Samedi 04 Février 2006
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GARE AUX LEURRES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Atteintes à la liberté d’expression dans les médias
danois. J’exprime ma solidarité avec les confrères et surtout
avec …

…les consœurs de ce pays”

Ne comptez surtout pas sur moi pour faire mumuse avec les histoires danoises. Je resterai pour ma part sur l’essentiel du vécu algérien du moment, un “essentiel” tellement énorme que je me demande si les dessins danois ne sont pas une bénédiction tombée du ciel pour ceux qui voulaient nous détourner de ce qui se passe chez nous : une guerre de succession sur fond de sécession au sein de l’alliance. D’abord une question qui aurait pu paraître incongrue il y a quelques jours, mais qui semble se poser d’elle-même tellement nous frisons le ridicule complet aujourd’hui : le président de la République est-il mort sans qu’on nous l’annonce ? Non ? Alors, affinons la question : le président de la République aurait-il été déclaré médicalement incapable de mener son mandat jusqu’au bout par un staff de médecins experts mandatés par la république comme le stipule la Constitution ? Non ? Alors, c’est quoi ces bruits de plus en plus forts, de plus en plus stridents de couteaux que l’on aiguise, que l’on passe et repasse sur la pierre pour les rendre plus tranchants, plus meurtriers ? Et bizarrement, ce sont ceux qui se plaisent à nous dire que Abdekka gère tout à partir de sa convalescence qui travaillent dans le même temps de la lame, nettoient et graissent leurs canons et lisent en face des glaces de leurs salles de bains de futurs discours d’investiture. En terre d’Islam (et je refuse encore une fois de me laisser détourner de l’essentiel par des dessins sans talent et dénués de tout humour, même au premier degré) je croyais sincèrement que l’on ne tirait pas sur un homme blessé, que l’on ne faisait pas don à la mosquée des affaires d’un vivant. Mais y a-t-il encore trace d’humanité religieuse chez des hommes qui mangeaient hier “berk” dans la paume du puissant, qui embrassaient ses babouches et qui, aujourd’hui, lorgnent avec des lueurs d’envie animale la bonne grosse Mercedes noire avec de jolis rideaux aux places arrière ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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