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Turin. Jeux olympiques d’hiver. Déclaration du chef de la
délégation algérienne : “Notre objectif, faire aussi bien
qu’aux Jeux olympiques d’été.”
C’est faisable !
J’ai opté pour cette expression dialectale, car elle rend bien le ridicule de
la situation. Le énième sabotage du même tronçon de pipe à Aomar ne peut pas
“entrer dans ma tête”. Mentalement, logiquement, biologiquement, “cartésiennement”,
scientifiquement et patriotiquement, je ne peux pas comprendre que ce bout de
tuyau soit encore une fois la cible aussi facile des terroristes. Depuis le
temps ! J’ai dû entendre au moins quatre ministres de l’Energie et à peu près le
même nombre de ministres de l’Intérieur affirmer que cette partie de pipe sera
bientôt et définitivement sécurisée, qu’elle sera enfouie et ainsi hors
d’atteinte. Peine perdue. Le GIA hier, et le GSPC ou un autre groupe aujourd’hui
se pointent à chaque fois là-bas, posent leur bombe, la font péter et réduisent
5 wilayas du pays à claquer des dents faute de gaz. Dieu que nous sommes
fragiles ! Il suffit d’un pétard sur un bout de tuyau archi identifié et connu
du moindre petit berger pour que 5 régions du pays sur les 48 qu’il compte — et
pas des moindres — en soient réduites à un retour forcé à l’âge des cavernes.
Nous ne savons pas sécuriser un bribe de pipe, par contre nous nous préoccupons
comme si nos vies en dépendaient du code barre 57. Deux ministres, Belkhadem et
Soltani, chefs de deux partis, le FLN et le MSP, trouvent le temps d’aller en
“tass’dira” à la salle Harcha pour y traduire en justice le Danemark, mais ne
sont pas foutus en tant que membres d’un exécutif et conseillers d’un président
de résoudre une équation sécuritaire riquiqui, celle du pipe de Aomar. Belkhadem
et Soltani applaudissent à l’envoi massif de SMS interdisant de bouffer du
yaourt et du roquefort danois, mais font mine d’ignorer qu’en ce moment, dans 5
wilayas du pays surpeuplées, des papas, des mamans et des enfants sillonnent les
routes, une bouteille de gaz sur le dos ou sur un chariot de fortune. Abdelaziz
et Aboudjerra suggèrent de saisir l’Onu pour de vulgaires dessins, alors que des
millions de leurs compatriotes répartis sur 5 wilayas sont tout à fait en droit
eux de saisir une juridiction internationale pour non-assistance à peuple en
danger, parce que frigorifié en plein mois de février. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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