Mercredi 01 Février 2006
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Sports : FOOTBALL
ALORS QUE L'AFRIQUE DU SUD EST A RECONSTRUIRE
Le champion sortant passe à la moulinette guinéenne


La Guinée a réussi ce que personne n'aurait pu prédire avant le premier tour, en terminant première du groupe C, devant la Tunisie, devenant l'attraction à suivre de la Coupe d'Afrique des nations de football, tandis que l'Afrique du Sud et la Zambie sont éliminées.

L'élève n'est plus très loin du maître. Le sélectionneur de la Guinée, Patrice Neveu, qui a passé ses diplômes d'entraîneur sous la supervision de Roger Lemerre, n'y pensait peut-être même pas. Et pourtant, les Guinéens, présentés comme des outsiders à suivre éventuellement, en battant une Tunisie certes remodelée pour l'occasion (3- 0) lors de la dernière journée, se sont offert la palme des surprises. Avec trois victoires en trois matches, la Guinée peut espérer continuer à surprendre, et envisager une place en demi-finale. "On était outsider en venant, nous restons outsiders", a tenu à tempérer Patrice Neveu. Cette place de premier n'est cependant pas anodine, car outre le message envoyé, elle complique quelque peu la tâche des tenants du titre, qui ont, malgré ce match, fait forte impression face à la Zambie et à l'Afrique du Sud. "Je veux rester à Alexandrie pour les quarts. Les changements sont déstatbilisants", avait affirmé Roger Lemerre avant la rencontre. Eh bien, ses joueurs devront s'y faire, car les Tunisiens devront être obligés de s'exiler pour leurs quarts de finale. Les adversaires des deux qualifiés ne sont pas encore connus, car rien n'est encore fait dans le groupe D, même si le Nigeria, premier avant le dernière journée, est en bonne place pour finir en tête. "C'est un échec et j'en suis le principal responsable, mais maintenant, au niveau du bilan, nous n'avons rien perdu ni rien gagné, nous sommes en quarts de finale", a estimé Roger Lemerre. Les Bafana Bafana quittent, eux, la compétition sans gloire, sans but, et sans rien qui ne puisse laisser penser que son renouveau naîtra de l'ossature actuelle. Complètement transparents lors de ce premier tour, le chantier de la reconstruction s'annonce chargé pour préparer le Mondial- 2010 en Afrique du Sud, et devrait se faire sans le coach roumain actuel Dumitru. Le constat est beaucoup moins catastrophique pour la Zambie qui se trouve au final assez mal payée par rapport à ce qu'elle a pu montrer. Les Chipolopolo doivent désormais apprendre à garder un résultat, ce qu'ils n'ont réussi à faire que face à l'Afrique du Sud. "Nous méritions mieux dans cette compétition, nous n'avons pas été chanceux, mais j'ai vu bon nombre de ces joueurs qui participeront à la prochaine CAN", a estimé le sélectionneur zambien Kalusha Bwalya.

Des comptes à régler

Entre heureux et malheureux, futurs heureux et prochains malheureux, il est difficile de ne pas être attentif à tous les échos négatifs qui nous parviennent ici au Caire. C’est étrange comme le bonheur semble fuir même les rescapés du premier tour. Jugezen plutôt. Les Congolais exigent le versement de leur prime de qualification pour le deuxième tour d’un montant de 15 000 dollars sinon ils ne joueront pas leur quart de finale contre l’Egypte. Les joueurs ont le soutien de leur entraîneur, Claude Le Roy, et de tout l’encadrement technique dont les arriérés de salaire se compteraient non pas en mois, mais en années. La récurrence de ces histoires de primes et de salaires non payés deviendraitelle une marque de fabrique du football africain ? Pas une CAN sans que plusieurs équipes engagent un bras de fer avec leurs dirigeants pour promesses non tenues. En dernier recours, c’est toujours le chef de l’Etat en personne qui est obligé de débloquer la situation. Incroyable, mais vrai. «Démission !», scande la presse marocaine au lendemain d’une campagne égyptienne totalement anonyme. Personne ne s’est aperçu que l’équipe finaliste de la dernière édition était présente dans la compétition cette année. Les Lions de l’Atlas n’ont pas inscrit le moindre but en trois sorties. La presse ne s’en prend ni à l’entraîneur, ni aux joueurs, mais aux dirigeants de la fédération pour la gestion catastrophique du onze national. «Qu’avez-vous fait de notre équipe nationale ? », titre Al Bayane en réclamant des excuses aux patrons du football. La polémique gonfle chez les supporters des Eléphants qui ont très mal accepté la défaite de leur équipe face au pays organisateur. On sent même une grande tension. En ligne de mire l’entraîneur Henri Michel et ses adjoints et collaborateurs “tous Français”. Le ménage tiendra-t-il jusqu’en Allemagne ? A écouter ces supporteurs, la réponse est définitivement non. Peut-être sont-ils un peu inquiets d’affronter une troisième fois en quelques mois l’«indomptable» Cameroun ? Si l’équipe avait terminé première de son groupe, elle aurait rencontré la RD Congo en quart de finale. Les discussions sont vives. Elles font partie du football. Le Togo réfléchit. Il semble que le sort de Stephen Keshi soit définitivement scellé après la prestation catastrophique des Eperviers au Caire. Trois matches et autant de défaites, sept buts encaissés. Les sirènes d’alarme retentissent de toutes parts. La situation apparaît critique. Entre parenthèses, plusieurs entraîneurs ont déjà fait des offres de service. Exemple de confraternité. Pendant ce temps, le Cameroun vaque à ses occupations nationales. Dimanche dernier, le championnat a redémarré alors que tout le pays a la tête à la CAN. Pauvres joueurs locaux condamnés à évoluer dans l’anonymat et l’indifférence générale. Entre trop de bruits et pas de bruit du tout, il doit bien se trouver un juste milieu. Chacun devrait finir par y trouver son compte.

COTE-D'IVOIRE
Les Eléphants victimes de la “Tizié - Dépendance”

Depuis le début du tournoi égyptien, les Eléphants de Côte d’ivoire doivent une fière chandelle à leur dernier rempart. Décisif lors des deux premiers matches, le gardien de l’Espérance de Tunis vit sa première Coupe d’Afrique des Nations en véritable commandeur.

En s’appuyant sur ses performances et son expérience, la défense ivoirienne trouve ses marques, puise son énergie et garde sa sérénité. Avant de vivre les joies et angoisses d’un titulaire, Jean-Jacques Tizié a dû user ses gants sur le banc de touche de la Séléphanto. Déjà parmi les 23 Ivoiriens en 2000 au Ghana, puis en 2002 au Mali, il n’est encore que numéro trois, en apprentissage derrière Alain Gouaméné, devenu son entraîneur en sélection, et Losseni Konaté, alors portier de l’Asec d’Abidjan. De ses débuts au Stade d’Abidjan à ses exploits avec l’Africa Sport, en passant par le Lazer FC, éphémère club de première division ivoirienne, Tizié aura bourlingué, connu des hauts et des bas. Mais il se sera forgé un mental de gagneur, une peau de leader et un grade de commandeur des défenses. Il sort de l’anonymat en 1999 lorsque, sous les couleurs de l’Africa Sport d’Abidjan, il remporte la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de coupe face au Club Africain de Tunis. Auteur d’une grande performance en finale, il tape dans l’œil des dirigeants de l’éternel rival du Club Africain, l’Espérance de Tunis. Il y dépose ses bagages dans la foulée et devient très vite le successeur désigné du légendaire Chokri El Ouaer, monument du Club Africain et de tout le football tunisien. Avant de s’affirmer comme l’un des meilleurs gardiens du continent, Jean Jacques Tizié, s’est essayé comme joueur de champ, puis gardien de handball. De cette expérience, le dernier rempart ivoirien a acquis les appuis et les réflexes qui rassurent ses coéquipiers et impressionnent ses adversaires. Il dégage une forte présence sur sa ligne de but, ce qui en fait une sorte d’assurance tout risque pour ses entraîneurs et défenseurs, tant en club qu’en sélection. Excellent dans les face-à-face avec les attaquants, il impressionne également par ses réflexes sur sa ligne grâce auxquels il a maintes fois sauvé ses équipes. Mais c’est surtout sa sagesse et son calme qui en font l’un des leaders des Eléphants. «Pour nous, c’est le Pasteur, en raison de la sérénité qu’il dégage sur sa ligne », explique Alain Gouaméné, préparateur des gardiens de la sélection ivoirienne, dont Tizié fût la doublure. «Voilà pourquoi il a la confiance de tout le monde». Toutefois, même à 35 ans, Tizié veut encore travailler pour combler ses quelques lacunes dans le jeu au pied, la relance et les sorties aériennes. «Il a beaucoup progressé dans les prises de balle, confirme Gouaméné. Son défaut reste, comme la plupart des gardiens africains, les sorties aériennes. Je peux toutefois vous rassurez que ce n’est pas le pire parmi eux…», Conclut-il avec un sourire. La preuve, il a déjà contribué à la qualification de sa sélection pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations.Henri Michel, l’entraîneur français des Eléphants ne s’y trompe pas et sait ce que son équipe doit à son gardien. «On connaît tous son importance dans l’équipe. On s’en est notamment rendu compte lors de notre match contre le Cameroun lors des éliminatoires ». Une contre-performance de Tizié avait coûté la victoire aux Ivoiriens, qui pensaient même avoir laissé échapper la qualification pour la Coupe du Monde 2006. Le souci principal d’Henri Michel est d’éviter une « Tiziédépendance ». «On est au tournant de la carrière de Tizié, on prépare des jeunes pour sa succession mais vous savez en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire, on n’a pas toujours de bons gardiens.». «Le pasteur» dont les blessures l’ont trop souvent contraint à déclarer forfait lors des grands rendez-vous, prie pour ne pas connaître de mésaventure lors du quart de finale contre le Cameroun. Aujourd’hui, toute la Côte d’Ivoire espère donc que la sortie sur blessure du Pasteur lors du dernier match face à l’Egypte n’était pas porteuse d’un mauvais présage…

 

CANCAN
Et si la RD Congo refusait son quart ?

La menace paraît surréaliste et pourtant... Excédés de n'avoir toujours pas obtenu gain de cause auprès des dirigeants de leur Fédération au sujet du versement de leurs primes, les joueurs congolais de Claude Le Roy menacent, si, d'ici là, rien n'est fait, de ne pas disputer leur quart de finale de la CAN face à l'Egypte.

Nouveau scandale à la CAF
Des rumeurs circulent avec insistance sur les dessous de l’élection à la vice-présidence de la FIFA de l’ivoirien Anouna Jacques lors de l’assemblée générale de la CAF au Caire. L’Ivoirien qui est le directeur financier du président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo aurait versé 4000 dollars aux délégations qui ont voté pour lui. Si cela s’avère exact, Anouna Jacques qui a obtenu 39 voix aurait versé la somme de 166 000 dollars.

La 6e pour Tana
Elijah Tana, capitaine de la sélection zambienne disputait en Egypte sa sixième CAN. Sa première apparition dans la compétition remonte à 1994, en Tunisie. Il a ensuite défendu les couleurs des «Chipolopolo Boys» en 1996 en Afrique du Sud, en 1998 au Burkina Faso, en 2000 au Ghana- Nigeria, en 2002 au Mali. Au total, il a pris part à 23 rencontres (le 23e match du défenseur de bientôt 31 ans était contre l’Afrique du Sud, victoire 1- 0). Elijah Tana évolue au club angolais de Petro Atletico. Il porte le brassard de capitaine de la sélection zambienne depuis deux ans. «Cela fait deux ans qu’il joue très bien», dit de lui l’entraîneur des Chipolopolo Boys, Kalusha Bwalya. Agé de bientôt 31 ans, Elijah Tana va sans doute continuer. C’est en tout cas le vœu du sélectionneur national.

La dernière pour Okocha et Chippo
La présente édition égyptienne sera la dernière pour de nombreux footballeurs africains. Après Nourredine Naybet, le capitaine des Lions de l’Atlas, c’est au tour de son équipier Youssef Chippo d’annoncer sa retraite internationale au lendemain de cette 25e CAN. Le Marocain qui évolue cette année au sein du club Al- Waqra du Qatar est imité par la star des Super Eagles, Augustine Jay-Jay Okocha, qui pourrait faire son entrée à cette CAN à l’occasion des quarts de finale prévus vendredi et samedi.

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