La revanche des qualifications pour le Mondial- 2006 entre la Côte-d'Ivoire et le Cameroun, ainsi que le choc entre le Nigeria et la Tunisie seront les affiches des quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations de football, qui se dérouleront demain, vendredi, et samedi.
Le Sily face aux miraculés de la Teranga
Le "derby" de l'Afrique francophone promet d'être chaud entre deux pays
rivaux. Une fois n'est pas coutume ces dernières années, c'est la Guinée qui
partira favorite. Evoluant "à domicile", à Alexandrie qui l'a adoptée, le
vainqueur du groupe C accueille un Sénégal qui est entré en quarts grâce à
un miracle mathématique : deux défaites contre une victoire. Non seulement,
les Guinéens ont eu une journée de plus de récupération mais, en plus, le
sélectionneur Patrice Neveu avait fait tourner son effectif lors du dernier
match contre le Nigeria (défaite 2-1). "Ça se joue sur un match et dans ces
cas-là, tout peut arriver. On n'est plus dans la même compétition, tempère
Patrice Neveu, pour calmer les ardeurs des supporteurs guinéens. "
Règle pharaonique
Les Pharaons sont remontés à bloc, alors que la RD Congo est à plat,
minée par les suspensions. Côté égyptien, Mido est incertain après sa
blessure de début de match contre la Côte d'Ivoire, mais les Pharaons
semblent se débrouiller mieux sans lui... Attention au complexe de
supériorité : la presse égyptienne voit déjà son équipe en demi, voire en
finale. La RD Congo a surpris au premier tour, elle peut surprendre à
nouveau, même si on est enclin à un certain pessimisme. "Cela va être très
dur d'organiser un système défensif avec les absents", précise le
sélectionneur congolais Claude Le Roy, qui sera également privé de son
milieu Mputu. "Quant aux primes, elles n'ont pas encore été payées, mais les
joueurs disputeront le quart de finale".
Combat d’Eagles
On attendait ce match en demi-finale, il arrive en quarts, la Tunisie
s'étant fait surprendre par la Guinée. Les Nigérians, qui ont gagné leur
trois matches, sont pourtant loin de partir favoris : ils n'ont pas
franchement convaincus malgré leur bilan statistique. La Tunisie, tenante du
titre, qui avait fait tourner son effectif contre la Guinée, s'est, quant à
elle, montrée brillante quand elle joue avec ses titulaires. "Plus que
jamais, nous défendons notre titre", souligne Roger Lemerre. Ce sera aussi
le duel entre Santos, quatre buts en 180 minutes contre Obafemi Martins,
deux buts lors du dernier match.
Eto’o - Drogba, la revanche
Eto'o (5 buts) contre Drogba (2 buts), la revanche des qualifications pour
le Mondial, Henri Michel face à une équipe qu'il a déjà entraînée... Ce sera
chaud entre les deux équipes. Les Lions indomptables ont battu deux fois les
Eléphants lors du parcours de qualification, mais ce sont bien les Eléphants
qui iront en Allemagne. Les deux équipes sont reposées après s'être
qualifiées dès le deuxième match de poules. Tout est donc prêt pour un
festival qui risque d'être tendu.
PROGRAMME
Demain
A Alexandrie (14h) : Guinée -
Sénégal
Au stade International du
Caire (18h) : Egypte - RD
Congo
Samedi
A Port-Saïd (14h) : Nigeria -
Tunisie
Au Military Stadium du Caire
(18h) : Cameroun - Côted'Ivoire
Les tops et les flops
Le premier tour de la Coupe d'Afrique des nations de football (du 20
janvier au 10 février en Egypte) a livré son verdict avec un Cameroun
étincelant, une révélation, la Guinée, et des "mondialistes" - Togo, Ghana,
Angola - à la peine. Voici les tops et les flops de la phase de poules :
LES TOPS
Cameroun : 1er de son groupe avec trois victoires en trois matches, un
seul but encaissé — qui plus est sur un penalty — et une impression de
puissance : le Cameroun est "LE" favori de la CAN. Son attaquant Eto'o a
inscrit cinq buts (un triplé et un but dans chaque autre rencontre). Artur
Jorge, le sélectionneur, avait en outre mis au repos de nombreux titulaires
pour le dernier match contre la RD Congo (2-0). Particulièrement motivés
après leur échec lors des qualifications pour le Mondial-2006, les Lions
indomptables seront difficiles à dompter.
Egypte : En crise avant la CAN, l'Egypte renaît. Défaits en amical
contre l'Afrique du Sud, en proie à des différends internes, les Pharaons,
soutenus par un public inconditionnel, ont impressionné, surtout lors de
leur dernier match contre la Côte-d'Ivoire (3-1). Sans sa vedette Mido,
sorti blessé, l'Egypte a paru meilleure et beaucoup plus créative.
L'attaquant de Premiership, adulé par les fans, et qui voulait briller chez
lui, pourrait bien avoir perdu sa place au profit d'un collectif qui a su
gagner le match phare contre les Ivoiriens.
Guinée et RD Congo : Leur cote chez les bookmakers était mince avant la
compétition. Pourtant les deux pays sont en quarts de finale. La Guinée,
avec trois succès — dont une avec son "équipe A'" contre la "Tunisie B" —,
termine première de son groupe. En pratiquant un jeu attrayant, elle a
enchanté les spectateurs d'Alexandrie, désormais devenus ses principaux
supporteurs. La RD Congo a, elle, surtout séduit lors de son premier match
contre le Togo (2-0), faisant ensuite montre d'une grande combativité, même
si celle-ci fut ternie par deux exclusions. Mais la bande à Claude Le Roy
est sortie du groupe où figuraient le Cameroun et deux pays qualifiés pour
le Mondial, l'Angola et le Togo.
Nigeria : Les Nigérians n'ont pas forcément séduit par leur jeu
offensif, mais leur bilan est sans bavure avec trois victoires et un seul
but encaissé. Les Super Eagles terminent premiers du groupe le plus
équilibré avec un Martins qui s'est réveillé lors du troisième match (doublé
contre le Sénégal).
Tunisie : Certes, les Tunisiens ont perdu un match 3-0 contre la Guinée,
mais ils étaient déjà qualifiés. Au cours des deux autres rencontres, la
Tunisie est apparue comme une machine bien huilée et le tenant du titre,
avec son attaquant Santos, mis au repos contre la Guinée, peut prétendre se
succéder à lui-même.
LES FLOPS
Togo : C'est l'histoire d'une débandade : trois matches et trois
défaites, une crise interne avec l'affaire Adebayor, ainsi qu'un entraîneur,
Stephen Keshi, sur la sellette. Le Togo a été l'équipe la plus décevante du
tournoi. Le Mondial s'annonce difficile pour les Eperviers.
Angola et Ghana : Les deux Mondialistes sont eux aussi éliminés. On
attendait bien mieux de leur part. Le Ghana, malgré une victoire face au
Sénégal (1-0), a déçu, gagné par la fébrilité lors de son dernier match
contre le Zimbabwe (2-1). Une défaite qui a coûté une place en quarts de
finale. Le Ghana était, il est vrai, privé de joueurs-clés, à commencer par
le milieu de Chelsea, Michael Essien, blessé. Pour l'Angola, la
non-qualification est un échec, mais avec une victoire et un nul ainsi
qu'une défaite face au Cameroun, il n'y a rien d'humiliant. Ce bilan est
même, par exemple, meilleur que celui du Sénégal, qualifié pour les quarts.
Il n'empêche que l'incapacité de l'Angola à sortir d'une phase de poules à
la CAN n'est pas bon signe avant le rendez-vous allemand.
Maroc : Comment rater une CAN ? La recette marocaine est infaillible
avec trois entraîneurs en moins de six mois et une équipe préparée à la
va-vite. Bilan : zéro but marqué, deux nuls et une défaite. Les Lions de
l'Atlas, qui comptent pourtant des joueurs de classe internationale,
retournent à la maison et les dirigeants de la Fédération devraient entendre
parler du pays.
Afrique du Sud : Déjà qualifiée pour le Mondial- 2010 en tant que pays
hôte, il n'y a pourtant rien de rassurant. Avec trois défaites, aucun but
marqué, une organisation déficiente sur le terrain, les Bafana Bafana ont
sali leur prestigieuse réputation de grand du continent. Il faut repartir à
zéro pour construire pour l'avenir.
Les mondialistes soufflent le chaud et le froid
De mauvais augure avant la Coupe du monde de football en Allemagne :
trois des cinq mondialistes africains, le Togo, l'Angola et le Ghana, ont
été éliminés au premier tour de la Coupe d'Afrique des nations, alors que
les deux autres, la Tunisie et la Côte-d'Ivoire, se sont qualifiés, mais
avec tout de même une défaite au compteur. "Le Mondial est encore loin",
tempère le sélectionneur serbe du Ghana, Ratomir Dujkovic. Certes. Mais, les
mondialistes se sont aussi montrés "loin" du niveau requis pour bien figurer
en Allemagne... "Je ne peux parler que de mon équipe. Je ne connais pas la
situation des deux autres", ajoute Dujkovic. Chaque cas est certes unique,
mais l'impression générale n'est pas bonne. Et une nouvelle fois on se
demande si le système de qualification n'est pas mal conçu, ou comment
diable le Cameroun et le Nigeria ont fait pour louper le coche. Le Togo
pouvait difficilement faire pire : il a perdu ses trois rencontres lors d'un
tournoi qui a fragilisé le groupe et le sélectionneur Stephen Keshi, dont
l'avenir ne tient qu'à un mince fil. Qualifié pour le Mondial devant le
Sénégal, le Togo a montré ses limites : sans faire injure aux autres
joueurs, tout repose sur Emmanuel Adebayor. Obligé d'être le meneurailier-
buteur de l'équipe, il n'était pas au mieux de sa forme (1,5 match joué),
mais surtout, il ne s'entend plus avec Keshi. Que Keshi parte ou non,
l'affaire laissera forcément des traces. Ses remplaçants éventuels devront,
en peu de temps et presque sans préparation, faire oublier que c'est Keshi
qui a qualifié le Togo, avant ensuite d'imposer leur propre système de jeu.
Le Ghana et l'Angola n'ont pas vraiment convaincu non plus, même si leur
bilan est un peu plus élogieux. Avec une victoire (contre le... Togo) et un
nul, l'Angola n'a échoué qu'à la différence de buts derrière la RD Congo et
termine avec quatre points, soit un de plus que le Sénégal qui s'est
qualifié dans le groupe D. Toutefois, s'ils ont un fond de jeu pas
inintéressant, les Angolais ont à la fois des problèmes défensifs et de
finition. "On fera mieux au Mondial, estime le coach Luis Gonçalves
Oliveira. On aura alors un mois pour se préparer au mieux. Je n'ai pas honte
de notre parcours, au contraire. On a manqué d'un peu de réussite." Le
Ghana, dont on attendait beaucoup plus après sa victoire contre le Sénégal,
s'est complètement loupé lors du dernier match. "En raison de la pression",
analyse Dujkovic. Mais si les Ghanéens n'arrivent pas à faire un nul contre
le Zimbabwe quand ils ont la pression, que feront-ils en Allemagne ? A sa
décharge, le Ghana a évolué sans Essien et Muntari pendant toute la
compétition, sans Kuffour, Amoah et Kingston lors du dernier match et avec
un Appiah sur une jambe. Comme si la France jouait sans Thuram, Henry,
Trezeguet, Vieira, Makelélé et avec Zidane sur un pied... "Je crois qu'on a
appris quelque chose et je ne pense pas que cela entame notre confiance", a
ajouté Dujkovic. Du côté des qualifiés pour les quarts de finale, la
Côted'Ivoire n'a pas forcément rassuré. Les Eléphants, qui ont mis au repos
certains joueurs-clés contre l'Egypte, ont souffert à chaque sortie, malgré
deux victoires, et se sont fait étriller par l'Egypte (3-1). Sont-ils
capables de battre le Cameroun, leur bête noire, en quarts ? En cas
d'élimination, ce sera une CAN ratée. En cas de victoire, une CAN réussie.
Pour la Tunisie, le constat est moins noir tant les Aigles de Carthage ont
paru souverains lors de leurs deux victoires. Ils ont ensuite perdu avec
l'équipe B contre la Guinée. "Cela apporte un éclairage. Certains joueurs
n'ont pas été à la hauteur", a reconnu Roger Lemerre. Les Tunisiens peuvent
encore aller loin, mais la profondeur de leur banc laisse à désirer. Ce qui
pourrait s'avérer un problème dans quelques mois en Allemagne.
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