Actualités : ORAN
Manifestations avortées des lycéens


Suite à la vive protestation exprimée dans des pays musulmans ainsi qu’en Europe par la communauté musulmane contre les caricatures du Prophète jugées attentatoires, hier, à Oran, des centaines de lycéens(nes) ont investi la rue pour exprimer leur indignation. Des marches désorganisées puisqu’il n’y avait aucun point de ralliement précis, ce qui n’a pas facilité le travail des services de sécurité qui étaient venus en force.
Amel B. - Oran (Le Soir) - Selon nos sources, les services de sécurité étaient en alerte depuis la veille, dès lors ils ont pu suivre la première marche qui avait commencé à 10 h à partir du lycée technique d’El Hamri en passant par la place d’Armes, le centre-ville, le siège de la wilaya jusqu’au quartier Les Castors. Puis, les jeunes lycéens se sont dispersés pour reprendre des marches un peu partout. Selon les informations que nous avons pu recueillir auprès de ces jeunes manifestants, la marche, pour ne pas dire l’idée s’élever contre les caricatures en question, aurait pris le départ suite à la publication de ces caricatures contestées dans un hebdomadaire arabophone diffusé à Oran où ces jeunes se seraient passés les photos en question, d’où la montée de leur colère. D’autres jeunes nous diront que leur réaction était tout à fait spontanée, même si, nous disent-ils, “certains lycéens ont suivi le mot d’ordre d’un tract qui leur aurait été distribué la veille”. Même si dans l’ensemble ces marches éparpillées dans la ville se sont déroulées dans le calme, l’on déplore tout de même la dégradation de deux vitrines de magasins ainsi que deux ou trois vitres de voitures. Certains lycées, après avoir eu vent de ces marches, n’ont pas ouvert les portes à 10 h comme cela se fait d’ordinaire, et ce, afin d’éviter tout débordement. La question que chacun s’est posée à la vue de ces jeunes manifestants, c’est pourquoi ce sont les jeunes lycéens qui sont sortis et non pas les adultes ? D’où cette crainte d’instrumentaliser ce type de manifestation de rue, surtout qu’il s’agit là de jeunes, facilement influençables et manipulables. Heureusement, nous dira un membre des services de sécurité venus en force devant le lycée Lotfi à la sortie des élèves vers 12h15, pour éviter un autre regroupement, instruction fut donnée, nous dit-il, très fermement à ne pas lever la main sur ces manifestants mais de les disperser calmement. Le service de sécurité fut maintenu jusqu’à 14h puisque, selon certaines rumeurs, les lycéens ne comptaient pas regagner leurs cours mais entamer d’autres marches. Sur place, nous avons constaté que les élèves ont finalement regagné leurs classes, certains ayant été peut-être impressionnés par le dispositif sécuritaire toujours présent aux alentours des lycées, d’autres se seraient donné un autre rendez-vous de protestation à une date ultérieure.
A. B.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/02/08/article.php?sid=34141&cid=2