
Sports : FOOTBALL "SEQUESTRE" DEPUIS CINQ MOIS PAR LES DIRIGEANTS DU CSC Un scandale nommé Omar Barou
On le prédisait pour une grande carrière footballistique et le voilà piégé par “le milieu” qui a éconduit la notoriété acquise par notre sport roi un certain juin de l’an 1982 de la gloire vers une piteuse déchéance. Au moment même où ses compatriotes font oublier aux Ivoiriens à partir de “Misr Oum Eddounya” l’inextricable situation qui prévaut dans ce pays, lui, entame un sixième mois de “séquestration” dans un hideux bâtiment de la périphérie constantinoise, l’hôtel Marhaba qui fait office de résidence du doyen des clubs algériens, le CSC. Il est ivoirien et se nomme Omar Barou. A 25 ans, l’ex-international des Eléphanteaux, l’équipe nationale junior de la Côte d’Ivoire, s’empêche de maudire le sort qui l’a reconduit en terre algérienne et garde en mémoire les moments de joie que lui avait valus un premier séjour, long de quatre années, au sein du MO Constantine. Pourtant, il y vit depuis le mois d’août dernier une sidérante mésaventure dont se sont rendus coupables les dirigeants de deux clubs de l’élite avec la complicité de quelques sombres apprentis entremetteurs. Berné par d’alléchantes promesses, Barou qui avait cédé aux assurances appuyées des dirigeants du CSC a fini pas être l’otage du laisser-aller et de la nonchalance de ces derniers qui ont fait de lui, un clandestin contraint de vivre en cachette. Comment ce garçon aussi généreux que talentueux estil arrivé à ce stade ? L’excellente impression que Barou avait laissée durant les quatre saisons passées au MOC qu’il a rejoint à l’âge de 19 ans en 1999 avait suscité à l’époque déjà, les convoitises des coaches et dirigeants de différents clubs. Après la rétrogradation du Mouloudia, Barou a préféré tenter sa chance sous d’autres cieux et a atterri à Deba Fujira, une équipe des Emirats arabes. Cheradi, qui était à l’origine de sa venue au MOC en 1999, incite les dirigeants du nouveau promu, l’US Biskra en l’occurrence, à renouer le contact avec Barou, alors en vacances en Côte d’Ivoire durant la dernière intersaison. Ce qui fut fait puisque Omar Barou reçut une invitation de l’USB puis un billet d’avion qui lui parviendra hélas, quelque peu en retard. Curieusement, à son arrivée à Biskra, au début du mois d’août dernier, il se rendit compte que l’équipe avait déjà scellé la liste de son effectif avec en prime le recrutement de trois étrangers. Une situation qui n’émeut pas le concerné puisqu’à cette date, rien n’était encore perdu. Barou n’aura même pas le temps de repenser sa future destination du moment que le CSC saisit l’occasion de sa présence en Algérie pour le convaincre d’y rester. Il est invité alors à rejoindre Constantine, une ville où il compte de nombreux amis, qui l’avait adopté et qu’il connaît bien. Et comme les chances de pouvoir le qualifier avant le mercato étaient infimes, on le prie à cette concession surréaliste pour un footballeur pétri de qualités et jouissant d’une moralité exemplaire. Mais n’était-ce pas son pêché dans un monde sans vergogne où l’on s’improvise plaisamment, manager, éducateur en chef ou encore boss ? Barou cède aux promesses des dirigeants du CSC et décide d’accompagner l’équipe jusqu’au mercato sachant qu’il ne pourra pas endosser le maillot vert et noir avant la trêve, mais prendra la précaution de prévenir les dirigeants du club que son visa de séjour expirait en septembre. N’étant pas signataire d’un contrat de travail avec le club, il ne pourra pas prétendre à son renouvellement. La question est évacuée du revers de la main par ces derniers qui lui promettront de régulariser sa situation vis-à-vis des autorités algériennes et qu’à ce propos, il n’avait aucun souci à se faire. Il prit son mal en patience et se consacrera aux entraînements pour être prêt le jour J tout en se contentant d’un modique salaire et d’une présumée prise en charge à l’hôtel du club. Il confie son passeport au président du CSC et attendit l’issue promise. L’arrivée de Tebib qui avait drivé Barou avec le MOC, à la barre technique du CSC consolidera l’intérêt du club à s’allier ses services. Tebib pressera les dirigeants du club à ne ménager aucun effort pour permettre à Barou de jouer. Le passeport que les dirigeants avaient entre-temps “égaré” dans les tiroirs de l’hôtel Marhaba, n’est retrouvé qu’à la veille de la date butoir des qualifications. Les tentatives in extremis du CSC n’aboutiront pas et Barou ne sera pas qualifié. Les mauvaises langues évoqueront même un faux dont ils se seraient rendus coupables et que les instances du football national ont préféré taire sans donner suite à la demande du club. Le souhait que Barou avait entretenu tout au long de ces mois s’est évaporé. Pis encore, il vient de se rendre compte qu’il encourait gros durant toute cette période et jusqu’à aujourd’hui. En fait, rien n’a été fait pour proroger son visa de séjour en Algérie. Vis-à-vis de la loi, il est considéré comme étant un immigrant clandestin. Livré à lui-même, il lui est arrivé de faire le guet devant la maison du président du CSC pour lui exposer ses déboires, faute de pouvoir prendre attache avec lui. Le sieur Ghoualmi autant que ses adjoints continuent de se confondre pour leur part, inlassablement, dans des promesses sans lendemain au moment où le scandale, qui couve à l’hôtel, mérite à bien des égards une attention aussi particulière qu’express. Il y va, au-delà des traits de l’hospitalité et de bienséance, de la réputation déjà ternie de notre sport, ses dirigeants et ses instances. Car, pour l’anecdote, Omar Barou, alors sociétaire du MOC, intercède en faveur de son compatriote Edgar Loué lequel est engagé par le club puis libéré au bout d’une saison non concluante. En tout point de vue, c’était Barou qui faisait l’unanimité à Constantine de par son talent, son sérieux et sa générosité. Malgré, ses limites techniques, Edgar Loué s’en est allé tenter sa chance du côté de Casablanca, au Maroc où les conditions surtout, lui étaient favorables pour faire exploser son art. Au dernier mercato, les dirigeants strasbourgeois sont allés le chercher et lui ont fait signer un contrat de quatre ans. Barou lui, a choisi de revenir en Algérie... “se faire tuer loin de chez lui” pour paraphraser Renaud. Mais est-ce vraiment son choix ? K. G.
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