Samedi 11 Mars 2006
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IL A RAISON !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Prochain mouvement dans le corps des ambassadeurs.
Abderezzak El Para nommé au…

…Tchad

Dès qu’un enregistreur s’est tendu en direction de ses lèvres pincées et acérées comme les lames de ses élèves des maquis, Benhadj a dit ce qu’il pensait de sa libération et de la charte dite de réconciliation. Ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas comme ça que cela doit se passer. Le pardon ne doit pas être unilatéral. Et il a raison l’imberbe ! Lorsqu’on se met dans la tête d’ouvrir une porte que personne ne vous obligeait à ouvrir, on ne l’entrebâille pas, on ne l’entrouvre pas. On l’ouvre grande, c’est tout. Pourquoi ça serait seulement les autorités qui auraient le droit d’accorder le pardon aux terroristes ? Les “émirs” et les chefs tangos doivent aussi s’exprimer sur la question. Lorsqu’ils sortent de leurs cellules, et tout de suite après avoir baisé le sol algérien, ils doivent dire s’ils accordent ou non leur pardon à ce pays. Benhadj libre doit réfléchir maintenant sereinement : va-t-il accorder son pardon aux familles Bellaroussi et Belkadi par la faute desquelles il a été emprisonné. Layada libre doit cogiter tranquillement et voir s’il pardonne aux gens qui n’ont pas apposé le label “d’utilité publique” sur le GIA. Abderezzak El Para doit méditer sur le fait d’accorder ou pas son pardon à ces militaires impies qui l’ont contraint à se terrer comme un rat dans le désert tchadien de longs mois, sous un soleil de plomb, dans des conditions inhumaines. Madani Mezrag doit lui aussi triturer ses méninges pour voir s’il accorde ou pas son pardon à la famille de ce jeune militaire dont il a arraché le dernier râle et le fusil mitrailleur. Algériennes ! Algériens ! Il ne suffit pas que le pouvoir remette en liberté les terroristes, leur accorde son pardon et leur verse des indemnités conséquentes. Comme l’a si bien dit Benhadj, il faut voir maintenant si ces terroristes et ces chefs terroristes nous accordent à leur tour leur pardon. C’est cela la réconciliation, la vraie. Et en attendant que Hassan Hattab me pardonne d’avoir été journaliste sous un régime impie et éradicateur, je fume anxieusement du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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