Samedi 18 Février 2006
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RECONCILIATION FRATRICIDE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Algérie. Grippe aviaire. Forts soupçons de présence du
virus à la place du 1er-Mai où plusieurs canards sauvages
sont en passe d’être abattus.”

A l’aide du 144 bis

Il paraît que les trois frères ennemis de l’Alliance présidentielle se rencontrent aujourd’hui pour se réconcilier. Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’entends parler de réconciliation entre Ouyahia, Belkhadem et Soltani, je me remémore immédiatement cette scène culte du film de Sergio Léone le Bon, la Brute et le Truand. Dans le cimetière, ils sont trois à convoiter un gros, très gros magot caché dans une tombe. Pour se départager et savoir qui décrochera la timbale, Clint Eastwood (Blondin), Eli Wallach (Tuco) et Lee Van Cleef (Sentenza) vont devoir faire parler leurs pétoires dans un duel qui marquera des générations de cinéphiles. De lents et longs travellings, d’interminables gros plans sur des visages en sueur, barrés de paires d’yeux inquiets et aux aguets. Des mains qui descendent inexorablement vers la ceinture, prêts à dégainer. Personne ne sait vraiment qui est avec qui, qui est contre qui, qui trahira qui, qui s’alliera en définitive avec qui et qui coiffera tout le monde sur le fil avant le générique de fin et l’inimitable bande son de Ennio Moricone. Cependant, s’il y a une morale dans le Bon, la Brute et le Truand, puisque Blondin, une fois le duel terminé et Sentenza éliminé, partagera le trésor avec Tuco et s’en ira dans un nuage de poussière, je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui, dans le désert de convictions qu’est cette villa de Hydra, il y ait vraiment une morale. A mon avis, il faut fouiller au corps les trois leaders de l’Alliance avant qu’ils ne pénètrent dans la salle de réunion. Et prévoir un immense hangar où seront stockées les armes non conventionnelles que portent sur eux Belkhadem, Ouyahia et Soltani. Une fois fouillés, il faudra les fouiller encore et encore. Voir s’ils ne cachent pas un colt dans la botte. S’ils ne dissimulent pas un poignard, scotché dans le dos. S’ils n’ont pas une charge de dynamite placée dans le cigarillo. Lorsque Soltani, Belkhadem et Ouyahia disent qu’ils vont se réconcilier, qu’ils vont enfin enterrer la hache de guerre, j’ai la nette et désagréable impression qu’à côté, Blondin, Tuco et Sentenza sont des enfants de chœur, des pacifistes, des militants du Flower Power. Rabbi yestar ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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