Dimanche 26 Février 2006
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LE CHAT PERSAN !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“ A Katia Bengana. A celle qui n’a pas cédé, ne s’est pas reniée.”

Pour mémoire, en ces temps de reniements bruyants…

Il y a des gens comme ça. Vous vous dites qu’après cet énième camouflet qu’ils viennent de se ramasser dans la tronche, ils ne se la pointeront plus en public. La tronche bien sûr. Vous vous dites aussi que la h’chouma qu’ils viennent d’essuyer va les effacer pour un bon moment de nos écrans et de nos pages de journaux. Et vous avez tout faux ! Avant le discours de Abdekka le 24 février, devant les travailleurs, Belkhadem ne ratait pas une occasion pour jouer avec les pieds de Ouyahia, l’asticoter sur la question des salaires. Abdelaziz prenait un malin plaisir à souligner en public la légitimité des revendications salariales des travailleurs, et à qualifier d’injuste et de suicidaire tout refus opposé à cette revendication. C’est bien simple, avant le discours du raïs, à chaque fois que l’on m’annonçait une conférence de presse de Belkhadem ou une interview, je m’attendais à voir le patron du FLN débouler en salopette d’ouvrier, les mains calleuses et enduites de cambouis, tellement il s’était soudainement découvert ces derniers jours une fibre travailleuse et pétroleuse, tellement il voulait donner de lui une image de mec vachement proche de la classe ouvrière. Pourtant, au final, après le discours de Boutef’ qui dit tout le contraire de ce que disait Belkhadem, ne voilà-t-il pas que le premier à applaudir, à s’extasier devant les belles paroles du président, à les qualifier de moment historique, c’est justement… Belkhadem ! Attention ! Il serait trop facile de jeter la pierre à cet homme-là. Il n’est pas donné à tout le monde de pratiquer le sport de haut niveau qu’il pratique. Se faire désavouer en public par le président et applaudir à tout rompre celui qui vient de vous envoyer dans les cordes, c’est du “grand art”. Ne méprisez pas la performance, elle exige des années de préparation en altitude, sur les flans escarpés du parti unique. Une école où l’on apprend à aller encore plus loin, à se dépasser, à dépasser les limites du supportable et de la dignité. On vous baffe sur la joue droite, vous tendez la joue gauche. On vous tire l’oreille gauche, vous tendez la droite. On vous pince le nez, vous arrondissez la bouche en cul de poule et tendez le bras pour qu’on vous y injecte du Tamiflu en seringue de 5 litres. On vous balance du haut d’un building de 50 étages, vous atterrissez sur le bitume, vous bénissez les mains qui viennent de vous jeter dans le vide et vous remontez dare-dare les 50 étages dans le secret et masochiste espoir de vous voir re-balancer par les mêmes mains assassines. Il y a du chat en Belkhadem. Du chat persan, bien sûr. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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