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“Algérie. Grippe aviaire. A l’issue d’un comité interministériel
ayant regroupé la santé et le sport, il a été décidé
la suspension immédiate et à titre préventif des clubs de
foot suivants : les Canaris. Les Aigles. Les Criquets…”
Déjà que le championnat ne volait pas très haut…
— Heureusement que nous sommes finalement
revenus à la raison.
— Tout à fait H’mimed. Tu sais, c’est le propre
des gens qui s’aiment. Ils passent par des périodes
de froid, de disputes, mais finissent par se réconcilier,
par remettre l’alliance autour du doigt.
— Tu l’as dit Abdelaziz ! Tu ne peux pas savoir
comme je t’aime. Je t’aime comme la mangouste
aime le serpent.
— Et moi, Ahmed, tu vois, je te voue l’amour que
voue le python à la souris.
— Aboudjerra khouya, si toi tu m’aimes de
l’amour du python pour la souris, moi, H’mimed,
mon amour pour toi est égal sinon plus fort que
l’amour du couteau de boucher pour le tendre filet
d’agneau que tu n’es pas.
— Et toi Abdelaziz, m’aimes-tu comme H’mimed
m’aime et que je l’aime ?
— Plus fort ! Encore plus fort ! Mon amour pour
toi est comparable au soleil de midi sur la peau non
protégée d’un nourrisson abandonné par ses
parents sans chapeau et sans parasol sur une
plage non surveillée en plein mois d’août.
— Lorsque je pense à vous deux, Abdelaziz et
Aboudjerra, moi, Ahmed, j’éprouve l’irrépressible
amour de la cigarette pour les lèvres du condamné
à mort.
— Et nous H’mimed, lorsque nous pensons à toi,
nous sentons monter en nous un amour aussi doux
et mielleux que les regards des ministres du Hamas
palestinien pour Mahmoud Abbès.
— Bien ! Très bien ! Maintenant que nous avons
convaincu tout le monde de notre amour réciproque
et de la force de notre alliance, que faisons-nous
?
— Rien de plus, mes chéris, que ce que nous faisions
jusque-là, c'est-à-dire fumer du thé pour rester
éveillés jusqu’à la prochaine dispute, car le cauchemar
continue.
H. L.
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