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Amar Tou : “L’apparition de la grippe aviaire en Algérie
n’est pas à écarter.»
Un remaniement ministériel non plus
Ça va vite, ça va très vite ! Il y a encore quelques mois, nous en étions à
discuter de l’imminence du retour au week-end universel. De l’importance de
rester arrimés à l’économie mondiale et à l’horloge planétaire. Aujourd’hui,
fini le week-end universel, place à la retransmission en dolby stéréo et en HD
(Haute Définition) des appels à la prière, cinq fois par jour et sur toutes les
chaînes de télévision et de radio du pays. Il y a quelques jours à peine, nous
lisions ici et là, à doses homéopathiques, sans songer un instant que ça puisse
faire partie d’une campagne orchestrée sciemment, des articles de presse sur la
montée du christianisme en Algérie, sur l’évangélisation outrancière de nos
compatriotes, sur le travail de proximité accompli par des prêtres dans nos
campagnes vulnérables. Aujourd’hui, les religions hors islam viennent de se voir
mises en enclos, avec barbelés électrifiés tout autour. Il y a encore quelques
mois, nous évoquions, sans risque de se voir pendre sur la place publique, la
lutte contre l’hydre terroriste, la défaite des groupes de tangos, la mise sur
le carreau des katibate et autres serriate de la mort, du khôl, du musc et du
aânbar associés. Aujourd’hui, le tableau noir de la décennie tout aussi noire a
été repeint en blanc avec écrit dessus à la craie rose “tragédie nationale”.
Allez vous amuser à utiliser tout autre terme que celui de “tragédie nationale”
et vous goûterez aux conditions carcérales tragiques de l’Algérie pénitentiaire.
I l y a encore quelques mois, nous en étions à guetter les sujets et projets qui
se discutent en Conseil des ministres et du gouvernement pour tenter d’y lire la
démarche d’ensemble, les options de développement et les grands axes et
priorités de la gouvernance en cours. Aujourd’hui, trois fois sur deux, nous
sommes sûrs que, lors de ces conseils, il aura été question de dénoncer des
caricatures, et l’insupportable péril que font peser deux coups de crayon sur
l’avenir de la nation algérienne, de la Ouma arabe et de la civilisation
musulmane. Nous en étions, il y a quelque temps, à discuter du statut des
artistes et comédiens, de leur redonner la dignité professionnelle et sociale
qui leur revient de droit et de talent. Aujourd’hui, d’un coup de passeport au
hadj, cette question est remisée sous les planches, avec pour seul compagnon le
fantôme de l’opéra. Ce n’est plus du recul. Ce n’est plus de la régression.
C’est carrément errawla toutes ! Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
* Du dialectal qui veut dire “en arrière toutes !”
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