Lundi dernier, le tribunal correctionnel de Saïda a statué sur l’affaire
du directeur de wilaya des Domaines, arrêté en flagrant délit de corruption.
Verdict : un an de prison ferme et 5 000 DA contre le responsable en
question, M. A. Z., âgé de 56 ans et retraitable dans cinq mois. La genèse
de l’affaire remonte au 22 janvier dernier quand les éléments de la police
judiciaire de la Sûreté de wilaya agissant sur informations communiquées par
le chef de l’Agence foncière, M. S. M. en poste depuis presque huit mois,
ont procédé à l’arrestation en flagrant délit de corruption du directeur de
wilaya. Durant le procès qui a duré toute la journée, nous avons appris que
le directeur de wilaya des Domaines avait demandé une somme de 50 millions
de centimes en contrepartie d’un “allégement” du prix concernant la cession
d’un terrain situé dans le lotissement “Lardjan” où se trouvent 11 lots de
terrain. Suite à la pression, exercée sur le chef de l’Agence foncière, ce
dernier n’a pas trouvé mieux à faire que d’informer les services de sécurité
en déposant plainte et par la suite le piéger. Après une enquête minutieuse
déclenchée depuis septembre 2005, suivie d’une filature, les éléments de la
PJ ont tendu une souricière au responsable de wilaya qui a été pris la main
dans le sac. Il a été arrêté dans son bureau en présence de son fils, âgé à
peine de 10 ans et d’une somme d’argent de 11 millions de centimes. Il
croyait, en fait, que l’enveloppe contenait 50 millions de centimes, comme
cela a été convenu lors des négociations qui se sont déroulées auparavant
entre ces deux responsables de wilaya. La défense, représentée par sept
avocats, a rappelé à la cour que cet argent retrouvé dans le cartable par la
police n’était en fait qu’une partie du coût d’un lot de terrain de 400 m2
situé sur les hauteurs de la cité de Sidi-Cheikh et attribué “sur parole”
par le chef de l’Agence que lui a vendu ce dernier. Durant les plaidoiries
des avocats de la défense, ces derniers n’ont pas manqué de relever les
contradictions faites devant le président de la cour en déclarant que leur
client venait d’être victime d’un complot. A ce sujet, Me Seddiki A., avocat
de la défense nous explique : “A la lecture de l’acte d’accusation, il n’y a
pas de délit de corruption, il s’agit tout simplement d’une machination dans
laquelle le chef de l’Agence foncière, cité, d’ailleurs comme témoin à la
barre, n’est, en fait, que l’instrument aux mains d’un “lobby” qui a fait
main basse sur toute la ville. Sinon, comment expliquer que cet “instrument”
ait pu disposer de ces 11 millions de centimes qu’il a avancés de sa propre
poche. Alors qu’il est un fonctionnaire de l’Etat, déclaration qu’il a faite
lui-même à la cour et dans une salle archicomble, tout en sachant que cet
argent sera confisqué par l’Etat. Ceci m’amène à dire que des personnes
tapies à l’ombre ayant des intérêts occultes, ont tiré des “ficelles” pour
faire tomber le directeur de wilaya qui gênait et qui s’est fait épingler
comme un enfant. Quoi qu’il en soit, on interjettera appel” outre le verdict
rendu le 30 janvier dernier. A noter que lors du réquisitoire, le procureur
avait requis une peine de 2 ans de prison ferme et 5000 DA d’amende.
Mohamed
Ben Amine
Le S.O.S. d’un fils de chahid
Au moment même où nos responsables à tous les niveaux, clament haut et
fort qu’ils sont pour l’instauration d’une stabilité et d’un Etat de droit
et luttent contre toute forme de “hogra”, voilà que certains responsables
locaux persistent par leurs attitudes et leur comportement à vider cette
démarche de son sens. A ce titre, il est à noter qu’il y a certainement un
problème quelque part dans le traitement d’un fils de chahid, père de deux
enfants et ne sachant comment faire pour subvenir aux besoins de sa famille.
Il vient d’être laissé sur le carreau alors qu’il a d’obtenu gain de cause
contre son employeur de la cimenterie d’El-Hassasna qui refuse toujours
d’exécuter le jugement rendu en mai 2004. Face à cette bureaucratie qui
perdure depuis plus d’une année, les souffrances de ce fils de chahid ne
sont pas près de prendre fin puisqu’il a à maintes fois saisi le ministère
des Moudjahidine sans suite. Le wali de Saïda a été également saisi pour une
éventuelle intervention, mais le marasme de la direction de l’usine de la
cimenterie est tel qu’il n’a pu tenir encore plus. Devant cet état de faits,
le fils de chahid ne sachant plus à quel saint se vouer, nous a contactés :
“Je ne pense qu’au suicide pour me libérer” nous a-t-il dit. L’appel de ce
fils de chahid connu sur la place publique par tous les “ouled bled” est un
cri de détresse adressé au wali de Saïda.
M. B. A.
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