Dimanche 12 Février 2006
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Actualités : SUR FOND DE GRIPPE AVIAIRE : MAGTAA KHEIRA
La foire aux dindes


Magtaâ Kheira, La Mecque de la dinde, fait la sourde oreille aux recommandations du ministère de l’Agriculture. La volaille s’y vend toujours sans aucune garantie. Vendeurs et éleveurs n’ont pas la chair de poule à l’évocation de la grippe aviaire. Hasard du calendrier ou tardive prise de conscience, l’APC de Douaouda vient d’ouvrir “un marché” communal réservé à cette activité. Ce terme pompeux désigne un espace de 200 mètres carrés où doivent s’entasser 90 vendeurs et où le vétérinaire est inexistant…

Depuis quatre jours seulement, les vendeurs qui égorgeaient, plumaient et vendaient de la dinde aux abords de la route occupent l’espace qui leur a été attribué par l’APC. S’ils sont fiers d’avoir abandonné les fûts crasseux dans lesquels ils opéraient, ils ont très peu changé leurs habitudes. Ils sont toujours dans l’incapacité de fournir des certificats de conformité dûment signés par un vétérinaire. Comment font-ils pour s’assurer de la bonne santé de leur marchandise ? Ils se fient aux dires des éleveurs qui attestent que la grippe aviaire est un lointain danger. Les explications les plus fantaisistes sont données. Un vendeur est même persuadé que grâce à la protection divine, les pays musulmans sont épargnés. C’est dire que Magtaâ Kheira est imperméable à la psychose qui s’empare de la planète. Dans leur “marché” nouvellement ouvert, ils semblent avoir d’autres préoccupations. Ils s’indignent des frais engendrés par la création du marché. Ils payent en effet 1000 DA mensuellement au titre des droits de place et 50 DA pour chaque volaille égorgée pour une prestation de services qui laisse à désirer. Trois vendeurs se partagent en effet une paillasse de quelques mètres. Ils y “exposent” fièrement des dindes plus grosses les unes que les autres. Fraîchement sorties de l’abattoir, elles sont découpées pour être vendues au kilo. Les prix des abats, des cuisses ou de l’escalope diffèrent. Ils démarrent à 190 DA et ne risquent pas d’être revus à la baisse.
Une filière toujours rentable

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’activité reste lucrative. Les rumeurs insistantes sur les éventuelles risques ont eu un effet désastreux sur les éleveurs. Beaucoup d’entre eux songent à abandonner l’activité. Certains sont dans une position de wait and see. Après avoir vendu les volailles qui étaient en leur possession, ils préfèrent patienter avant de se relancer dans une filière qu’ils connaissent pourtant bien. Résultat : il est de plus en plus difficile de s’approvisionner. Un éleveur prédit même que les tarifs vont connaître une hausse jamais égalée. “Je suis certain que le prix pourra même atteindre 300 DA le kilogramme.” Des propos appuyés par un vendeur. Ce dernier affirme que pour trouver quatre dindes, il a dû faire plusieurs kilomètres. A ce rythme, dit-il, il faudra beaucoup débourser pour continuer à exercer. Une situation qui inquiète les vendeurs, nostalgiques du temps où ils étaient certes pourchassés par les gendarmes mais où “la dinde se vendait comme des petits pains”. Ils s’estiment néanmoins plus chanceux que les éleveurs de poulet qui ont été contraints de le céder à 60 DA le kilogramme, des ventes à perte qui en ont ruiné plus d’un. Au nouveau marché de Douaouda, on ne parle pas de faillite. Les vendeurs sont persuadés que les clients sauront faire la différence entre info et intox et ils n’ont pas tort…
Des clients peu regardants

Hier, si le marché ne connaissait pas l’influence des grands jours, l’endroit n’était pas non plus désert. Attirés par la réputation des lieux, des clients potentiels franchissent le seuil du marché. A peine entrés, ils sont interpellés par les jeunes vendeurs qui louent les vertus de la marchandise. Leur argument principal : la volaille est abattue sur place. L'argumentation ne laisse pas insensible. Des ménages et des restaurateurs font le déplacement et repartent rarement les mains vides. Ils palpent, sentent, négocient puis finissent par payer. La grippe aviaire, qu’en pensent-ils ? A l’évocation de la pandémie qui menace la planète, certains grimacent, d’autres sourient. Evidemment qu’ils en ont entendu parler. Evidemment que s’ils sont là, c’est qu’ils n’y croient pas beaucoup. Fatalistes, ils pensent qu’il ne leur arrivera que “ce qui est écrit”. D’ailleurs, argumentent-ils, rien ne résiste à la chaleur et puis une chair aussi fraîche ne peut être atteinte. C’est à croire que les campagnes d’information et de sensibilisation ont trouvé très peu de répondant aussi bien chez le consommateur que chez certains éleveurs. C’est le cas d’un jeune ouvrier rencontré dans un poulailler à El Alia et qui continue de travailler sans prendre de précautions particulières. La grippe aviaire, il ne l’appréhende pas. Il ignore peut-être que l’Afrique tremble à l’idée de voir le virus se propager.
Nawal Imès

Cas suspects à Béchar
Les services vétérinaires de Béchar ont connu un véritable branle-bas de combat cette semaine. Deux poules présentant des signes suspects ressemblant à ceux de la grippe aviaire sont mortes subitement dans un poulailler privé, provoquant la panique. Les deux volatiles ont été bien conservés et acheminés dans le plus grand secret à bord d’un véhicule vers le laboratoire de Tlemcen (600 km au nord de Béchar) pour des analyses. Cela fait plus de cinq jours que les autorités attendent les résultats de ces analyses, en vain. A noter qu’aucune mesure particulière n’a été annoncée. C’est la “discrétion” totale.
Liès Mourad

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