Culture : PATRIMOINE - DAR LALA FATMA
Au bout d'une passion, un rêve s'accomplit


Féerique, magique, délices des quatre coins de l’Algérie, arômes et saveurs de l’Orient... rêve éveillé, sont autant de sensations qu’il est possible de ressentir au cœur de Dar Lala Fatma. Un café traditionnel à l’effigie de la fille du Prophète Mohamed (QSSL) et de toutes les Fatma victimes du colonialisme. Dar Lala Fatma est un lieu enfoui aux abords d’une cité moderne (coopérative Orlac - Bir Mourad Raïs), situé au bord d’une ruelle, entouré par une autoroute, où il est difficile d’imaginer que ce genre d’endroit existe.
Cependant, la réalité s’efface au seuil de Dar Lala Fatma, laissant le stress disparaître lentement pour laisser l’ambre diffusé happer paisiblement l’âme du visiteur. Les propriétaires Samia Zaïd et Samira Baoun, deux délicieuses artistes, vous accueillent en allumant une bougie. Un rituel, et déjà les notes de Ala, Mohamed Rouane, vous transportent sur les airs les plus insensés des contes des Mille et Une Nuit. Original, inédit, les hôtesses vous dirigent alors vers des rangées de tables basses entourées de banquettes et de matelas. Des caissons rehaussés de cousins ont vite replacés les poufs traditionnels. Le sol et les murs sont tapissés. Beaucoup d’objets ornent les tables. M’rach rempli d’eau de fleurs ; petits tajines emplis de cacahuètes, bonbons, dattes, figues sèches et le plus précieux des messages des bouqalette. Bougies plantés dans des nafekh. Les murs sont agrémentés d’objets anciens, de mains de Fatma, de miroirs colorés… un tapis datant de deux siècles trône audessus des tables, des objets récupérés ont été remodelés par les mains de ces deux artistes. Selon Samia et Samira, “chaque objet a trouvé sa place fi Dar Lala Fatma”. Pour ces deux plasticiennes de formation céramiste, issues de la même promotion (2000) de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, les choses n’ont pas été faciles. Transformer une pizzeria en un café traditionnel n’a pas été une partie de plaisir. Mais le plus important était de voir et de caresser à chaque fois de plus près leur rêve. “Dar Lala Fatma sort du cœur !” En ce concerne les clients, c’est beaucoup d’amour et une ambiance chaleureuse qui les saisissent à peine installés. Le menu est plutôt kitch et pour cause : pas de restauration rapide. A Dar Lala Fatma, on sert du thé aux pignons, du thé traditionnel, ou encore du café à la mode des Maures… dans une vaisselle créée par les deux artistes ; les sucreries sont composées de bradj, teminette, mesk el lil, baghrir… et pour les amateurs de sensations fortes, des narghilés parfumés au tabac pêche, jasmin, cocktail de fruits sont mis à leur disposition, le tout à des prix raisonnables. A noter, qu’un programme est concocté par Samia et Samira à l’occasion de chaque fête religieuse. Des fêtes célébrées à coup de notes de musiques traditionnelles et de verves poétiques à l’image de Yennayer où Dar lala Fatma a accueilli Yacine Ouabed (parolier de feu Kamel Messaoudi) accompagné d’un luthiste. Ou encore pour le nouvel an hégirien, les clients ont eu le plaisir d’assister à un petit concert offert par quelques membres de la troupe Mousiliya et de la poésie avec le Dr Larbi, auteur du Piano d’Esther. Dar Lala Fatma est à découvrir impérativement ! Dar Lala Fatma Coopérative immobilière Orlac, chemin Sarni- Arezki n°4 Bir-Mourad-Raïs.
Sam H.
lesoirculture@lesoirdalgerie.com

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