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“Mort de Slobodan Milosevic.”
Un acte isolé ?
Je ne sais si d’ici à ce que vous lisiez cette chronique, Layada aura été
effectivement libéré. Je sais par contre qu’hier, vers les coups de 16 heures
30, sa famille, des proches, des amis, des sympathisants et des journalistes
taghouts attendaient devant la porte du pénitencier Serkadji la sortie du
fondateur du GIA. Si ! Si ! Répétez après moi : “Layada, fondateur du GIA !”
Pour être tout à fait juste et fidèle à l’histoire glorieuse de ces mouvements
de libération que sont les GIA, MIA, FIDA et autres GSPC, précisons tout de même
qu’ils étaient 12 ou 13 derrière la naissance du Groupe islamique armé. Et parmi
eux, le tôlier Layada n’était pas le moins enthousiaste. 12 ou 13 gugusses qui
ont dû se dire “si 22 l’ont fait, pourquoi pas nous ?”. Ne manque à la panoplie
héroïque qu’une photo en noir et blanc des 12 ou 13 fondateurs du GIA, posant
pour la postérité. Ne riez pas. Ceux qui rient aujourd’hui verront demain leurs
enfants apprendre l’histoire de ce pays dans des livres où la photo des 12 ou 13
fondateurs du GIA aura remplacé celle des 22. Faut d’autant moins rire que mon
portable vient de sonner et qu’à l’autre bout sans fil, un confrère me confirme
la présence de Ali Benhadj devant le portail de Serkadji. Voilà le dispositif en
voie avancée de recomposition, le FIS accueillant à bras ouverts son bras armé
fraîchement libéré. Y a plus de république ! Y a plus de textes de loi qui
interdisent les attroupements de plus de trois personnes. Benhadj peut venir au
nez et aux barbes naissantes du régime plastronner, donner l’accolade à
Layada,
l’embrasser goulûment, lui montrer d’un geste ample du bras le pays en contrebas
de Serkadji, comme pour dire : “Voilà ! Tout est à prendre. C’est notre heure !”
Eh bien, servez-vous ! C’est jour de grand banquet. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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