Mardi 14 Mars 2006
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ALLEZ-Y EN PREMIER,
NOUS VOUS SUIVRONS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Les autorités ont officiellement signifié à Abdelhak
Layada l’interdiction formelle pour lui de reprendre son
ancienne activité…

… tôlier

On le chambre à chaque fois avec les chocolats suisses, les bords du lac Léman et l’opposition par fax. Mais régulièrement aussi, il faut reconnaître à Aït Ahmed cette capacité à réagir, même de loin, à ce qui se passe en Algérie. Le leader du FFS parle, écrit, s’insurge, décortique, analyse, fustige, s’enthousiasme, dénonce et propose. On a beau vouloir (ici même d’ailleurs, dans l’espace de cette chronique) le réduire à l’étiquette d’autoexilé, il reste qu’aujourd’hui, Aït Ahmed fait son boulot d’opposant politique. Et de quelle manière ! J’ai sous les yeux sa dernière contribution dans les colonnes du Monde. Bon dieu de bonsoir ! Le drame algérien résumé en quelques paragraphes rédigés à l’encre vitriolée. C’est de la dynamite ! Ça mérite la lecture. Et ça donne à réfléchir sur le reste, ou plus exactement sur les restes de la “classe politique”. On se croirait en permanence dans une crèche, à l’heure de la sieste. Rrrrrrrrrrrrrrrrr ! Y a sidi, si vous craignez pour vos abattis, cassez-vous à l’étranger et exprimez-vous à partir de là-bas. Ça fera au moins des voix en plus de celle de Da l’Ho. Mais ne nous la jouez pas style ceux qui restent ici, ne veulent pas donner l’impression de quitter le bateau, mais en même temps sont muets comme des carpes, ne disent rien et font semblant de ne pas voir les portes béantes des prisons. Partez et dites ! On vous promet de ne pas vous chambrer comme nous avons chambré Aït Ahmed. Mais là, comme ça, dans la configuration actuelle, celle de votre lourd silence, ça devient irrespirable. J’espère — en plus — que vous n’attendez pas comme les autres fois, comme les autres années que la presse indépendante courageuse, le torse en avant, sans craindre les coups, impulsivement, sans calcul, sans rechigner à la tâche, sans réfléchir aux conséquences, en hypothéquant avenir et famille, fasse à votre place votre boulot d’opposants. Ça, faut plus y compter ! A force de prendre des coups à la place des politiques planqués, cette presse-là est fatiguée. C’est à peine si elle a encore la force de fumer du thé pour rester éveillée, le cauchemar continue.

H. L.

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