
Régions Ouest : TLEMCEN El-Abed, la colère de la population
Situé sur le tracé frontalier, le village d’El-Abed a été il y a quelques jours le théâtre d’un événement qu’il l’a fait sortir de son anonymat. Suite à l’annulation de match de football, quelques jeunes ont manifesté à leur manière leur colère en se regroupant à la frontalière algéro-marocaine. Le choix de ce lieu n’est pas fortuit, mais la population d’El-Abed a voulu lancer un message fort aux élus, pour rappeler que El-Abed est un village peuplé par des Algériens qui ont le droit aussi de vivre dans la dignité et le respect à l’instar des autres communes qui ont bénéficié de beaucoup de choses. Il est vrai que le visiteur qui arrive pour la première fois dans cette localité reste pantois devant tant de misère. Le village d’El-Abed est à mille lieues de la civilisation, ni routes, ni infrastructures, un pâté de maisons qui ressemblent à ces refuges nichés aux pieds des falaises qui dominent à l’Ouest le royaume du Maroc. Les citoyens qu’on a rencontrés sur place, ont été surpris, par la présence de la presse, l’un d’eux, nous dira : “Il a fallu qu’on manifeste notre colère dans un endroit sensible pour qu’on s’intéresse à nous”. Rappelons pour la circonstance, que la chaîne satellitaire d’El-Djazira et la presse marocaine ont médiatisé cet événement. Chose curieuse, l’ENTV n’a pas daigné se déplacer sur les lieux pour permettre à la population de s’exprimer sur les commérages et certaines rumeurs d’une extrême gravité. Il faut dire aussi, qu’une certaine presse s’est contentée de polémiquer sur cet événement et d’oublier les véritables revendications de cette population qui revendique des droits légitimes “nous sommes des Algériens à part entière”, insiste un jeune de 23 ans qui refuse de s’expatrier. Revenons un moment sur l’aspect développement de cette localité ; que c’est-il passé pendant ces dernières années ? Où sont les fruits du fameux plan triennal ? Car, la situation actuelle de ce pueblo a de quoi faire rager les plus patients, la misère est partout, les regards sont tristes. Sur le plan de la santé, le centre sanitaire manque de tout, et aucun médecin n’assure la permanence en cas d’urgence surtout la nuit. Sinon, il faut se rendre à la daïra de Sid-El- Djillali, en empruntant une route déformée et en faisant appel à des clandestins qui coûtent chers. Le manque d’ambulance et d’une salle de maternité reste une urgence déjà signalée. A noter que pendant les périodes de vaccination, ces populations isolées sont souvent oubliées. Sur le plan scolaire, plus de 309 lycéens sont obligés de se rendre au chef-lieu de la daïra de Sid-El-Djillali dans des conditions lamentables. Le transport ne répond pas aux exigences et c’est souvent l’errance à travers ces routes souvent désertes. Ces conditions font que, certaines familles n’arrivent pas à scolariser leurs enfants, et ceux qui suivent une scolarité normale, n’affichent pas des résultats espérés. En matière d’habitation, tout reste à faire, et le mieux serait de créer un nouveau village qui répond aux conditions climatiques et à l’environnement de cette nature. Quant à l’emploi, il n’y a pas un seul jeune qui a pu s’insérer dans la vie active. Depuis la fermeture de la mine, El-Abed ressemble à un village fantôme. Il est temps de jeter un regard vers cette Algérie profonde, faut-il rappeler que dans la wilaya de Tlemcen, plus de 70% de la population habite la campagne. Le programme 2004-2009 est là, des enveloppes existent, l’exécutif affiche des ambitions louables, alors nous disons à nos braves élus de sortir des bras de Morphée et d’aller à l’encontre de ces populations qui attendent beaucoup. M. Zenasni
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