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Les autorités ont officiellement signifié à Abdelhak
Layada l’interdiction formelle pour lui de reprendre son
ancienne activité…
… tôlier
On le chambre à chaque fois avec les chocolats suisses, les bords du lac
Léman et l’opposition par fax. Mais régulièrement aussi, il faut reconnaître à
Aït Ahmed cette capacité à réagir, même de loin, à ce qui se passe en Algérie.
Le leader du FFS parle, écrit, s’insurge, décortique, analyse, fustige,
s’enthousiasme, dénonce et propose. On a beau vouloir (ici même d’ailleurs, dans
l’espace de cette chronique) le réduire à l’étiquette d’autoexilé, il reste
qu’aujourd’hui, Aït Ahmed fait son boulot d’opposant politique. Et de quelle
manière ! J’ai sous les yeux sa dernière contribution dans les colonnes du
Monde. Bon dieu de bonsoir ! Le drame algérien résumé en quelques paragraphes
rédigés à l’encre vitriolée. C’est de la dynamite ! Ça mérite la lecture. Et ça
donne à réfléchir sur le reste, ou plus exactement sur les restes de la “classe
politique”. On se croirait en permanence dans une crèche, à l’heure de la
sieste. Rrrrrrrrrrrrrrrrr ! Y a sidi, si vous craignez pour vos abattis,
cassez-vous à l’étranger et exprimez-vous à partir de là-bas. Ça fera au moins
des voix en plus de celle de Da l’Ho. Mais ne nous la jouez pas style ceux qui
restent ici, ne veulent pas donner l’impression de quitter le bateau, mais en
même temps sont muets comme des carpes, ne disent rien et font semblant de ne
pas voir les portes béantes des prisons. Partez et dites ! On vous promet de ne
pas vous chambrer comme nous avons chambré Aït Ahmed. Mais là, comme ça, dans la
configuration actuelle, celle de votre lourd silence, ça devient irrespirable.
J’espère — en plus — que vous n’attendez pas comme les autres fois, comme les
autres années que la presse indépendante courageuse, le torse en avant, sans
craindre les coups, impulsivement, sans calcul, sans rechigner à la tâche, sans
réfléchir aux conséquences, en hypothéquant avenir et famille, fasse à votre
place votre boulot d’opposants. Ça, faut plus y compter ! A force de prendre des
coups à la place des politiques planqués, cette presse-là est fatiguée. C’est à
peine si elle a encore la force de fumer du thé pour rester éveillée, le
cauchemar continue.
H. L.
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