Régions Centre : BOUMERDES
Le wali rencontre la société civile à Laâziv


La semaine écoulée, Ali Bedrici, wali de Boumerdès s’est déplacé dans la commune de Laâziv. Le premier responsable de la wilaya qui était accompagné de plusieurs directeurs exécutifs, a rencontré les représentants de plusieurs villages et de quelques associations. Il y a lieu de signaler que cette rencontre qui s’est déroulée dans la salle de délibérations de la daïra, au lieu d’autres salles plus vastes, a été placée sous haute surveillance.
Les souvenirs des évènements dramatiques du Printemps noir vécus par la localité sont en effet encore vivaces dans les esprits, singulièrement ceux des jeunes. Pour pouvoir entrer en effet à la salle de réunions, il fallait être inscrit sur une liste. Un agent de la daïra et un officier de police veillaient au grain. “Nous ne savons absolument rien à cette liste”, nous a affirmé M. Ouhib, un élu de l'opposition. Des policiers étaient déployés autour de la daïra. Quelques-uns étaient également présents à l’intérieur de la salle où se sont rassemblées difficilement environ 70 personnes. Les observateurs ont le sentiment que l’ombre des arouch planait sur les lieux. Il est vrai que l’anarchie, comme celle qui avait prévalu une semaine auparavant à Chabet-El-Ameur, où les débats se sont éternisés inutilement pendant sept longues heures, est improductif. Cependant, la méfiance éloigne les protagonistes des vrais problèmes et peut susciter par ailleurs un sentiment de frustration notamment parmi les jeunes qui souffrent de malvie. Il faut espérer que ce n’est que le premier pas en vue de renouer un dialogue rompu un certain avril 2001 entre la jeunesse et les institutions de l’Etat. A l’entame de la réunion, le P/APC, élu sur la liste du FLN en octobre 2005, grâce à son âge, fait une intervention désordonnée pour citer pêle-mêle les difficultés recensées s’agissant de l’état des routes, l’absence de nombre suffisant de projets dans le domaine de l’habitat, l’absence d’un lycée... dans sa commune et déplore “la majorité de nos jeunes sont au chômage”. Son premier vice-président, élu FFS, a été moins brillant pour reprendre pratiquement la liste du maire. M. Belhadid, élu sur la liste de l’opposition était le troisième intervenant “l’argent seul n’assure pas le développement. Le courage politique est nécessaire pour la prise de décision”. Il dénonce ensuite l’accaparement des espaces verts et la prolifération des constructions illicites. Un représentant du village Djellal-El- Ghorf réclame la restitution des infrastructures de la commune squattées par des citoyens. Pour avoir réalisé des enquêtes sociales en 1998, dans plus de 300 foyers de la commune, nous pouvons affirmer que la population souffre des multiples problèmes parfois dramatiques concernant des revenus très faibles de la majorité des familles, la crise aiguë du logement, la promiscuité avec ses conséquences sur les familles... Et pour cause, Laâziv n’Zaâmoum fait partie d’une région, la Kabylie, qui a été longtemps et lourdement sanctionnée économiquement pour désobéissance politique aux régimes qui se sont succédé dans notre pays. Effectivement, Naciria, chef-lieu de daïra de 30 000 habitants, n’a jamais vu la construction d’un lycée alors que des communes de moindre importance revendique un second. Quant aux affectations budgétaires dans le secteur de PCD, l’APW ne voit rien et ne contrôle rien. Toutefois, le wali avait fait lecture à l’assistance d’un bilan disant que cette localité avait bénéficié entre 2002 et 2006 de la somme de 64,6 milliards de centimes, provenant du budget de la wilaya. A rappeler qu’en plus des 2,6 milliards de PCD, attribués pour l’année en cours, M. Bedrici avait pris la décision d’ajouter à cette enveloppe 2 milliards supplémentaires. Par ailleurs, des instructions ont été données pour lancer le chantier de la réfection du CW107, menant vers les villages implantés dans le massif de Sidi-Ali-Bounab de même que les services des forêts se sont engagés sur la prise ne charge de l’aménagement de 25 km de pistes dans le cadre du programme de développement rural. Dans le secteur de l'éducation, le wali s’est engagé pour inscrire un lycée et un CEM avant 2007. En direction de la jeunesse ; le premier responsable de la wilaya a laissé entrevoir la possibilité de la construction, rapidement, des 100 locaux dans le cadre des instructions présidentielles. D’autres décisions se rapportant à la santé et à l’amélioration du cadre de vie ont été par ailleurs prises à cette occasion.
Abachi L.

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