Mercredi 01 Février 2006
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Régions Ouest : SAIDA
PRIS EN FLAGRANT DELIT DE CORRUPTION
Un an de prison ferme pour le directeur des Domaines


Lundi dernier, le tribunal correctionnel de Saïda a statué sur l’affaire du directeur de wilaya des Domaines, arrêté en flagrant délit de corruption.

Verdict : un an de prison ferme et 5 000 DA contre le responsable en question, M. A. Z., âgé de 56 ans et retraitable dans cinq mois. La genèse de l’affaire remonte au 22 janvier dernier quand les éléments de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya agissant sur informations communiquées par le chef de l’Agence foncière, M. S. M. en poste depuis presque huit mois, ont procédé à l’arrestation en flagrant délit de corruption du directeur de wilaya. Durant le procès qui a duré toute la journée, nous avons appris que le directeur de wilaya des Domaines avait demandé une somme de 50 millions de centimes en contrepartie d’un “allégement” du prix concernant la cession d’un terrain situé dans le lotissement “Lardjan” où se trouvent 11 lots de terrain. Suite à la pression, exercée sur le chef de l’Agence foncière, ce dernier n’a pas trouvé mieux à faire que d’informer les services de sécurité en déposant plainte et par la suite le piéger. Après une enquête minutieuse déclenchée depuis septembre 2005, suivie d’une filature, les éléments de la PJ ont tendu une souricière au responsable de wilaya qui a été pris la main dans le sac. Il a été arrêté dans son bureau en présence de son fils, âgé à peine de 10 ans et d’une somme d’argent de 11 millions de centimes. Il croyait, en fait, que l’enveloppe contenait 50 millions de centimes, comme cela a été convenu lors des négociations qui se sont déroulées auparavant entre ces deux responsables de wilaya. La défense, représentée par sept avocats, a rappelé à la cour que cet argent retrouvé dans le cartable par la police n’était en fait qu’une partie du coût d’un lot de terrain de 400 m2 situé sur les hauteurs de la cité de Sidi-Cheikh et attribué “sur parole” par le chef de l’Agence que lui a vendu ce dernier. Durant les plaidoiries des avocats de la défense, ces derniers n’ont pas manqué de relever les contradictions faites devant le président de la cour en déclarant que leur client venait d’être victime d’un complot. A ce sujet, Me Seddiki A., avocat de la défense nous explique : “A la lecture de l’acte d’accusation, il n’y a pas de délit de corruption, il s’agit tout simplement d’une machination dans laquelle le chef de l’Agence foncière, cité, d’ailleurs comme témoin à la barre, n’est, en fait, que l’instrument aux mains d’un “lobby” qui a fait main basse sur toute la ville. Sinon, comment expliquer que cet “instrument” ait pu disposer de ces 11 millions de centimes qu’il a avancés de sa propre poche. Alors qu’il est un fonctionnaire de l’Etat, déclaration qu’il a faite lui-même à la cour et dans une salle archicomble, tout en sachant que cet argent sera confisqué par l’Etat. Ceci m’amène à dire que des personnes tapies à l’ombre ayant des intérêts occultes, ont tiré des “ficelles” pour faire tomber le directeur de wilaya qui gênait et qui s’est fait épingler comme un enfant. Quoi qu’il en soit, on interjettera appel” outre le verdict rendu le 30 janvier dernier. A noter que lors du réquisitoire, le procureur avait requis une peine de 2 ans de prison ferme et 5000 DA d’amende.
Mohamed Ben Amine

Le S.O.S. d’un fils de chahid

Au moment même où nos responsables à tous les niveaux, clament haut et fort qu’ils sont pour l’instauration d’une stabilité et d’un Etat de droit et luttent contre toute forme de “hogra”, voilà que certains responsables locaux persistent par leurs attitudes et leur comportement à vider cette démarche de son sens. A ce titre, il est à noter qu’il y a certainement un problème quelque part dans le traitement d’un fils de chahid, père de deux enfants et ne sachant comment faire pour subvenir aux besoins de sa famille. Il vient d’être laissé sur le carreau alors qu’il a d’obtenu gain de cause contre son employeur de la cimenterie d’El-Hassasna qui refuse toujours d’exécuter le jugement rendu en mai 2004. Face à cette bureaucratie qui perdure depuis plus d’une année, les souffrances de ce fils de chahid ne sont pas près de prendre fin puisqu’il a à maintes fois saisi le ministère des Moudjahidine sans suite. Le wali de Saïda a été également saisi pour une éventuelle intervention, mais le marasme de la direction de l’usine de la cimenterie est tel qu’il n’a pu tenir encore plus. Devant cet état de faits, le fils de chahid ne sachant plus à quel saint se vouer, nous a contactés : “Je ne pense qu’au suicide pour me libérer” nous a-t-il dit. L’appel de ce fils de chahid connu sur la place publique par tous les “ouled bled” est un cri de détresse adressé au wali de Saïda.
M. B. A.

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