’est vous la presse qui en avez fait un
événement. L’Etat, lui, ne tombera pas aussi bas.” Ainsi donc, lorsque Madani
Mezrag insulte la mémoire d’un soldat de l’ANP mort en service commandé, ce
n’est pas sa faute, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un
événement. Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag dit qu’il ne s’est pas rendu, mais
qu’il a négocié pied à pied avec la partie belligérante, l’armée officielle, ce
n’est pas sa faute, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un
événement. Ainsi donc, lorsque Madani Mezrag affirme que le combat qu’il a mené
est un combat juste qu’il ne reniera jamais, ce n’est pas sa faute, c’est la
faute à la presse qui a fait de cette interview un événement. Ainsi donc,
lorsque Madani Mezrag promet que la République algérienne islamique se fera sur
les cendres des laïcs, éradicateurs occidentalisés, ce n’est pas sa faute le
pauvre chéri, c’est la faute à la presse qui a fait de cette interview un
événement. Saha ya rabbi ! C’est jamais la faute à Mezrag. C’est toujours la
faute à la presse et à elle seule. Car “l’Etat, nous rappelle H’mimed, ne
tombera jamais aussi bas”. Je me rappelle pourtant d’un Etat éradicateur — du
temps où l’éradication du terrorisme n’était pas encore une maladie honteuse —
et dans cet Etat, un Ahmed Ouyahia, qui n’était pas le moins acharné des
éradicateurs, était bien content de lire et d’entendre cette même presse livrer
combat contre les Madani Mezrag de tous poils. J’ai souvenance aussi d’un Etat
bien heureux de se calfeutrer dans ses résidences blindées laissant cette même
presse ici et surtout là-bas mener des combats d’Etat et dire à la face du monde
que ce n’est pas l’Etat qui tue, mais bien l’islamisme. Aujourd’hui, bien sûr,
Madani Mezrag a raison, la presse a tort, et l’Etat ne tombera pas aussi bas.
Mais peut-on tomber plus bas que là où l’on gît déjà ? Yakhi hala yakhi ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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