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“Grippe aviaire. Abdallah Djaballah rassuré après les
conclusions des scientifiques : pas de risque de transmission
de l’oiseau au serpent.”
Crotale !
Vous allez lire dans ce numéro du Soir d’Algérie des articles dénonçant la
lourde peine à laquelle vient d’être condamné le directeur du journal Fouad
Boughanem. Des comptes rendus détaillés du procès qui s’est tenu à Oran. Des
témoignages de solidarité des confrères. Le listing des affaires et des peines
qui s’accumulent sur les pages déjà bien noircies de l’agenda judiciaire du
Soir. Ainsi que l’incongruité de cette peine d’une année de prison telle que
décrite par Maître Bourayou. Ce que vous ne lirez peut-être pas dans ce dossier
consistant et complet, c’est l’appel suivant : “Pourquoi des peines de prison ?
Pourquoi des amendes ? Pourquoi des peines de prison et des amendes seulement ?
Car, dans cette affaire, qu’est-ce qui gène finalement ? La presse ? M’enfin !
Vous avez les moyens d’en finir définitivement avec elle, en faisant même coup
double : FERMEZ LES JOURNAUX ! Eh oui ! La solution est là, devant votre pif,
grosse comme l’injustice et vous ne la voyez même pas ? Vous me décevez ! Fermer
tous les journaux, ça ne présente que des avantages. D’abord, ça libère la
justice. Elle en a bien besoin la pauvre, malmenée comme elle l’est, autosaisie
à tout bout de champ, à l’insu de son plein gré consentant. Vous libérerez aussi
ces pauvres fonctionnaires de police contraints de jouer au chat et à la souris
avec les journalistes alors que des crimes économiques et des crimes de sang ont
lieu pas très loin de ce haut lieu de souricière qu’est devenue ces dernières
années la Maison de la Presse. Vous ferez faire également d’énormes économies au
pays. Eh oui ! Avec la fermeture pure et simple des canards, on en aura fini
avec ces tonnes de papier mal consommé aux imprimeries, parce que servant de
support à des vérités pas toujours bonnes à dire. Et je ne vous parle même pas
des millions de rames que consomment la police et la justice en auditions et en
jugements tirés à plusieurs exemplaires. Et puis, le fin du fin, fermez les yeux
un instant et imaginez : un pays sans journaux libres ! Le pied intégral. Le
nirvana. Vous faites des trucs moches ? Personne n’en rendra compte, puisqu’il
n’y aura de toute façon plus de journaux. Et y a pas de risque que vous fassiez
des trucs bien, vu que ça fait tout de même près d’un demi-siècle que nous
attendons que vous fassiez du bien à ce pays, en vain. Allez ! Sautez le pas !
Korage ! Fermez-nous. C’est vraiment le seul moyen pour que nous la fermions.
Sinon, désolé de vous le dire, nous continuerons à fumer du thé et à rester
éveillés à vos frasques, le cauchemar continue.”
H. L.
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