|
“Algérie. Psychose de la grippe aviaire. Pourquoi il ne faut
pas s’inquiéter quand une dizaine de pigeons meurent subitement
à Chlef ? Parce que cela fait plus de 40 ans que 30 millions
de pigeons espèrent l’indépendance et meurent sans
l’avoir vraiment vue.”
Et toc !
L’Algérien en était encore à gérer tant bien que mal le refus tranchant comme
un rasoir de toute augmentation des salaires exprimé l’autre jour par H’mimed,
qu’il doit maintenant se préparer à recevoir en pleine figure le meilleur du
pire : l’augmentation de 15% de sa facture d’électricité. Alors, non seulement
tu peux aller t’accrocher à l’arbre du jardin que tu n’a jamais possédé parce
que le régime ne veut pas t’augmenter ton salaire, mais en plus, tu devras payer
toi-même, de ta poche, la corde qui t’aidera à te pendre, vu que tes maigres
économies serviront à payer la douloureuse de Sonelgaz. Il y a du Lucrèce Borgia
mâtiné d’un zeste de Marquis de Sade dans cette démarche. Un “raffinement” de
sadisme meurtrier. On n’achève pas immédiatement le citoyen d’une balle dans la
tête. Non ! On lui en tire une dans le gras du bide, là où ça fait le plus mal
et le plus longtemps. Ensuite, on balance une pincée de gros sel sur la plaie.
Ensuite, on prend une dague florentine à la lame bien fine et bien tranchante
pour entailler les chairs entre les orteils que l’on arrose avec du mauvais
vinaigre non contrôlé par le ministère du Commerce et donc non certifié aux
normes. Le plus incroyable dans cette affaire, c’est lorsque vous avez
l’outrecuidance de rappeler l’aisance financière actuelle. Dans les bonnes
places algéroises, les salons qui comptent, on vous taxe en ricanant doucement,
entre le thé et les petits-fours, de populiste parce que vous trouvez normal que
les salaires soient un petit chouïa indexés sur le couple “prix du
baril-réserves de change”. Alors, maintenant, si en plus de ces revendications
salariales vous osez vous offusquer d’une prochaine augmentation de la facture
Sonelgaz, je me demande de quoi on vous accusera dans ces mêmes salons cossus.
Des salons où l’on trouve par contre tout à fait naturel que le populo se
résigne à voir son salaire gelé et sa facture d’électricité placée dans le
micro-ondes. Les augmentations de salaire, non ! Les augmentations de factures,
oui ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|