L’exposition de tableaux intitulée “Black et partisans” de l’artiste peintre Mustapha Boutadjine orne, depuis plus d’une semaine, le hall de la Bibliothèque nationale algérienne (BNA). Lorsqu’on traverse ce hall où sont exposés plus d’une quarantaine de portraits, on a l’impression de s’élever, de prendre de la hauteur vers le panthéon des grands. Entouré par ces visages d’éminentes personnalités noires du monde et autres personnalités algériennes de l’histoire, on est un invité privilégié, pas seulement un spectateur mais un interlocuteur à part entière. On ne parcourt pas les tableaux de Mustapha Boutadjine, on les rencontre, l’un après l’autre. On se voit dans ces hommes qui aspirent à la liberté, à la fierté, à l’exploit, à la créativité… à l’homme. Ils sont, tantôt, chanteurs ou sportifs, tantôt, hommes de lettre ou défenseurs des causes nobles, ils ont tous marqué l’histoire avec leurs mots ou avec leurs poings. A tous cela, Mustapha Boutadjine rend hommage dans un travail artistique unique et impressionnant, il les fait revivre avec des petits bouts de papier découpés dans des magazines et collés sur la toile. Mis les uns à côté des autres, par centaines, par millier, ces bouts de papier redessinent les contours des visages et dévoilent des portraits d’hommes aussi vrais que leur nature intérieure. Cette représentation en mosaïque, d’une complexité admirable, semble faire ressortir plus aisément les détails de la personnalité, souvent abstraits et quelquefois négligés dans les peintures et les croquis. Plus de quarante tableaux sont exposés, quelques-uns ne sont pas authentiques et sont représentés par des copies, les originaux ayant été vendus, l’artiste n’a pu les apporter pour cette exposition. Quarante tableaux dont un particulièrement mis en avant, choisi pour être dans l’affiche de l’exposition, en l’occurrence, celui de Ali la Pointe, à son tour aux côtés d’autres martyrs comme Djamila Bouhired. Dahmane El Harrachi est lui aussi représenté avec son banjo, il est face à d’autres chanteuses noires africaines ou américaines telles Myriam Makeba, Cesaria Evora ou encore Tracy Chapman. Et parmi les militants des causes justes, on retrouve Malcom X, Martin Luther King ou encore Patrice Lumumba, pas loin de Frantz Fanon, Nelson Mandela et Steve Biko. Brandissant le poing, Mohamed Ali, dans une très belle posture, Pelé dans les airs et Tommie Smith sur le podium. Tous ces portraits et d’autres encore sont à découvrir jusqu’au 10 de ce mois. Le travail minutieux et esthétique de Mustapha Boutadjine mérite le détour, les personnes que le peintre représente le méritent encore plus. Seul regret dans cette exposition est que le Noir algérien on le découvre à travers un tableau représentant un Gnawi anonyme. Yacine Hirèche
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