Si le nombre de participants à la convention France- Maghreb qui s’est tenue mercredi à Paris était nettement supérieur à celui de l’édition dernière, l’Algérie, cependant, a été peu présente à cette édition, même si le pays était représenté par M. Draïa, le chargé d’affaires économiques de l’ambassade. Cette rencontre de 2006 a été essentiellement marquée par un dynamisme sans pareil des opérateurs économiques marocains, venus en grand nombre. En guise de participation du secteur pétrolier algérien, dont une grande exposition était très fortement annoncée dans le programme distribué par les organisateurs, les visiteurs ont eu droit à un panneau unique de l’Enafor et qui plus est avec ce slogan : “Enafor a choisi SAP”, lorsque l’on sait que SAP est un système de solution informatique intégrée pour la gestion et les solutions business, ce slogan interpelle sur le type de cibles qu’Enafor a voulu toucher et sur le contenu de ce message. La réponse est probablement dans le fait que M. Louardi, Pdg de l’Enafor, devait recevoir au cours de cette 5ème convention le trophée “nouvelles technologies, pour la mise en place d’un système d’information à des standards internationaux”. Mais l’on ne saura jamais quels gains et quelle évolution managériale ont permis l’adoption par cette entreprise de la solution SAP, puisque son Pdg lauréat ne s’est pas présenté pour recevoir son prix. Autre lauréat algérien, M. Cherfaoui, Pdg du groupe Blanky, qui devait recevoir le trophée de “l’innovation commerciale, pour son rôle pionnier dans la grande distribution en Algérie”, et qui, lui aussi, était aux abonnés absents. Le troisième trophée pour les opérateurs algériens récompensait “le parcours du meilleur entrepreneur France-Maghreb”. Il a été décerné à Mme Nadjat Belbachir, Pdg de la Semap qui, elle, était bien présente pour recevoir son trophée. Dans une allocution de remerciements, cette femme chef d’entreprise a évoqué son parcours, depuis qu’elle a créé, à Oran, son entreprise de matériel scolaire. Pas à pas et d’une façon très pragmatique, devait-elle expliquer, son entreprise, qui a dû faire face à de nombreuses embûches, même si l’aide des pouvoirs publics a souvent été précieuse, a commencé à exporter en 1984 en Espagne, à Bahreïn, au Koweït et en Irak, dans le cadre du programme Onu, pétrole contre nourriture. “Nous avons appris à exporter dans le tas et c’est autrement plus difficile et plus rude pour une femme chef d’entreprise”, a dit Mme Belbachir qui a qualifié les échanges nés de la mondialisation “d’autoroute à sens unique Nord Sud”, poursuivant : “Là où il y a déséquilibre, il y a échec consacré.” Mme Belbachir a dédié son trophée à toutes les femmes qui luttent, notamment celles qui tentent de se faire une place dans la sphère économique. Et pour finir, la lauréate algérienne a lancé une invitation pressante à un véritable partenariat car “nous avons besoin de relais extérieur”, devait-elle conclure. Malgré la forte présence de visiteurs à cette 5ème convention, un essoufflement se fait sentir dans le déroulement et le contenu des conférences. Les organisateurs gagneraient peut-être à faire un bilan et à analyser le retour sur investissement. C’est probablement cette analyse que les sponsors et les partenaires, notamment algériens, qui apportaient une forte contribution à cette convention, ont faite et qui les a amenés à déserter les lieux cette année. K. B.-A.
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