
Régions Ouest : TLEMCEN/MALADES MENTAUX, SDF L’errance hivernale
A partir du 19 h, la ville de Tlemcen est plongée dans une obscurité et un silence jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Le centre-ville, notamment l’ex-place d’Alger retrouve sa communauté nocturne. SDF, malades mentaux et quelques chiens errants, qui pendant tout l’hiver peupleront cet univers réservé aux damnés. Depuis la mi-décembre, le thermomètre perd du relief et les nuits sont glaciales et longues pour ceux qui n’ont comme gîte qu’un ciel sombre où ne brille pas la moindre étoile. Les malades mentaux sont de plus en plus nombreux, et malheureusement, ils font presque partie de ce décor naturel. L’indifférence des uns et des autres a pris le pas sur ce noble sentiment humain d’antan, la rahma reste bien limitée, elle n’existe que dans les cœurs des pauvres gens qui ne peuvent rien faire pour ces malheureux. Nous rappelons la triste histoire qui a bouleversé Tlemcen il y a quelques années. Au lendemain d’une nuit où la neige a recouvert de son épais manteau tout le centre-ville, on a découvert au petit matin les corps inanimés de cinq personnes qui n’ont pas résisté au froid. Ce drame est encore vivant dans la mémoire des gens, mais il semble que personne ne s’en soucie vraiment dans ce pays. N’a-t-on pas vu en France, le Premier ministre en personne donner des instructions fermes pour venir en aide à cette frange de la population que certains désignent par le vocable bien triste de clochards. Nous rappelons à l’occasion, que cette situation a été évoquée par le wali de Tlemcen, qui dès son arrivée, n’a pu s’empêcher de faire des remarques, mais aussi, de prendre des initiatives pour la construction d’asiles psychiatriques, de centres d’accueil, aussi un CHU aurait pu régler définitivement le problème de cette misère humaine. Cependant, ces projets ne sont pas prêts à voir le jour, car, il faut le dire, et le répéter à haut niveau, au ministère de la Santé, les responsables ne partagent pas la même vision de la réalité sur le terrain. Au fait, l’Algérie, profonde c’est quoi pour ces messieurs ? On se demande, où est passée la société civile, qui d’habitude est prompte à investir la rue pour si peu de choses. A nos sénateurs et à nos députés, nous leur proposons un simple voyage au cœur de la nuit dans cette ville de Tlemcen devenue une véritable poubelle pour les épaves humaines. En posant la question au wali de Tlemcen sur ce problème, ce dernier nous présenta tout un dossier avec photos à l’appui (des documents qui font froid dans le dos) pour convaincre les décideurs sur ce qu’il fallait faire à Tlemcen. En un mot, Tlemcen est une wilaya de sinistrés au sens propre du terme comme au figuré. Il est temps de secouer les consciences et d’accepter la réalité, Tlemcen que certains présentent comme une régence du pouvoir, est en réalité un “sultanat” d’opportunistes dont le patriotisme se mesure en privilèges et autres commodités. La capitale des Zianides affiche plusieurs décennies de retard. La question qui se pose aujourd’hui, à défaut d’une véritable société civile représentative, est un appel qui est lancé à toutes les âmes charitables, aux intellectuels : réagir pour le salut d’une wilaya qui ne reconnaît plus sa population d’hier. M. Zenasni
|