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Régions Est : TAMANRASSET
Une wilaya stratégique avec ses préoccupations


Rien que le fait d’évoquer Tamanrasset, moult pensées refont surface où tous les verbes signifiant la misère, le besoin et le dénuement sont conjugués à deux modes : le passé et le présent. Quant au futur, il sera radieux, avance-t-on, sur le papier reprenant les discours des politiques, s’entend. Des promesses, en somme, comme celles faites déjà auparavant.
En attendant, la patience est la meilleure vertu de toutes… les vertus, diton. Tamanrasset ? Une wilaya située au sud-est d’Alger, distante de 2 000 km et se trouvant à 1 400 m d’altitude. Stratégique, Tamanrasset l’est. Peuplée de plus de 152 000 âmes, qui y vivent petitement, et de 10 communes : Abalessa, Foggaret Ezzaouïa, Idlès, In- Amguel, In-Ghar, In-Guezzam, In-Salah, Tamanrasset, Tazrouk, Tin-Zaouatine, l’une plus vaste que l’autre. Son étendue, plus grande que tout le territoire français, et sa position géostratégique font d’elle un carrefour que d’aucuns peuvent contourner dans la région. Lieu de rencontre des populations nomades en provenance du Tassili, du Niger, du Mali ou de la Libye, “Tam” constituait, constitue, toujours, un passage forcé pour les passionnés du désert. Pour la distinguer, il faut bien contempler son impressionnant décor fait essentiellement et naturellement de sable et de pierres. Ses habitants sont principalement des Touareg. Chaque année les tribus touarègue (sud algérien et libyen, Niger et nord du Mali) s’y rassemblent pour une grande fête. Avant, la principale attraction offerte au milliers de personnes qui s’y retrouvent était la course de chameaux : “Les meilleurs méharistes de chaque clan y concouraient.” Présentement, après voir évolué, au fil du temps, cette fête est baptisée, puisque modernisée, “le Tafsit”, traduit au français on obtient : “fête du printemps”. En quelque sorte, c’est l’équivalent, ailleurs, aux fêtes de Paques. En plus de son caractère cyclique, c’est durant le mois d’avril que cette cérémonie s’y déroule où tous les échanges culturels, commerciaux et sportifs sont permis. Ce dernier volet s’exprime, toujours à travers une course de chameaux. Parce que fort significatif pour les autochtones, ils s’y préparent une année durant… Diminuée des richesses pétrolières, “Tam” possède, par contre, d’autres richesses minières non encore exploitées, voire non encore explorées. Ce n’est pas pour autant que ses administrés y vivent décemment. Longtemps bernés, ils décidèrent un certain 9 juillet 2005 de se faire entendre. Non reçus par le wali d’alors, absent, ils (des jeunes) optèrent pour la manifestation de rue. Une émeute “entretenue” plus de trois jours. Bilan : “une bonne partie du siège de l'Assemblée populaire de wilaya (APW) a été incendiée ainsi que les sièges des directions des moudjahidine, de la jeunesse et des sports, du commerce et du transport. Le même sort a touché le siège de la Sonarem (direction des mines) et le bureau de main-d'œuvre”, annonçait-on. Plus tard, le 19 juillet 2005, 57 personnes sont poursuivies par la justice pour les chefs d’inculpation de destruction de biens publics et privés. Suite à cela, des sentences allant d’une année de prison avec sursis à trois ans de prison ferme assorties d’amendes ont été retenues à l’encontre des manifestants. Et 11 mineurs furent relâchés. “L'absence du wali, parti en congé, l'attitude d'un élu de l'APW et la réaction des services de sécurité auraient provoqué la colère des manifestants”, disait-on. Le mépris, en somme… En guise de signal, le pouvoir central exercé et exprimé par le président de la République, nomme un nouveau wali, le 12 août de la même année ; c'est-à-dire presque un mois après l’émeute. Une émeute semblable, en fait, à celles exprimées un peu partout sur le territoire national, avec la même rage. Et partout, c’était pareil : le chômage et la malvie faisaient parler brutalement ceux qui étaient jusque-là dociles, muets. Pour Tamanrasset, c’est à Boubekeur Abderrahmane, natif de Tizi-Ouzou, un Kabyle, et diplômé de l’ENA, précédemment et successivement wali délégué de la “CA” de Sidi M’hamed, inspecteur général à la wilaya d’Alger, wali délégué à Baraki et ce, après avoir occupé dans diverses daïras la fonction de chef, qu’échoit la wilaya pour la gérer en tant que wali. C’est à lui que revient la lourde mission de faire revenir les jeunes protestataires, d’il y a environ une année, à de meilleurs sentiments. Nullement avec des attendrissements, mais avec du concret et il le sait que trop bien pour avoir commencé, dès son installation, par la réunion du mouvement associatif, de jeunes précisément. Maintenant qu’un plan spécial au profit du Sud a été conçu, il ne reste aux autorités qu’à matérialiser les promesses, celles faites “dans le sang et dans le feu”. Pour ces jeunes, les quelques infrastructures sportives existantes ne suffisent plus (1 OPW, 1 stade, 1 salle OMS, 1 bassin d’initiation, 24 TSP et 1 salle spécialisée), il en faut d’autres. Tellement insuffisantes que seulement 3 445, dont 619 filles, pratiquent le sport. Une pratique qui a été financée à raison de 17 550 000 DA en… trois ans ! Dérisoire, tel est le vrai qualificatif. Le MJS compte inscrire un centre de formation pour le basket et l’athlétisme, en attendant d’autres secteurs qui gagneraient beaucoup à y investir. Toutefois, une place prépondérante, avec des placements conséquents, doit revenir au tourisme dans la politique gouvernementale, en sus de la création de bases industrielles et économiques. Ce faisant, Tamanrasset regagnera… la civilisation, notre époque. Un défi, au total. A-t-on, la capacité et l’ingéniosité pour le relever ?
Salim Inès

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