Samedi 25 Février 2006
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Sports
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Culture
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

ALLAH INOUB AALINA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Algérie. Grippe aviaire. Vigilantes, les autorités ont mis
la main sur un volatile soupçonné d’être porteur de dangereux
virus. Il a été capturé et mis hors d’état de nuire
au moment où il s’apprêtait à franchir nos frontières.”

Le Canard Enchaîné

Voilà ! Maintenant, vous avez la version officielle. N’attendez plus d’augmentations de salaire. Elles ne viendront pas. Il n’y en aura pas. L’homme qui a les clés du coffre s’est adressé à vous ce week-end, les yeux dans les yeux, et vous a expliqué que “toute augmentation des salaires menacerait la stabilité macroéconomique du pays”. Ainsi donc, il n’y a rien d’autre que la hausse des salaires qui pourrait menacer et ébranler la sérénité de cette bonne vieille économie et du macro qui l’accompagne à chaque fois. Les énormes scandales qui ont secoué le secteur bancaire ne peuvent menacer la macroéconomie, la hausse des salaires si ! Les milliers de millions de dinars qui se distribuent en prêts bancaires sans réelle garantie ne menacent pas l’économie et son macro, une petite hausse de vos salaires, si ! Les fortunes qui jaillissent comme de mauvais rêves en une nuit et ces balustrades que l’on enlève et qui révèlent au bout de quelques petits mois de travaux acharnés des showrooms rutilants tenus par d’anciens “baggarras” prête-noms, ça, ça ne menace pas la macroéconomie, quelques dinars de plus sur votre fiche de paie rachitique, si ! Un pays parallèle qui se construit au noir à côté du vôtre, ça ne menace pas l’économie, un petit frémissement vers la hausse de vos salaires, si ! Des puits de pétrole qui carburent nuit et jour, des découvertes de gisements que l’on vous annonce sadiquement tous les matins dans les colonnes triomphantes d’ El Moudjahid comme pour mieux vous en faire chier, ça ne menace pas l’économie, quelques dinars de plus dans votre couffin arthrosé, si ! Ce soir, en rentrant chez vous en bus, avec moins que rien dans un panier que de toutes façons vous n’avez pas pris le matin en sortant faute d’argent, regardez bien vos enfants. S’ils osent vous dire qu’ils ont faim ou qu’ils auraient bien voulu améliorer leur ordinaire, faites-leur la réponse que l’autre vient de vous faire du haut de sa tribune : “Mes enfants, calmer votre faim, vous donner à manger menacerait la stabilité de notre macroéconomie !” Et fumez du thé pour rester éveillés en attendant que vos enfants grandissent et qu’ils mènent à votre place la révolution que vous n’avez pas menée, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 2985

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site