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RN5. A hauteur de Sétif. La cigogne qui s’est abattue sur le
pare-brise d’une voiture, provoquant un énorme carambolage,
la mort de 11 personnes et de très graves blessures à
22 autres, a été transférée vers un laboratoire. Les analyses
sont formelles. L’animal n’était pas porteur du H5N1.
Ouf !
Comme je sens certains de mes confrères quelque peu gênés aux entournures,
mal à l’aise, et comme cet espace ne sera jamais celui de la phrase ampoulée, de
l’ellipse et du fleuret moucheté, je préfère régler la question une bonne fois
pour toutes, crûment, brut de décoffrage, comme ça, y aura pas besoin d’y
revenir : j’estime que la solidarité est d’abord un acte réfléchi
individuellement. Ce n’est pas parce que l’on me met sous le nez et sous la
pointe de mon stylo une pétition ou un appel à la solidarité que je suis obligé
de le signer. Un acte de solidarité, au-delà de l’importance du nombre de
personnes qui le pratiquent, ne vaut que par la conviction de chaque personne
qui y adhère. C’est pour cela que je l’écris haut et fort : je ne peux pas me
forcer à être solidaire d’un islamiste, fût-il directeur de journal ou
journaliste. Ce n’est pas parce qu’il exerce (en théorie) le même métier que moi
que je vais me lamenter de son emprisonnement. Désolé ! Au 24, rue du Soir
d’Algérie, dans les catacombes, ça ne fonctionne pas comme ça ! Pourquoi
devrais-je faire mien le combat de gens qui tentent d’imposer la religion — un
acte de foi individuel — aux autres, quotidiennement ou hebdomadairement ?
Personne n’a le droit de venir, sous prétexte qu’il dispose d’un journal,
indiquer fermement aux gens comment ils doivent disposer leurs tapis de prière,
comment ils doivent s’agenouiller, comment ils doivent joindre les mains et ce
qu’ils doivent exactement dire dans leurs prières à Dieu. Quand je suis avec
Dieu, j’aime à lui dire des choses qui ne m’ont pas été soufflées par quelqu’un
d’autre. Bien évidemment, cela n’engage que moi. Je ne force personne à ne pas
lire des journaux islamistes. Je ne jette la pierre à personne parmi ceux qui,
dans la profession, veulent exprimer leur solidarité avec des patrons
d’entreprises de presse islamiste. Mais je voulais qu’ici, publiquement, pour
que sur le fronton de cette rubrique il n’y ait aucune tache ou zone d’ombre, il
soit écrit en encre bien grasse, en lettres bien tracées, en police de
caractères assez grosse que JE NE SERAI JAMAIS SOLIDAIRE D’UN ISLAMISTE, FUT-IL
JOURNALISTE. Tout comme je demande, j’implore — dans l’éventualité de la
confirmation des peines de prison ferme qui me pendent au nez — de ne pas voir
figurer des signatures d’islamistes dans d’éventuels communiqués ou pétitions de
solidarité. Je considérerai cela comme une peine encore plus lourde que
l’emprisonnement. Voilà, maintenant que c’est fait, que c’est dit et surtout
écrit, on peut passer à autre chose. Comme, par exemple, de fumer du thé pour
rester éveillé, car le cauchemar continue.
H. L.
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