La Guinée a réussi ce que personne n'aurait pu prédire avant le premier tour, en terminant première du groupe C, devant la Tunisie, devenant l'attraction à suivre de la Coupe d'Afrique des nations de football, tandis que l'Afrique du Sud et la Zambie sont éliminées.
L'élève n'est plus très loin du maître. Le sélectionneur de la Guinée,
Patrice Neveu, qui a passé ses diplômes d'entraîneur sous la supervision de
Roger Lemerre, n'y pensait peut-être même pas. Et pourtant, les Guinéens,
présentés comme des outsiders à suivre éventuellement, en battant une
Tunisie certes remodelée pour l'occasion (3- 0) lors de la dernière journée,
se sont offert la palme des surprises. Avec trois victoires en trois
matches, la Guinée peut espérer continuer à surprendre, et envisager une
place en demi-finale. "On était outsider en venant, nous restons outsiders",
a tenu à tempérer Patrice Neveu. Cette place de premier n'est cependant pas
anodine, car outre le message envoyé, elle complique quelque peu la tâche
des tenants du titre, qui ont, malgré ce match, fait forte impression face à
la Zambie et à l'Afrique du Sud. "Je veux rester à Alexandrie pour les
quarts. Les changements sont déstatbilisants", avait affirmé Roger Lemerre
avant la rencontre. Eh bien, ses joueurs devront s'y faire, car les
Tunisiens devront être obligés de s'exiler pour leurs quarts de finale. Les
adversaires des deux qualifiés ne sont pas encore connus, car rien n'est
encore fait dans le groupe D, même si le Nigeria, premier avant le dernière
journée, est en bonne place pour finir en tête. "C'est un échec et j'en suis
le principal responsable, mais maintenant, au niveau du bilan, nous n'avons
rien perdu ni rien gagné, nous sommes en quarts de finale", a estimé Roger
Lemerre. Les Bafana Bafana quittent, eux, la compétition sans gloire, sans
but, et sans rien qui ne puisse laisser penser que son renouveau naîtra de
l'ossature actuelle. Complètement transparents lors de ce premier tour, le
chantier de la reconstruction s'annonce chargé pour préparer le Mondial-
2010 en Afrique du Sud, et devrait se faire sans le coach roumain actuel
Dumitru. Le constat est beaucoup moins catastrophique pour la Zambie qui se
trouve au final assez mal payée par rapport à ce qu'elle a pu montrer. Les
Chipolopolo doivent désormais apprendre à garder un résultat, ce qu'ils
n'ont réussi à faire que face à l'Afrique du Sud. "Nous méritions mieux dans
cette compétition, nous n'avons pas été chanceux, mais j'ai vu bon nombre de
ces joueurs qui participeront à la prochaine CAN", a estimé le sélectionneur
zambien Kalusha Bwalya.
Des comptes à régler
Entre heureux et malheureux, futurs heureux et prochains malheureux, il
est difficile de ne pas être attentif à tous les échos négatifs qui nous
parviennent ici au Caire. C’est étrange comme le bonheur semble fuir même
les rescapés du premier tour. Jugezen plutôt. Les Congolais exigent le
versement de leur prime de qualification pour le deuxième tour d’un montant
de 15 000 dollars sinon ils ne joueront pas leur quart de finale contre
l’Egypte. Les joueurs ont le soutien de leur entraîneur, Claude Le Roy, et
de tout l’encadrement technique dont les arriérés de salaire se compteraient
non pas en mois, mais en années. La récurrence de ces histoires de primes et
de salaires non payés deviendraitelle une marque de fabrique du football
africain ? Pas une CAN sans que plusieurs équipes engagent un bras de fer
avec leurs dirigeants pour promesses non tenues. En dernier recours, c’est
toujours le chef de l’Etat en personne qui est obligé de débloquer la
situation. Incroyable, mais vrai. «Démission !», scande la presse marocaine
au lendemain d’une campagne égyptienne totalement anonyme. Personne ne s’est
aperçu que l’équipe finaliste de la dernière édition était présente dans la
compétition cette année. Les Lions de l’Atlas n’ont pas inscrit le moindre
but en trois sorties. La presse ne s’en prend ni à l’entraîneur, ni aux
joueurs, mais aux dirigeants de la fédération pour la gestion catastrophique
du onze national. «Qu’avez-vous fait de notre équipe nationale ? », titre Al
Bayane en réclamant des excuses aux patrons du football. La polémique gonfle
chez les supporters des Eléphants qui ont très mal accepté la défaite de
leur équipe face au pays organisateur. On sent même une grande tension. En
ligne de mire l’entraîneur Henri Michel et ses adjoints et collaborateurs
“tous Français”. Le ménage tiendra-t-il jusqu’en Allemagne ? A écouter ces
supporteurs, la réponse est définitivement non. Peut-être sont-ils un peu
inquiets d’affronter une troisième fois en quelques mois l’«indomptable»
Cameroun ? Si l’équipe avait terminé première de son groupe, elle aurait
rencontré la RD Congo en quart de finale. Les discussions sont vives. Elles
font partie du football. Le Togo réfléchit. Il semble que le sort de Stephen
Keshi soit définitivement scellé après la prestation catastrophique des
Eperviers au Caire. Trois matches et autant de défaites, sept buts
encaissés. Les sirènes d’alarme retentissent de toutes parts. La situation
apparaît critique. Entre parenthèses, plusieurs entraîneurs ont déjà fait
des offres de service. Exemple de confraternité. Pendant ce temps, le
Cameroun vaque à ses occupations nationales. Dimanche dernier, le
championnat a redémarré alors que tout le pays a la tête à la CAN. Pauvres
joueurs locaux condamnés à évoluer dans l’anonymat et l’indifférence
générale. Entre trop de bruits et pas de bruit du tout, il doit bien se
trouver un juste milieu. Chacun devrait finir par y trouver son compte.
COTE-D'IVOIRE
Les Eléphants victimes de la “Tizié - Dépendance”
Depuis le début du tournoi égyptien, les Eléphants de Côte d’ivoire
doivent une fière chandelle à leur dernier rempart. Décisif lors des deux
premiers matches, le gardien de l’Espérance de Tunis vit sa première Coupe
d’Afrique des Nations en véritable commandeur.
En s’appuyant sur ses performances et son expérience, la défense
ivoirienne trouve ses marques, puise son énergie et garde sa sérénité. Avant
de vivre les joies et angoisses d’un titulaire, Jean-Jacques Tizié a dû user
ses gants sur le banc de touche de la Séléphanto. Déjà parmi les 23
Ivoiriens en 2000 au Ghana, puis en 2002 au Mali, il n’est encore que numéro
trois, en apprentissage derrière Alain Gouaméné, devenu son entraîneur en
sélection, et Losseni Konaté, alors portier de l’Asec d’Abidjan. De ses
débuts au Stade d’Abidjan à ses exploits avec l’Africa Sport, en passant par
le Lazer FC, éphémère club de première division ivoirienne, Tizié aura
bourlingué, connu des hauts et des bas. Mais il se sera forgé un mental de
gagneur, une peau de leader et un grade de commandeur des défenses. Il sort
de l’anonymat en 1999 lorsque, sous les couleurs de l’Africa Sport
d’Abidjan, il remporte la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de coupe face au
Club Africain de Tunis. Auteur d’une grande performance en finale, il tape
dans l’œil des dirigeants de l’éternel rival du Club Africain, l’Espérance
de Tunis. Il y dépose ses bagages dans la foulée et devient très vite le
successeur désigné du légendaire Chokri El Ouaer, monument du Club Africain
et de tout le football tunisien. Avant de s’affirmer comme l’un des
meilleurs gardiens du continent, Jean Jacques Tizié, s’est essayé comme
joueur de champ, puis gardien de handball. De cette expérience, le dernier
rempart ivoirien a acquis les appuis et les réflexes qui rassurent ses
coéquipiers et impressionnent ses adversaires. Il dégage une forte présence
sur sa ligne de but, ce qui en fait une sorte d’assurance tout risque pour
ses entraîneurs et défenseurs, tant en club qu’en sélection. Excellent dans
les face-à-face avec les attaquants, il impressionne également par ses
réflexes sur sa ligne grâce auxquels il a maintes fois sauvé ses équipes.
Mais c’est surtout sa sagesse et son calme qui en font l’un des leaders des
Eléphants. «Pour nous, c’est le Pasteur, en raison de la sérénité qu’il
dégage sur sa ligne », explique Alain Gouaméné, préparateur des gardiens de
la sélection ivoirienne, dont Tizié fût la doublure. «Voilà pourquoi il a la
confiance de tout le monde». Toutefois, même à 35 ans, Tizié veut encore
travailler pour combler ses quelques lacunes dans le jeu au pied, la relance
et les sorties aériennes. «Il a beaucoup progressé dans les prises de balle,
confirme Gouaméné. Son défaut reste, comme la plupart des gardiens
africains, les sorties aériennes. Je peux toutefois vous rassurez que ce
n’est pas le pire parmi eux…», Conclut-il avec un sourire. La preuve, il a
déjà contribué à la qualification de sa sélection pour les quarts de finale
de la Coupe d’Afrique des Nations.Henri Michel, l’entraîneur français des
Eléphants ne s’y trompe pas et sait ce que son équipe doit à son gardien.
«On connaît tous son importance dans l’équipe. On s’en est notamment rendu
compte lors de notre match contre le Cameroun lors des éliminatoires ». Une
contre-performance de Tizié avait coûté la victoire aux Ivoiriens, qui
pensaient même avoir laissé échapper la qualification pour la Coupe du Monde
2006. Le souci principal d’Henri Michel est d’éviter une « Tiziédépendance
». «On est au tournant de la carrière de Tizié, on prépare des jeunes pour
sa succession mais vous savez en Afrique et particulièrement en Côte
d’Ivoire, on n’a pas toujours de bons gardiens.». «Le pasteur» dont les
blessures l’ont trop souvent contraint à déclarer forfait lors des grands
rendez-vous, prie pour ne pas connaître de mésaventure lors du quart de
finale contre le Cameroun. Aujourd’hui, toute la Côte d’Ivoire espère donc
que la sortie sur blessure du Pasteur lors du dernier match face à l’Egypte
n’était pas porteuse d’un mauvais présage…
CANCAN
Et si la RD Congo refusait son quart ?
La menace paraît surréaliste et pourtant... Excédés de n'avoir toujours
pas obtenu gain de cause auprès des dirigeants de leur Fédération au sujet
du versement de leurs primes, les joueurs congolais de Claude Le Roy
menacent, si, d'ici là, rien n'est fait, de ne pas disputer leur quart de
finale de la CAN face à l'Egypte.
Nouveau scandale à la CAF
Des rumeurs circulent avec insistance sur les dessous de l’élection à la
vice-présidence de la FIFA de l’ivoirien Anouna Jacques lors de l’assemblée
générale de la CAF au Caire. L’Ivoirien qui est le directeur financier du
président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo aurait versé 4000 dollars aux
délégations qui ont voté pour lui. Si cela s’avère exact, Anouna Jacques qui
a obtenu 39 voix aurait versé la somme de 166 000 dollars.
La 6e pour Tana
Elijah Tana, capitaine de la sélection zambienne disputait en Egypte sa
sixième CAN. Sa première apparition dans la compétition remonte à 1994, en
Tunisie. Il a ensuite défendu les couleurs des «Chipolopolo Boys» en 1996 en
Afrique du Sud, en 1998 au Burkina Faso, en 2000 au Ghana- Nigeria, en 2002
au Mali. Au total, il a pris part à 23 rencontres (le 23e match du défenseur
de bientôt 31 ans était contre l’Afrique du Sud, victoire 1- 0). Elijah Tana
évolue au club angolais de Petro Atletico. Il porte le brassard de capitaine
de la sélection zambienne depuis deux ans. «Cela fait deux ans qu’il joue
très bien», dit de lui l’entraîneur des Chipolopolo Boys, Kalusha
Bwalya.
Agé de bientôt 31 ans, Elijah Tana va sans doute continuer. C’est en tout
cas le vœu du sélectionneur national.
La dernière pour Okocha et Chippo
La présente édition égyptienne sera la dernière pour de nombreux
footballeurs africains. Après Nourredine Naybet, le capitaine des Lions de
l’Atlas, c’est au tour de son équipier Youssef Chippo d’annoncer sa retraite
internationale au lendemain de cette 25e CAN. Le Marocain qui évolue cette
année au sein du club Al- Waqra du Qatar est imité par la star des Super
Eagles, Augustine Jay-Jay Okocha, qui pourrait faire son entrée à cette CAN
à l’occasion des quarts de finale prévus vendredi et samedi.
Nombre de lectures : 1114
|