Lundi 30 Janvier 2006
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NE DITES PAS A MA MERE QUE JE SUIS
PROF, ELLE ME CROIT TRABENDISTE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Et pendant ce temps-là, que fait Lakhdar Brahimi ?

C’est juste une question…

Qui mieux qu’un enseignant pour raconter le drame d’une profession ? C’est d’autant plus vrai lorsque cet enseignant ne manque pas d’humour, trouve le ressort de la dérision pour raconter l’inracontable, narrer l’inénarrable. Cette lettre postée dans ma boîte mail m’a, tour à tour, fait sourire, rager, rire et maudire ce système affameur qui, du haut d’une vigie qui elle-même surplombe le “Fort Knox algérien”, trouve illégitime toute revendication salariale. Alors plutôt que de m’allonger d’une énième chronique sur la légitimité du combat des enseignants, je préfère vous donner à lire la lettre de ce prof : “Bonjour, J’apprends depuis seulement quelques jours, grâce à une chaîne de télévision française, que les profs les moins bien payés en Europe se trouvent en Italie, qu’un jeune prof de lycée de ce pays ne toucherait que 1 000 euros le mois. J’avais donc, avec ce chiffre en tête, la possibilité de “comparaiser” avec le salaire du prof algérien titulaire et cumulant pas moins de 20 ans d’expérience que j’étais et que je suis encore. Après calcul et re-calcul, je conclus que ma paie ne représente guère plus du sixième de ce que touche mon homologue italien. J’ai pu alors mesurer, le cœur lourd, l’étendue de l’injustice qui me sépare de lui. Lui, qui, en ces moments d’hiver, doit se chauffer dans son bel appartement, au gaz de mon pays, cependant que moi, mes deux enfants et ma petite femme chérie, occupons toujours deux pièces non chauffées dans la maison des parents. C’est pas pour déverser sur vous, Monsieur Laâlam, l’amertume que j’ai dans le cœur que je vous écris, mais je voulais juste donner un exemple concret qui illustrerait la justesse de vos propos. Mes remerciements.” Il paraît qu’aucune détresse, qu’aucune souffrance ne peut justifier que l’on bouffe l’argent du pétrole. Il paraît qu’une redistribution plus équitable des richesses nationales serait pure démagogie. Il paraît aussi qu’on ne peut pas indéfiniment fumer du thé pour rester éveillé, car le cauchemar, un jour ou l’autre, c’est inéluctable, devra s’arrêter.
H. L.

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