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“ A Katia Bengana. A celle qui n’a pas cédé, ne s’est pas
reniée.”
Pour mémoire, en ces temps de reniements
bruyants…
Il y a des gens comme ça. Vous vous dites qu’après cet énième camouflet
qu’ils viennent de se ramasser dans la tronche, ils ne se la pointeront plus en
public. La tronche bien sûr. Vous vous dites aussi que la h’chouma qu’ils
viennent d’essuyer va les effacer pour un bon moment de nos écrans et de nos
pages de journaux. Et vous avez tout faux ! Avant le discours de Abdekka le 24
février, devant les travailleurs, Belkhadem ne ratait pas une occasion pour
jouer avec les pieds de Ouyahia, l’asticoter sur la question des salaires.
Abdelaziz prenait un malin plaisir à souligner en public la légitimité des
revendications salariales des travailleurs, et à qualifier d’injuste et de
suicidaire tout refus opposé à cette revendication. C’est bien simple, avant le
discours du raïs, à chaque fois que l’on m’annonçait une conférence de presse de
Belkhadem ou une interview, je m’attendais à voir le patron du FLN débouler en
salopette d’ouvrier, les mains calleuses et enduites de cambouis, tellement il
s’était soudainement découvert ces derniers jours une fibre travailleuse et
pétroleuse, tellement il voulait donner de lui une image de mec vachement proche
de la classe ouvrière. Pourtant, au final, après le discours de Boutef’ qui dit
tout le contraire de ce que disait Belkhadem, ne voilà-t-il pas que le premier à
applaudir, à s’extasier devant les belles paroles du président, à les qualifier
de moment historique, c’est justement… Belkhadem ! Attention ! Il serait trop
facile de jeter la pierre à cet homme-là. Il n’est pas donné à tout le monde de
pratiquer le sport de haut niveau qu’il pratique. Se faire désavouer en public
par le président et applaudir à tout rompre celui qui vient de vous envoyer dans
les cordes, c’est du “grand art”. Ne méprisez pas la performance, elle exige des
années de préparation en altitude, sur les flans escarpés du parti unique. Une
école où l’on apprend à aller encore plus loin, à se dépasser, à dépasser les
limites du supportable et de la dignité. On vous baffe sur la joue droite, vous
tendez la joue gauche. On vous tire l’oreille gauche, vous tendez la droite. On
vous pince le nez, vous arrondissez la bouche en cul de poule et tendez le bras
pour qu’on vous y injecte du Tamiflu en seringue de 5 litres. On vous balance du
haut d’un building de 50 étages, vous atterrissez sur le bitume, vous bénissez
les mains qui viennent de vous jeter dans le vide et vous remontez dare-dare les
50 étages dans le secret et masochiste espoir de vous voir re-balancer par les
mêmes mains assassines. Il y a du chat en Belkhadem. Du chat persan, bien sûr.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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