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Tripartite gouvernement-UGTA-patronat. Il y sera effectivement
question de salaires.
Abderezzak El Para nous l’a confirmé
Nous avions un porte-parole de la santé du régime, chanteur de raï de son
état premier. Il va vite falloir nous habituer à un fin, très fin analyste
politique, tôlier et carrossier à Baraki de son premier état. L’homme, à peine
sortie de prison, s’ouvre un balcon du haut duquel il nous transmet son
éclairage éclairé sur le pays, son passé, son présent et son avenir. Il a un
avis sur tout, le carrossier ! Pas sur la peinture métallisée, non ! Pas sur le
simonisage, non ! Pas sur les retouches et la meilleure pâte à appliquer à une
aile abîmée, non ! Pensez-vous ! Lui, le tôlier reçoit doctement, avec un air
savant et concentré, des questions sur les équilibres fragiles du pays, sur la
meilleure manière d’encourager les investisseurs étrangers à revenir en Algérie,
sur les modalités de réinsertion intelligente des cadres marginalisés par la
chasse aux barbus ou encore sur les choix diplomatiques que l’Algérie se doit de
faire rapidement dans un contexte international marqué par les pressions sur le
nucléaire iranien, et il y répond : “L’Algérie doit faire ceci. L’Algérie doit
faire cela. Je lui conseille de faire kada. Et si elle ne fait pas kada, elle
sera obligée de faire ensuite kada.” Et dans tout cela, le plus grave, ce n’est
pas tant qu’un carrossier s’intronise acteur politique de premier plan,
incontournable. Non ! Le plus grave et le plus tourmentant, c’est que le jour où
le tôlier s’exprime, nous sommes là, nous, à nous pousser du coude : “Dis donc,
dis donc, t’as lu l’interview de Abdelhak Layada ?” Voilà aussi comment nous
fabriquons du mythe à partir d’une tôle froissée ou d’un trémolo raï. Ce n’est
pas du mépris que de le noter. C’est juste qu’en personne relativement ordonnée,
j’aime à voir un carrossier faire de la carrosserie, un chanteur raï chanter.
Pour le reste, et malgré la boucherie dont se sont rendus coupables des gens
comme le tôlier de Baraki, il me semble qu’il subsiste tout de même assez de
compétences dans ce pays pour s’occuper de son avenir politique et sociétal,
sans devoir faire transiter ce genre de questions fondamentales par la scène raï
ou par un garage crasseux. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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