Jeudi 23 Février 2006
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MAQUIS ACADEMY !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Lutte contre la grippe aviaire. Enfin une décision courageuse! L’interdiction totale de diffusion à l’antenne de la…

… chanson El Mek’nin Ezzin

Mais bien sûr qu’elle était là devant notre nez et nous ne la voyions même pas ! Nous avions le concept d’émission idéale pour remplacer la Star Academy libanaise, et nous regardions ailleurs ! C’est Aboudjerra Soltani lui-même qui nous a soufflé l’idée l’autre jour en menaçant doucement de monter au maquis. L’émission ferait un tabac assurément : MAQUIS ACADEMY. Pendant un mois, dans une forêt dense et difficile d’accès, 20 candidats, 10 filles et 10 garçons vont devoir tenir le maquis, vivre la vie de tangos, se débrouiller pour allumer le feu, fabriquer des “mahchouchates”, bourrer de clous et de poudre des bonbonnes de gaz, tout connaître sur les mécanismes d’horlogerie, cuisiner des petits plats avec trois fois rien, racketter les commerçants des villages environnants et s’entraîner à de longues séances de maquillage au henné, au khôl et au musc. En fin de semaine, cinq candidats seraient nominés par leurs camarades et un des nominés se verrait sortir du maquis pour rejoindre la vie, dans le civil. Allez ! Fin de la plaisanterie ! Vous avez remarqué comme un journaliste, en l’occurrence ici, un chroniqueur peut s’amuser avec un sujet aussi grave que celui des maquis terroristes. C’est que le Aboudjerra Soltani a ouvert une porte grande comme le “Belhamlaoui” l’autre jour en affirmant que s’il le fallait, il monterait au maquis. Comme ça. Avec une facilité déconcertante. Avec une impunité encore plus déconcertante. Le Soltani banalise ce qui dans la mémoire toute récente des Algériens reste la plaie, la douleur, le traumatisme. Il ne s’agit pas d’un écart de langage, d’un excès verbal. On ne peut pas se cacher derrière l’excuse du simple dérapage. Car Soltani n’est pas pilote de Formule 1 mais chef d’un parti qui siège à l’APN et au Sénat. Et surtout ministre d’Etat. Quelle est cette république en lambeaux qui ne sévit pas contre l’un de ses ministres qui avoue entre autres loisirs celui de monter au maquis ? Vous voulez une réponse ? Eh ben tout simplement la même république qui ne sévit pas contre deux ministres présents dans une salle de sport algéroise, et qui entendent béatement une foule chauffée à blanc scander le nom de Zerkaoui. L’assassin de nos deux diplomates en Irak, Belkadi et Belaroussi. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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