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Commentaire désabusé d’un travailleur de Socothyd : “Ce n’est pas…
coton de continuer à travailler dans ces conditions, avec la menace qui
pèse au-dessus de nos têtes, celle de voir les effectifs… compressés.
Au bout de tant d’années de dur labeur, nous risquons de nous voir
jetés dehors comme de vulgaires… mouchoirs en papier. On a même
l’impression que, de notre détresse, les autorités s’en…
…tamponnent !”
Bonté divine ! Et dire que l’opération “redressement” du FLN avait été
présentée par Belkhadem comme la volonté mortellement patriote de renouer,
ressouder, re-scotcher et sceller de manière ferme et indiscutable les rangs de
l’ex-futur parti unique. Drôle de re-soudage qui nous est donné à voir ces
dernières heures ! Nous nageons en pleine théorie du grand complot permanent. Au
Front redressé, tout le monde se méfie de tout le monde. Il y a des listes qui
circulent. Et quand je dis des listes, j’insiste sur le “S” du pluriel. C’est
plus des listes, c’est des listings, des rouleaux de listes à n’en plus finir.
Ainsi, il y a la liste des FLN qui sont tellement proches de Belkhadem, qu’ils
lui soufflent leur haleine dans sa nuque. Il y a la liste des FLN proches de
Belkhadem, mais pas au point de lui ébouriffer la barbichette. Il y a la liste
des FLN tellement éloignés de Belkhadem qu’ils sont soupçonnés de préférer
souffler leur haleine dans le cou de Hadjar. Il y a la liste des FLN qui,
pendant la maladie — heureusement complètement guérie — du raïs se sont menottés
aux radiateurs de leurs maisons afin de résister à la tentation d’aller se
réfugier au chaud dans l’autre camp. Il y a la liste des FLN qui, n’ayant pas de
radiateurs suffisamment solides chez eux, ont été emportés à l’insu de leur
plein gré dans le camp de l’opposition ennemie. Il y a la liste des FLN qui ont
eu la présence d’esprit de garer leur voiture à équidistance des domiciles de
Belkhadem et de Abada, et d’attendre patiemment, moteur allumé, que les bilans
de santé du raïs tombent et indiquent la direction à suivre. Et il y a la liste
des FLN qui joggent à longueur de journée d’un camp à l’autre, soufflant comme
des phoques, bavant leur cholestérol et éructant leur prostate à cavaler comme
des dératés afin d’éviter d’être pris la main dans le sac dans le domicile de
celui qui sera au final déclaré vaincu de la guerre que se livrent les FLN’S
Boys. Imperturbable, Belkhadem explique cette pandémie des listes par la théorie
vachement commode du grand complot, œuvre de la main de l’étranger. Tout cela
serait l’œuvre d’une coalition judéo-satanique, la même qui donnait Abdekka
cliniquement mort et qui n’a toujours pas digéré l’indépendance de l’Algérie.
J’aime ce FLN-là, celui de la paranoïa institutionnalisée. Il n’est plus
vraiment dangereux. Il est juste fidèle aux constantes de sa bêtise. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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